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Critiques et apologies

Métazét

Bonjour et bienvenue !

Le principal but de ce blog est de faire la promotion et le développement d'une démarche sceptique de recherche s'appuyant sur la logique, sur l'analyse conceptuelle et sur les principes, méthodes et résultats des sciences naturelles et expérimentales ; mais sans se limiter toutefois à ces derniers. Entre autres, on trouvera ici des réflexions sur l'éthique et les moeurs, des articles concernant l'identité personnelle et la question de la survie, une critique des religions, mais aussi une recherche raisonnée d'alternatives aux religions marquées par l'un ou l'autre des travers suivants : dogmatisme ; hypermoralisme, somatophobie ; surnaturalisme, obscurantisme ; conformisme, traditionalisme ; autoritarisme, émotivisme.

 
Annonce de recherche d'emploi :
 
 

Je cherche du travail dans la recherche fondamentale ou appliquée (Post-Doc, ATER, ou mieux : poste d'ITARF, voire à moyen-terme : Chargé de Recherche ou Maître de Conférence [sections CNU 17 et/ou 72]), au sein d'une équipe conviviale, et dans un domaine interdisciplinaire en rapport avec l'un au moins des grands domaines suivants :

   

1°) Philosophie de l'esprit et des sciences cognitives.

2°) Epistémologie des croyances religieuses, métaphysiques et surnaturelles.

3°) Ethique normative et des pratiques corporelles, méta-éthique. 

4°) Psychobiologie de l'épistémologie et de l'éthique. 

 

Je suis plus particulièrement intéressé (surtout pour les postes non-titulaires ou en CDD) par des opportunités en France, en Belgique ou dans le Grand Duché du Luxembourg, et situées dans un rayon de ~60 km ou de ~45 min en automobile autour de Nancy (54), Longwy (54), Dijon (21) ou Bertrambois (54). Mais je reste ouvert à toute proposition.

 

Si vous avez quelque chose à me proposer, vous pouvez consulter mon CV en ligne et me contacter par e-mail.


Accès rapides :
Samedi 10 mai 2008

Ma fiancée et moi sommes heureux de vous faire part de la naissance de...

... notre blog de mariage :
Mikathy.

N'hésitez pas à venir le voir et à lui laisser quelques commentaires en guise de cadeau de baptême !

Amitiés,
Miky


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Lundi 21 avril 2008

Le philosophe Jean Grondin est l'auteur d'un exposé critique et pédagogique du nominalisme et de ses rapports avec la question de l'existence de Dieu paru dans le journal Le Devoir du samedi 12 janvier et du dimanche 13 janvier 2008 ainsi que sur SME-Infonet, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire du Québec :

"Existence de Dieu : question ?".

Eh oui, vous avez bien lu "prêtres" et "Séminaire". Et si vous parcourrez (ce que je vous conseille vivement) cet article, vous remarquerez que l'auteur est plus que favorable à la croyance en Dieu, et pourtant, je tenais à vous faire partager cette lecture.

Juste Ciel ! Miky aurait-il perdu la raison ? Aurait-il connu sa nuit de feu ? Est-il en fait une taupe du Vatican infiltrée en milieu zététique ?... Que nenni ! Si je tiens tant que cela à vous faire lire ce texte, c'est que d'une, vous connaissez mon esprit non-partisan : mon seul intérêt est la Vérité, peu importe de quelle bouche elle peut sortir. De deux, Jean Grondin présente, dans cet article, de manière claire et compréhensible, un point important de métaphysique, qui a traversé toute l'histoire de la philosophie au moins depuis Occam, et qui structure l'essentiel des grands courants de pensée. De trois - et cela en étonnera peut-être certains - je partage assez la critique du nominalisme qu'esquisse l'auteur (je suis favorable à une sorte de réalisme modéré laissant la place, tant aux individus concrets qu'aux universaux abstraits qui les instancient). Enfin, de quatre, loin d'être un caillou dans ma chaussure, le réalisme, je pense, est parfaitement compatible avec mes conceptions philosophiques sur Dieu et le surnaturel. Autrement dit, le réalisme, bien qu'il soit revendiqué par l'Eglise catholique pour appuyer rationnellement l'existence de Dieu est inapproprié à cette tâche.

Certes, le réalisme implique bel et bien que nos concepts (du moins les plus naturels et les plus simples), surtout le plus général et englobant concept que nous ayons, à savoir le concept d'Être, existent réellement, et ne sont pas seulement des noms (pour Parménide, l'Être existe même par définition : "L'Être est, le non-Être n'est pas", et la philosophe athée Objectiviste Ayn Rand n'y dérogera pas : "L'Existence existe").

Mais le Dieu auquel l'Eglise catholique veut nous faire croire ne se contente pas de s'identifier à l'Être. Il est également un être, un individu singulier parmi d'autres. Certes, contrairement à d'autres êtres comme les êtres humains, les chaises, les pommes, etc., il n'est ni matériel, ni temporel, ni spatial. Certes, contrairement à ces êtres qui sont contingents, relatifs, en devenir et imparfaits, il est nécessaire, absolu, immuable et parfait, suprême. Mais à part ça, il possède bien des points communs avec les individus particuliers et concrets, notamment avec les êtres humains. Dieu, nous dit-on, est un être qui est personnel, qui est créateur, qui a un projet pour le monde et pour l'homme, qui juge nos actes et les rétribue (ou les rétribuera à la fin des temps), qui va nous sauver de la mort et nous faire participer à son Eternité (au moins si on a été droit et moral ou que l'on a demandé pardon pour nos pêchés, expié nos fautes et réparé nos erreurs). Et là, je ne décris pas spécialement le Dieu de la foi, connaissable uniquement à travers la Révélation, puisque des déistes comme Voltaire et Rousseau ont plus ou moins la même conception du "Grand Horloger" ou du "Grand Architecte" de l'Univers, et qu'en cela, ils rejoignent sensiblement l'opinion de plusieurs traditions religieuses qui n'ont pas grand'chose à voir avec le judéo-islamo-christianisme.

Car si maintenant je dois parler du Dieu de la foi, il faut ajouter également que ce Dieu, que l'on tient pour identique au Dieu des philosophes, lui-même prétenduement identique à l'Être en tant qu'Être, intervient activement dans l'Histoire, converse avec les mortels, a son petit caractère, a une idée puis change d'avis, se manifeste sous la forme d'une nuée ou d'un feu, se bat à mains nues avec les êtres humains, avant l'invention des dentifrices et des lessives était déjà trois en un depuis toujours, a un Fils unique qui est en même temps Lui-même et qui est mort sur une croix avant de ressusciter le troisième jour, a toute une clique d'anges à sa botte, et vit dans un Royaume qui n'est pas de ce monde... Sauf à prendre tout cela de manière allégorique et poétique, on est alors bien loin d'un simple concept réifié, immatériel et hors de l'espace-temps (dusse-t-il être, comme l'entendait Aristote, au fondement des choses, dans leur intimité, et non pas appartenir à un monde idéal totalement coupé du reste).

Lorsque les métaphysiciens chrétiens veulent défendre leur foi, et argumentent l'existence de leur Dieu en prenant appui sur le réalisme, ils ne peuvent être persuasifs qu'au prix d'un glissement sémantique contestable, faisant passer une essence substantielle, pour un être personnel et créateur, qui se serait, qui plus est, révélé aux hommes à travers la Bible...

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Vendredi 18 avril 2008

Le site du Magazine Littéraire me fait l'honneur d'une chronique succinte mais sympathique de mon blog. C'est ce que je viens d'apprendre par un lecteur (Vincent R., passionné de littérature et de peinture, et que je remercie au passage pour son courriel) qui a découvert ce dernier par l'intermédiaire du premier. Mon blog y est présenté comme "Un blog de raison", qui "aligne articles de bon niveau et disputes argumentées, dernièrement sur la rationalité du réel et de l’esprit humain". Je le remercie en retour pour cette appréciation qui ne peut manquer de me toucher au coeur et d'encourager mes efforts !

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Dimanche 23 mars 2008

C'est l'âge que j'ai aujourd'hui. C'est assez beau, c'est un nombre rond. Et je peux pas vraiment me plaindre au niveau santé et capacités intellectuelles : je me sens au top, nonobstant quelques douleurs de dos parfois le matin quand je me lève (surtout quand j'ai trop dormi...). D'apparence, en tout cas, on me donne généralement pas plus de 26 ans.

Mais 30 ans, ça fait quand même bizarre à assumer. C'est pas comme 10 ans ou 20 ans. Symboliquement, ça marque le début de la maturité, l'authentique maturité. Je ne suis plus un enfant, plus un adolescent, pas même un adulescent ou un "djeunz". Je suis juste un adulte. Point barre. Avec rien qui me raccroche, normalement, avec ce monde que je viens de quitter.

Sauf qu'au fond de moi, je me sens encore jeune, encore adolescent parfois, et même enfant (ça m'arrive). Alors je me dis qu'au final, peu importe l'âge chronologique, avec son lot de significations sociologiques ; ce qui compte, c'est l'âge biologique et psychologique (et spirituel ?), celui que l'on me prête en me voyant. De ce point de vue, j'espère garder le plus longtemps possible mes 26 ans. J'espère rester jeune, quand bien même je serais vieux.

(Dans trois ans, j'aurai l'âge du Christ : j'espère ne pas finir pareil, cloué sur une croix ! Déjà que mes 30 ans tombent à Pâques, que je suis né un Jeudi Saint et que ma fiancée m'appelait "Jésus" lorsqu'on s'est rencontré, à cause de la barbe et des cheveux très longs que j'avais alors...).

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Jeudi 13 mars 2008

Pour faire suite à la demande d'un ami qui s'interrogeait sur la signification profonde du nom dont j'ai affublé mon blog, voici un nouvel article pour dévoiler le mystère, des fois que cela intéresse d'autres personnes. "Métazét" est une combinaison du préfixe "méta" qui signifie "au-delà" comme dans "métaphysique", avec parfois l'idée d'une sorte d'opération récursive comme dans "métalangage" qui est un langage qui traite du langage ; et du diminutif "zét" tiré du terme "zététique". La zététique, ou art du doute et hygiène du jugement passe par une attitude critique envers toute affirmation, et la suspension du jugement tant que l'évidence en un sens ou en l'autre sens n'est pas assez forte pour emporter une adhésion rationnelle. Aujourd'hui, par zététique, on entend surtout le mouvement sceptique contemporain représenté notamment par le CSICOP aux Etats-Unis, le Comité Para en Belgique, les Sceptiques du Québec... au Québec, et en France principalement deux associations : le Cercle Zététique et l'Observatoire Zététique, ainsi qu'un laboratoire reconnu par l'Etat : le laboratoire de Zététique dirigé par Henri Broch. C'est là que se situent mes influences culturelles et philosophiques de base. Mais, vous vous en doutez, je tiens à revendiquer un certain nombre de différences identitaires par rapports à mes camarades du CZ, de l'OZ ou du labo de Zététique.

Elles sont les suivantes :

1°) Déjà, j'ai fait le choix d'appliquer la démarche zététique à un domaine généralement laissé en friche par les zététiciens : la philosophie, la métaphysique, la religion, la théologie, la morale. En dignes héritiers du positivisme logique, les zététiciens ne se préocuppent que de ce qui peut se prêter à une démarche scientifique, expérimentale. C'est à mon avis un tort pour plusieurs raisons : cela donne l'impression d'une fermeture d'esprit
, d'une pensée exclusivement intéressée par le quantifiable et le mesurable ; ensuite, les "pseudosavants" n'auront qu'à concéder que leur démarche n'est pas scientifique, avant de s'empresser d'ajouter "oui mais elle est rationnelle", et il sera difficile de contester quoi que ce soit. Or actuellement, les "faux savoirs" ne se parent plus tant des vêtements de la science que de ceux d'une certaine rationnalité philosophique, historique ou pratique. Par exemple, ce qui a le vent en poupe actuellement, c'est d'user de l'inférence à la meilleure explication, autrement dit de la méthode Sherlock Holmes. Sans une solide critique philosophique, on ne peut guère réfuter ce genre d'argument au premier abord assez persuasif. Ensuite, si les zététiciens ne s'occupent pas de morale, les dogmatiques de tout crin auront leur lot de consolation, et continueront de semer la confusion dans les esprits en défendant leur moralisme culpabilisant et somatophobe sans fondement autre que des préjugés millénaires et des traditions suffisamment anciennes pour paraître respectables. Donc là, "métazét" signifie "au-delà de la zététique" en comprenant bien "au-delà de son domaine d'investigation habituel".


2°) Ensuite, contrairement à la zététique qui est une démarche purement critique, j'entends pour ma part être constructif et proposer quelque chose d'autre à la place de ce que je détruis, une certaine vision du monde. Je n'ai pas encore beaucoup développé cet aspect des choses, mais cela viendra en son temps. Il y a une catégorie "spiritualité laïque", aujourd'hui quasi vide, mais qui devrait être appelée à se remplir ultérieurement. Donc là, "métazét" signifie "au-delà de la zététique" dans le sens de "après la zététique... eh bien qu'est-ce qu'on fait ?".

3°) Mais la démarche zététique elle-même, je trouve intéressant de la soumettre à ses propres critères. Après tout, pourquoi douter ? Pourquoi ne pas plutôt partir d'une attitude de confiance dans l'apparence ? On peut se poser la question. En fait, le doute implique la certitude qui fonde le doute. Le "pragmatisme transcendantal" de Karl-Otto Apel vient rejoindre ce que l'on pourrait appeler "l'épistémologie de la crédulité" de Thomas Reid, et de Richard Swinburne. D'autres épistémologies (par exemple "l'épistémologie des vertus") que celle qui est en vigueur actuellement (et que l'on pourrait qualifier de "déontologique") existent et méritent analyse. Différentes affirmations peuvent être testées dans ces diverses épistémologies. Donc là, "métazét" signifie "zététique appliquée à la zététique" ou "analyse zététique de la zététique" ou encore "recherche des fondements ontologiques et épistémologiques de la démarche zététique".

4°) Enfin, une dernière raison (et non des moindres) d'avoir opté pour ce terme "métazét" est que... ça sonne bien :o)

 

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Mardi 11 mars 2008

L'explication de texte portait sur un texte de Leibniz issu des Remarques sur la partie générale des principes de Descartes, Trad. Schrecker. Cela concernait les rapports entre la volonté et la croyance. Cela m'a donc plutôt bien inspiré, et globalement, je pense que cela a mieux marché que hier, même si j'ai quand même un peu baclé la 3ème partie (j'ai réussi à en faire une, c'est déjà beau !) et surtout la conclusion. 14 pages en tout. Vous me direz que c'est pas la quantité qui compte mais je suis assez content de mon intro et de mes deux premières partie.

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Lundi 10 mars 2008

Le sujet de la dissertation était le suivant :

La moralité est-elle utile à la vie sociale ?


Beaucoup de choses à dire, trop peu de temps, trop hard de tenir 6 h de 9 h à 15 h en mangeant presque rien !... Bon, j'ai eu à peu près fini (en baclant quelque peu la fin) mais je ne sais pas trop ce que ça va donner. Mon plan n'était pas très orthodoxe. Je n'aime pas faire du thèse/antithèse/synthèse à toutes les sauces et d'ailleurs, je crois, sauf erreur (funeste alors...) de ma part que rien n'oblige à suivre un plan dialectique (bon, je ne suis pas passé par l'IUFM donc peut-être que je raconte des bêtises).

A demain pour le commentaire de texte ;-)

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Vendredi 7 mars 2008

AFP - mercredi 5 mars 2008, 19h03

 

Neuroscience : on pourra peut-être bientôt lire dans les pensées

Photo réalisée par IRM avec tenseur de diffusion en 3D d'un cerveau sans lésion

 

Des chercheurs américains, en s'aventurant dans l'exploration du fonctionnement du cerveau, ont franchi un pas de plus vers ce rêve (ou cauchemar): lire nos pensées.

Les chercheurs se déclarent capables de dire quelles images ont été vues par des volontaires en repérant les signaux émis par le cerveau, selon leurs travaux publiés mercredi en ligne par la revue scientifique britannique Nature.

Ils ont eu recours pour ce faire à l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), utilisée pour explorer et comprendre le fonctionnement du cerveau humain. L'IRMf permet de mesurer les variations de flux sanguin et ainsi de repérer quelles zones du cerveau entrent en activité lors de certaines tâches (calcul, réactions sensorielles au toucher, au bruit, à la vue...).

En l'occurrence, l'équipe de Jack Gallant de l'université de Californie, à Berkeley (Etats-Unis) s'est intéressée au cortex visuel, la partie du cerveau qui reconstitue les images transmises par les yeux. Deux volontaires, membres de l'équipe se sont prêtés à cette expérience visant à identifier l'image vue.

A ce stade, "il ne s'agit pas de lire dans les pensées ou les rêves ni même de reconstruire l'image vue, ce que personne ne peut faire", avertissent les chercheurs.

L'équipe a préalablement préparé un modèle mathématique à partir des différences de débits sanguins détectées dans trois des aires du cortex visuel.

1.750 images (arbres, fleurs, bâtiments...) ont été présentées aux volontaires et les données de leur activité cérébrale enregistrées.

Puis, le programme décodeur a calculé à partir d'un nouveau jeu de 120 images, quel profil d'imageries fonctionnelles (signaux) devait être obtenu au niveau du cortex visuel.

Les deux volontaires ont ensuite regardé ces 120 images sous contrôle de l'IRMf. Restait à l'ordinateur, muni du programme de calcul des chercheurs, à déduire d'après l'activité cérébrale observée quelle était l'image regardée, puis de vérifier la qualité de cette prédiction.

Taux de succès : 92% avec un volontaire, et 72% avec l'autre, ce qui selon les chercheurs dépasse largement la probabilité de tomber juste uniquement par hasard qui serait, d'après eux, inférieure à 1%.

Dans un second temps, le jeu d'images nouvelles a été enrichi en passant de 120 à 1.000. Le taux de succès est alors passé de 92% à 82%.

"Avec un milliard d'images, en gros le nombre d'images indexées par Google sur le Net, le décodeur identifierait une image dans 20% des cas", relève Jack Gallant.

L'introduction artificielle d'image voire de films dans le cerveau humain relève encore de la science fiction.

En revanche, selon les chercheurs, la technique pourrait servir comme aide au diagnostic (attaques cérébrales, démences) ou pour évaluer des effets thérapeutiques (médicament, thérapie cellulaire) voire dans un scénario plus futuriste pour construire des interfaces cerveau-machine, qui permettraient, par exemple à un tétraplégique, de commander des machines (bras artificiel ou autre instrument).

"La technologie actuelle pour décoder l'activité cérébrale est relativement primitive" constate le chercheur. Il juge cependant "possible" qu'elle pose de "sérieux problèmes éthiques et de respect de la vie privée dans 30 à 50 ans".

Source : www.msn.fr

publié dans : Divers par Miky communauté : L'Avis des Eclectiques
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Jeudi 28 février 2008

Je ne suis pas qu'un philosophe... je suis aussi un mélomane plus ou moins averti (parfois moins que plus car ma culture a des bosses et des creux !). Ces deux passions que sont la philosophie et la musique ne s'opposent pas. Au contraire, je les trouve souvent complémentaires. La musique dépeint avec l'émotion et la poésie ce que la philosophie expose avec la raison et des arguments. J'aimerais vous faire partager cette conviction en proposant à votre écoute et à votre lecture quelques chansons dont les thématiques et l'esprit font échos aux articles que je publie sur ce blog. Puissent-elles vous plaire comme elles me plaisent ! Et sinon, bah tant pis mais au moins, elles vous permettront sans doute de cerner un peu mieux ma personnalité car, comme je le dis souvent, la musique que quelqu'un apprécie nous en apprend toujours sur le genre de personne qu'elle est vraiment.

Rendez-vous dans le module "Pages" sur votre gauche pour découvrir les chansons.

publié dans : Divers par Miky
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Mercredi 27 février 2008

 

La manière de voir qui est au fond celle de l'égoïste, est parfaitement juste, dans le domaine empirique. Au point de vue de l'expérience, la différence entre une personne et celle d'autrui paraît être absolue. Nous sommes divers quant à l'espace: cette diversité me sépare d'autrui, et par suite aussi, mon bien et mon mal de ceux d'autrui. - Mais d'abord, il faut le remarquer, la notion que nous avons de notre propre moi n'est pas de celles qui épuisent le sujet et l'éclairent jusque dans son dernier fond. Grâce à l'intuition que notre cerveau construit avec les données des sens, d'une manière par conséquent indirecte, nous connaissons notre propre corps : c'est un objet dans l'espace ; grâce au sens intime, nous connaissons la série continue de nos désirs, des actes de volonté qui naissent en nous à l'occasion de motifs venus du dehors, et enfin les mouvements multiples, tantôt forts, tantôt faibles, de notre volonté elle-même, mouvements auxquels en fin de compte se ramènent tous les faits dont nous avons sentiment. Mais c'est tout : la connaissance ne saurait se connaître à son tour. Le substrat lui-même de toute cette apparence, l'être en soi, l'être intérieur, celui qui veut et qui connaît, nous est inaccessible : nous n'avons de vue que sur le dehors ; au-dedans, ténèbres. Ainsi la connaissance que nous avons de nous-mêmes n'est ni complète, ni égale en profondeur à son sujet mais plutôt elle est superficielle ; une partie, la plus grande, la plus essentielle, de nous-mêmes, demeure pour nous une inconnue, un problème ; pour parler avec Kant : le moi ne se connaît qu'en qualité de phénomène, mais ce qu'il peut être en lui-même, il ne le connaît pas. - Or, en cette partie de nous, qui tombe sous notre connaissance, assurément chacun diffère nettement des autres ; mais il ne s'ensuit pas encore, qu'il en soit de même pour cette grande et essentielle partie qui demeure pour nous voilée et inconnue. Pour celle-là, il est du moins possible qu'elle soit en nous tous comme un fond unique et identique. Quel est le principe de toute multiplicité, de toute diversité numérique ? - L'espace et le temps : par eux seuls, elle est possible. Le multiple en effet ne peut être conçu ou représenté que sous forme de coexistence ou de succession. Maintenant les individus sont une multiplicité de ce genre : considérant donc que l'espace et le temps rendent la multiplicité possible, je les appelle le principium individuationis [principe d'individuation], sans m'inquiéter, si c'estbien dans ce sens que les scolastiques employaient cette expression.

Dans toute l'explication du monde telle que l'a donnée, avec sa merveilleuse profondeur, Kant, s'il y a un seul point dont la vérité ne puisse faire doute, c'est l'esthétique transcendantale, la théorie du caractère idéal de l'espace et du temps. La base en est si solide, qu'on n'a pu élever contre elle une seule objection vraisemblable. C'est là le triomphe de Kant : on peut la compter, cette théorie, parmi les bien rares doctrines métaphysiques vraiment établies, nos seules conquêtes réelles sur le terrain de la métaphysique. Dans cette théorie donc, l'espace et le temps sont les formes de notre faculté intuitive : elles lui appartiennent, et en conséquence n'appartiennent pas aux choses, aux objets de cette faculté ; aussi elles ne sauraient désormais être un caractère des choses en soi ; elles ne se rapportent qu'à l'apparence, les choses ne pouvant apparaître qu'à ce prix dans un esprit pour qui la connaissance du monde extérieur tient à des conditions physiologiques. Quant à la chose en soi, quant à l'essence vraie du monde, le temps et l'espace lui sont étrangers. Il faut en dire autant, par suite, de la multiplicité : cette essence vraie, qui est sous les innombrables apparences du monde des sens, doit donc être une ; et ce qu'elles manifestent toutes, c'est seulement l'unique, l'essence identique partout. Inversement, ce qui s'offre à nous sous forme de multiplicité, donc dans l'espace et le temps, ne saurait être chose en soi, et n'est que phénomène. Ce phénomène de plus n'existe par lui-même que pour notre esprit, un esprit soumis à des conditions multiples, et qui même dépend d'une fonction organique : hors de là, il n'est rien. Dans cette théorie, toute multiplicité est pure apparence : tous les individus de ce monde, coexistants et successifs, si infini qu'en soit le nombre, ne sont pourtant qu'un seul et même être, qui, présent en chacun d'eux, et partout identique, seul vraiment existant, se manifeste en tous : cette théorie est peut-être bien plus ancienne que Kant ; on pourrait dire qu'elle a toujours existé.  [...]

Donc, la multiplicité, la division n'atteint que le phénomène ; et c'est un seul et même être qui se manifeste dans tout ce qui vit. Ainsi ce n'est pas quand nous supprimons toute barrière entre le moi et le non-moi que nous nous trompons : c'est bien plutôt dans le cas contraire. Aussi cette dernière façon de voir, les Hindous la nomment Maïa, c'està-dire apparence, illusion, fantasmagorie. L'autre, comme nous l'avons vu, fait le fond même du phénomène de la pitié : la pitié n'en est que la traduction en fait. Ce serait donc là la base métaphysique de la morale ; tout se réduirait à ceci : qu'un individu se reconnaîtrait lui-même et son être propre, en un autre. Dès lors la sagesse pratique, la justice, la bonté, s'accorderaient enfin avec les doctrines les plus profondes où soit parvenue la sagesse théorique la plus avancée. Et le philosophe pratique, l'homme juste, bienfaisant, généreux, exprimerait par ses actes la même vérité qui est le résultat dernier des travaux du génie, des recherches laborieuses des philosophes théoriciens. Toutefois la vertu dépasse de beaucoup la sagesse théorique : celle-ci n'est jamais qu'une œuvre imparfaite, elle n'arrive à son but que par une route détournée, celle du raisonnement ; l'autre du premier pas s'y trouve portée. L'homme qui a la noblesse morale, quand le mérite intellectuel lui ferait défaut, révélerait encore par ses actes une pensée, une sagesse, la plus profonde, la plus sublime : il fait rougirl'homme de talent et de savoir, si ce dernier, par sa conduite, laisse voir que la grande vérité est restée dans son cœur comme une étrangère.

« L'individuation est réelle, le « principium individuationis » et la distinction des individus telle qu'il l'établit, constitue l'ordre des choses en soi. Chaque individu est un être radicalement différent de tous les autres. Dans mon moi seul réside tout ce que j'ai d'être véritable : tout le reste est nonmoi et me reste étranger. » Voilà un jugement en faveur duquel protestent mes os et ma chair, qui sert de principe à tout égoïsme, et qui s'exprime en fait par tout acte dépourvu de charité, injuste ou malicieux.

« L'individuation est une pure apparence : elle naît de l'espace et du temps, qui sont les formes créées par la faculté de connaître dont jouit mon cerveau, et imposées par elle à ses objets ; la multiplicité aussi et la distinction des individus sont une pure apparence, qui n'existe que dans l'idée que je me fais des choses. Mon être intérieur, véritable, est aussi bien au fond de tout ce qui vit, il y est tel qu'il m'apparaît à moi-même dans les limites de ma conscience. »-- Cette vérité, le sanscrit en a donné la formule définitive: « Tat twam asi », « Tu es cela » ; elle éclate aux yeux sous la forme de la pitié, principe de toute vertu véritable c'est-à-dire désintéressée, et trouve sa traduction réelle dans toute action bonne. C'est elle, en fin de compte, que nous invoquons quand nous faisons appel à la douceur, à la charité, quand nous demandons grâce plutôt que justice ; car alors nous ramenons notre auditeur à ce point de vue, d'où tous les êtres apparaissent fondus en un seul. Au contraire l'égoïsme, l'envie, la haine, l'esprit de persécution, la dureté, la rancune, les joies mauvaises, la cruauté viennent de l'autre idée, et s'appuient sur elle. Si nous sommes émus, heureux en apprenant, et plus encore en contemplant, mais surtout en accomplissant une action généreuse, c'est au fond que nous y trouvons une certitude, la certitude qu'il y a audelà de la multiplicité, des distinctions mises entre les individus par le « principium individuationis », une unité réelle, accessible même pour nous, car voilà qu'elle se manifeste dans les faits.

[...] Celle de ces deux pensées qui domine en nous perce non seulement dans chacune de nos actions, mais dans toute notre vie morale, dans tout notre état : c'est par là que l'âme d'un homme bon diffère si nettement de celle d'un méchant. Ce dernier sent partout une barrière infranchissable entre lui et tout le reste. Le monde pour lui est au sens le plus absolu un non-moi : il y voit avant tout un ennemi ; aussi la note fondamentale de sa vie est-elle la haine, le soupçon, l'envie, la joie maligne. - Au contraire, l'homme bon vit dans un monde qui est homogène avec sa propre essence : les autres ne sont pas pour lui un non-moi, mais il dit d'eux : C'est encore moi. Aussi se sent-il pour eux un ami naturel : il sent qu'au fond tout être tient à son être, il prend part directement au bien et au mal de tous ; et avec confiance, il attend d'eux la même sympathie. De là cette profonde sérénité qui règne en lui, cet air d'assurance, de tranquillité, de contentement, qui fait que chacun autour de lui se trouve bien. - Le méchant, dans sa détresse, ne compte pas sur l'aide des autres ; s'il y fait appel, c'est sans confiance ; s'il l'obtient, il n'en ressent nulle reconnaissance : il n'y peut guère voir qu'un effet de la folie d'autrui. Quant à reconnaître en un étranger son propre être, c'est ce dont il est bien incapable, même quand la vérité s'est manifestée à lui par des signes aussi indubitables. Et de là vient tout ce qu'il y a de monstrueux dans l'ingratitude. Cet isolement moral, où se renferme par nature, et inévitablement, le méchant, l'expose à tomber souvent dans le désespoir. - L'homme bon, lui, met autant de confiance dans l'appel qu'il adresse aux autres, qu'il sent en lui de bonne volonté toujours prête à leur porter secours. C'est, nous l'avons dit, que pour l'un l'humanité est un non-moi, et pour l'autre « c'est moi encore ». L'homme généreux, qui pardonne à son ennemi, et qui rend le bien pour le mal, voilà l'être sublime, digne des plus hautes louanges: il reconnaît le même être qu'il porte en lui, là même où cet être nie le plus fortement son identité.

Il n'est pas de bienfait pur, pas d'assistance vraiment et pleinement désintéressée, c'est-à-dire dont l'auteur s'inspire de la seule pensée de la détresse où est autrui, qui, examinée à fond, n'apparaisse comme un acte vraiment mystérieux, une sorte de mystique mise en pratique : car elle a son principe dans cette vérité même, qui fait le fond de toute mystique : et toute autre explication ici serait une erreur. Un homme fait l'aumône; il ne songe, ni de près ni de loin, à rien autre chose qu'à diminuer la misère qui tourmente ce pauvre : eh bien ! cet acte serait bien impossible, s'il ne savait qu'il est cet être même qui lui apparaît sous cette forme déplorable, s'il ne reconnaissait enfin son propre être, son être intime, dans cette apparence étrangère. Et voilà pourquoi, dans le précédent chapitre, j'ai appelé la pitié le grand mystère de l'éthique. Celui qui va à la mort pour sa patrie, est délivré de l'illusion, ne borne plus son être aux limites de sa personne : il l'étend, cet être, y embrasse tous ceux de son pays en qui il va continuer de vivre, et même les générations futures pour qui il fait ce qu'il fait. Ainsi la mort pour lui n'est que comme le clignement des yeux, qui n'interrompt pas la vision.

Voici un homme pour qui tous les autres ne sont qu'un non-moi ; au fond sa propre personne, seule, est pour lui vraiment réelle : les autres ne sont à vrai dire que fantômes ; il leur reconnaît une existence, mais relative : ils peuvent lui servir comme instruments de ses desseins, ou bien le contrarier, et voilà tout ; enfin entre sa personne et eux tous, il y a une distance immense, un abîme profond ; le voilà devant la mort : avec lui, toute réalité, le monde entier lui semble disparaître. Voyez cet autre : en tous ses semblables, bien plus, en tout ce qui a vie, il reconnaît son essence, il se reconnait ; son existence se fond dans l'existence de tous les vivants : par la mort, il ne perd qu'une faible portion de cette existence ; il subsiste en tous les autres, en qui toujours il a reconnu, aimé son essence, son être ; seulement l'illusion va tomber, l'illusion qui séparait sa conscience de toutes les autres. Ainsi s'explique, non pas entièrement, mais en grande partie, la conduite si différente que tiennent en face de la mort l'homme d'une bonté extraordinaire et le scélérat.

 

(Arthur Schonpenhauer, Fondement de la morale)

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Dimanche 24 février 2008

Cher Matthieu,

Voici ma réaction
au volet IV de ton article "La pertinence rationnelle de la croyance en Dieu (et l'irrationnalité des croyances alternatives)".

Nous ne sommes pas autant en désaccord qu'on pourrait le penser. En particulier, je t'accorde volontiers que l'Univers (j'entends là l'Univers observable, mais je veux bien te concéder que c'est valable pour tout le réel), fondamentalement, dans ses aspects les plus généraux, possède une structure rationnelle, logique, mathématique, qui est pour ainsi dire en harmonie avec l'esprit humain qui cherche à le connaître. Cette idée, n'est pas prouvable et démontrable, mais elle est nécessaire à postuler pour qu'il soit possible de prouver ou de démontrer. Il est donc raisonnable, en un certain sens "méta-physique", de croire en ce Logos qui transparait dans l'Univers, que nos intuitions les plus fortes affirment, et surtout qu'on ne peut nier sans opérer une contradiction performative et sans saper les fondements de tout l'édifice de la connaissance.

Je suis d'accord également que l'univers observable n'est pas le tout de la réalité. Je t'avais dit mon accord avec ta réflexion sur le néant. On peut même y ajouter une raison a priori : Soit il existe quelque chose qui transcende l'expérience, soit il n'existe rien qui transcende l'expérience. Toutefois, il n'y a qu'une seule manière dont il peut ne rien n'exister qui transcende l'expérience, tandis qu'il y a une infinité de façons dont il peut exister quelque chose qui transcende l'expérience. Par conséquent, il est infiniment peu probable qu'il n'existe rien qui transcende l'expérience.

Voyons maintenant où nos opinions commencent à diverger :

- Ma certitude concernant la structure rationnelle de l'Univers est d'ordre pragmatique ou pratique, tandis que tu y vois une certitude absolue ce me semble. En pratique justement, cela revient au même. Je n'y vois donc pas une divergence suffisament fondamentale pour juger utile de s'y attarder.

- Tu étends sans vergogne cette rationnalité à la réalité dans son ensemble (aspect inobservable y compris) alors qu'il me semble, en toute rigueur, qu'il est suffisant de la restreindre à l'univers observable. Je ne suis pas sûr néanmoins que cette divergence soit si fondamentale non plus. Un peu plus que la précédente, peut-être. Mais comme je t'ai dit, je veux bien te concéder que c'est la réalité dans son ensemble, et non pas seulement la réalité observable, qui obéit à ce Logos. Question d'esthétique disons. Mais il serait tout aussi esthétique de supposer qu'il existe du supra-rationnel, comme il existe du supra-sensible. Ainsi, il y aurait trois niveau : le sensible, qui est en même temps rationnel ; le supra-sensible rationnel ; et le supra-sensible supra-rationnel.

Je vais bientôt en venir à nos points de désaccord plus profonds, après un bref récapitulatif de nos points d'accord :

Donc nous sommes d'accord qu'existe une réalité qui transcende en partie l'expérience et dont la structure est rationnelle (au moins en partie), d'une rationnalité qui fait échos à la rationnalité de l'esprit humain. "Et voilà, ainsi sont les choses", serais-je tenter de conclure, avant de passer à un autre chapitre. Mais visiblement, cela ne te satisfait pas, il reste des interrogations qui ne te paraissent pas résolues. Tu te demandes pourquoi le réel possède cette structure et surtout pourquoi, bizarrement, elle coincide si bien avec la structure de l'esprit humain. A la limite, que ta soif de compréhension ne se trouve pas étanchée par la considération de cette hypothèse métaphysique sur laquelle nous arrivons à peu près à nous entendre, je peux bien l'admettre. Là où je ne te suis plus, c'est lorsque tu prétends, non seulement qu'admettre l'existence de Dieu éclaire tout cela, mais encore que c'est la seule manière de l'éclairer !... et là je te renvois sur ce que j'ai écris concernant l'abduction. Mais je vais également te proposer une hypothèse alternative beaucoup plus simple.

Ce qui t'étonne visiblement le plus, c'est que l'on soit en présence de deux réalités : l'univers et l'esprit humain, dont la structure se trouve, "extraordinairement" selon toi, correspondre. Pour expliquer cette coincidence, tu ne peux envisager qu'une troisième réalité, Dieu, différente des deux autres, et les ayant calibrés de manière à ce qu'elles coincident. La rationnalité de l'univers et celle de l'esprit humain trouveraient donc leur source et leur modèle dans la rationnalité divine qui viendrait résoudre ce dualisme jugé par toi problématique en un monisme enfin satisfaisant pour l'esprit humain. Ce n'est pas de manière fortuite que ce dernier se trouve être en adéquation avec la rationnalité propre de l'univers, c'est Dieu, créateur de toutes choses, qui en a décidé ainsi.

Seulement voilà, mon cher Matthieu, tu oublies une donnée fondamentale du problème : ce dualisme n'est pas problématique... puisqu'il n'existe pas ! L'esprit humain appartient pleinement à l'univers et a été produit (avec ou sans l'aide de Dieu) par ce dernier. Or, comme les chiens ne font pas des chats, il n'est pas si étonnant que l'univers (qui est rationnel) produise un être dont le fonctionnement général se trouve lui être similaire (donc qui est rationnel lui aussi et d'une rationnalité semblable). C'est l'inverse qui serait plus étonnant !

Ajoutons à cela que du point de vue de l'évolution, il est beaucoup plus adaptatif d'avoir un système cognitif dont les règles de fonctionnement viennent comme calquer celles de l'univers (puisque cela permet de le connaître et donc d'agir sur lui), et donc que les êtres dont le système cognitif viendrait à s'écarter de trop de ces règles seraient trop désavantagés pour pouvoir tirer leur épingle du jeu, et tu as tout ce qu'il faut, me semble-t-il, pour résoudre ton "mystère".

Peut-être me feras-tu remarquer, cependant, que la capacité qu'à l'esprit humain de comprendre son environnement dépasse de loin les aspects de la réalité qui opèrent à une pression sélective sur les individus. En quoi les aspects subtils de la mécanique quantique, par exemple, peuvent bien être pertinents sur la vie des personnes ? Sauf que rien ne garantit que la mécanique quantique soit vraie... outre son adéquation éventuelle aux résultats de l'expérience ! On reste donc bien, quoique de manière indirecte, ancré à la réalité sensible.

D'ailleurs, peut-être qu'une autre théorie partant de présupposés différents pourrait tout aussi bien décrire le monde physique que la mécanique quantique et être tout aussi rationnelle. Par conséquent, que l'esprit humain soit capable de concevoir la mécanique quantique n'a rien de particulièrement mystérieux.

Tu me diras peut-être : que cela soit la mécanique quantique ou une autre théorie X concurrente, on reste bien, dans les deux cas, dans le registre de théories rationnelles. Une théorie irrationnelle ne pourrait-elle pas aussi bien décrire la réalité sensible ? Eh bien non : si le réel sensible est (nous sommes d'accord) rationnel, alors il va de soi qu'une théorie irrationnelle ne pourra pas aussi bien le décrire qu'une théorié rationnelle...

Si cela ne suffit pas à te convaincre, alors laisse-moi en rajouter une couche : nous sommes d'accord, je l'espère, que la présence des aspects de l'intelligence qui sont les plus utilitaires peuvent forts bien s'expliquer par un processus néo-darwinien. Le doute reste sur la composante plus réflexive de l'intelligence. Mais même à supposer que la sélection naturelle n'ait pas de prise sur elle, il se pourrait que cette composante réflexive de l'intelligence soit un effet secondaire de l'intelligence utilitaire dont elle constituerait une sorte de perfectionnement possible, une conséquence naturelle et/ou nécessaire. Ces deux intelligences seraient constitutives d'une troisième qui constituerait l'archétype génomique de toute intelligence possible se développant d'une manière ou d'une autre en fonction de l'environnement. Il n'y aurait donc pas l'intelligence utilitaire d'un côté et l'intelligence réflexive de l'autre. Il y aurait l'intelligence en général. Et les contraintes adaptatives sélectionnerait cette dernière dans son expression utilitaire. Elle permettrait ensuite le développement possible de la réflexion pure.

Bien amicalement,

Miky

publié dans : Epistémologie et Philosophie des Sciences par Miky communauté : Les philosophes épars
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Mardi 19 février 2008

Lâcher Prise, ce n'est pas se montrer indifférent mais simplement admettre que l'on ne peut agir à la place de quelqu'un d'autre.
 
Lâcher prise, ce n'est pas couper les liens mais prendre conscience qu'il ne doit pas y avoir contrôle d'autrui. 
 
Lâcher prise, ce n'est pas être passif, mais au contraire tirer une leçon des conséquences inhérentes à un évènement. 
 
Lâcher prise, c'est reconnaître ses limites, c'est à dire que le résultat final n'est pas entre nos mains. 
 
Lâcher prise, ce n'est pas blâmer ou vouloir changer autrui, mais donner le meilleur de soi-même. 
 
Lâcher prise, ce n'est pas prendre soin des autres mais se sentir concerne par eux. 
 
Lâcher prise, ce n'est pas "assister" mais encourager. 
 
Lâcher prise, ce n'est pas juger, mais accorder à autrui le droit d'Etre avec toutes ses imperfections comme champ d'expériences.
 
Lâcher prise, ce n'est pas s'occuper de tout ce qui arrive, mais laisser les autres gérer leur propre destin, source d'éveil. 
 
Lâcher prise, ce n'est pas materner les autres, mais leur permettre d'affronter la réalité.

Lâcher prise, ce n'est pas rejeter, c'est au contraire accepter. 
 
Lâcher prise, ce n'est pas harceler, sermonner ou gronder mais tenter de déceler ses propres faiblesses et de s'en défaire. 
 
Lâcher prise, ce n'est pas adapter les choses à ses propres désirs, mais prendre chaque jour comme il vient et l'apprécier sans oublier de s'aider soi-même.
 
Lâcher prise, ce n'est pas critiquer ou corriger autrui, mais s'efforcer de devenir ce que l'on rêve de devenir. 
 
Lâcher prise, ce n'est pas regretter le passé, mais vivre et grandir pour l'avenir dans l'ici et maintenant. 
 
Lâcher prise, c'est craindre de moins en moins pour aimer de plus en plus.
 

Anonyme

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Lundi 14 janvier 2008

                      
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Vendredi 11 janvier 2008
à l’occasion du Cinquantenaire de la bande dessinée
*S.O.S
METEORES*
de E.P Jacobs


Henri Bégorre, Maire de Maxéville,
Patrick Baranger, Directeur de l'IUFM de Lorraine,
Philippe Biermé, Président de la Fondation Jacobs,
Le représentant de la Communauté Wallonie-Bruxelles,

ont le plaisir de vous inviter au vernissage de l'exposition

Blake et Mortimer in Maxéville 2

Vendredi 11 janvier 2008 à 18H30

Galerie le Préau des Arts
Iufm de Lorraine
5 rue Paul Richard
54320 Maxeville
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Jeudi 3 janvier 2008

Chers amis lecteurs,

Cet article est une réponse à un court article de Christian MICHEL, « Dieu et la connaissance scientifique. », publié sur son site Liberalia, et que l'auteur m'avait signalé au détour d'un forum de discussion Internet.

J'avais affirmé qu' « une connaissance de la transcendance par les seules lumières de la raison naturelle n'est pas entièrement exclue, si c'est à partir de l'expérience d'une intrusion de cette transcendance dans le monde sensible. Toutefois, de telles expériences, à supposer qu'elles se produisent de temps à autre, ne sont ni vérifiables ni contrôlables. Elles ne peuvent donc faire l'objet d'un savoir objectif admissible par tous, mais seulement par la ou les personne(s) qui en ont été les témoins directs. »

Christian me répliqua : 

« Je ne suis pas entièrement d’accord. La transcendance, comme vous dites, ne se découvre pas seulement lorsqu’elle fait "intrusion dans notre monde sensible". Nous pouvons la chercher. Le rôle des églises, justement, et de la pratique qu’elles exigent de nous, consiste à créer les conditions de cette découverte de la transcendance.

Si vous ne pratiquez pas, vous êtes comme ces gens qui trouveront une pépite d’or au détour d’un chemin. Autant dire qu’ils sont rares. Les vrais chercheurs d’or se donnent les moyens qu’il faut. Orpailleurs ou mineurs, ils creusent et filtrent et retournent la terre, et avec plus ou moins de chance, ils trouvent.

Il peut y avoir des gens, bien sûr, qui doutent de l’existence même de l’or sans avoir pris la peine de le chercher. Mais alors ils font un acte de foi tout aussi spéculatif et peu scientifique que celui qu’ils reprochent à ceux qui cherchent sans avoir encore trouvé.  »


Puis il me signala son article.

Voici la réponse que je lui fis :

« Cher Christian,

[...]

J'ai lu votre article. Ce que vous dites est intéressant et, figurez-vous que je serais presque d'accord avec vous. Presque, car j'ai quelques petits bémols à apporter :

L'idée suivant laquelle il existerait certaines conditions favorisant la découverte de la transcendance, et dans lesquels une certaine pratique spirituelle serait susceptible de nous placer est tout à fait admissible en soi. Seulement voilà, comme vous semblez l'admettre vous-même, cela facilite peut-être la découverte de la transcendance, mais cela ne la garantit pas (j'ai pratiqué le christianisme pendant plusieurs années, cela ne m'a pas gardé chrétien, alors que je ne crois pas avoir notablement échoué dans ma pratique). C'est logique d'ailleurs. La transcendance obéit à d'autres règles, elle est peut-être habitée par des entités douées de libre-arbitre (Dieu, anges, démons, esprits divers et variés, etc.) qui ne vont pas mécaniquement se manifester dès lors que l'on aura fait les bons gestes. Il y a donc une part irréductible et probablement importante de non-contrôlable. Partant, les mêmes causes de notre point de vue n'engendreront pas forcément les mêmes effets. Peut-on alors parler de véritable "science du transcendant" comme on parlerait de sciences économiques, de sciences physiques, de sciences de la vie et de la Terre ? Je ne suis pas sûr. Même une science réputée inexacte comme la sociologie peut établir des modèles statistiquement valables. Il y a de l'erreur certes, mais on peut la prédire, la calculer. Je ne crois pas que celà puisse être le cas pour la transcendance. Peut-on dire que quelqu'un qui pratique la religion catholique a, mettons, 50% de chance de rencontrer Dieu ? Dieu, de son côté, ne peut-il pas changer les règles du jeu à notre insu et, par exemple, ne plus se manifester à personne, ou au contraire se manifester à tout le monde ? Pour dire les choses autrement, ce n'est pas parce que l'on va se fabriquer des radio-opérateurs, que des vivres vont tomber du ciel (je fais référence ici au cas très intéressant du
"Culte du cargo").

Ensuite, qu'une certaine pratique puisse disposer favorablement à la découverte de pans habituellement ignorés de la réalité est une chose. Qu'il faille oublier ce qu'aucune pratique particulière nous permet de découvrir en est une autre. Or, je veux bien qu'une certaine pratique spirituelle puisque conduire à affirmer : "il existe un démiurge, je l'ai rencontré en procédant de telle façon", "il existe un Grand Horloger, je l'ai rencontré en procédant de telle façon", "Poséidon existe, je l'ai rencontré en procédant de telle façon", etc. Mais affirmer : "il existe un Dieu tout-puissant et bon, je l'ai rencontré en procédant de telle façon" c'est également affirmer quelque chose à propos de la réalité de tous les jours que chacun peut expérimenter sans de longues heures d'ascèses. [C'est affirmer que tout va bien dans l'Univers, qu'il n'y a ni souffrance ni mal, or] je pense que cette affirmation ne se vérifie pas dans notre vie quotidienne, alors qu'elle le devrait, et donc qu'un Dieu tout-puissant et bon n'existe pas. Ce qui ne veut pas forcément dire que l'expérience spirituelle à l'origine de cette affirmation est totalement nulle et non avenue, mais qu'elle doit être relativisée à la lumière de cette expérience bien matérielle du mal.

Enfin, comment expliquer que des gens ayant des pratiques s