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Métazét

Bonjour et bienvenue !

Le principal but de ce blog est de faire la promotion et le développement d'une démarche sceptique de recherche qui se veut un peu différente de ce que l'on entend communément par scepticisme ou zététique sans pour autant désavouer ces approches dans leurs principes et leurs acquis. Essentiellement, il s'agira ici d'adopter une perspective qui à la fois dépasse et englobe le scepticisme contemporain, le faisant reposer, contrairement à l'habitude et même un peu paradoxalement, sur une attitude épistémologique de confiance dans nos capacités à connaître le réel et dans le témoignage humain. J'entends aussi être constructif et non pas simplement critique, et aborder des domaines traditionnellement négligés par le mouvement sceptique actuel, comme les croyances religieuses, morales, métaphysiques, surnaturelles...
Ainsi, on trouvera ici, entre autres, des réflexions sur l'éthique et les moeurs, des articles concernant l'identité personnelle et la question de la survie, une critique des religions, mais aussi une recherche raisonnée d'alternatives aux religions qui, d'une manière ou d'une autre, s'opposent à une saine morale et à une saine connaissance.
Pour plus de renseignements sur l'esprit qui anime ce blog.

 
Annonce de recherche d'emploi :
 
 

Je cherche du travail dans la recherche fondamentale ou appliquée (Post-Doc, ATER, ou mieux : poste d'ITARF, voire à moyen-terme : Chargé de Recherche ou Maître de Conférence [sections CNU 17 et/ou 72]), au sein d'une équipe conviviale, et dans un domaine interdisciplinaire en rapport avec l'un au moins des grands domaines suivants :

   

1°) Philosophie de l'esprit et des sciences cognitives.

2°) Epistémologie des croyances religieuses, métaphysiques et surnaturelles.

3°) Ethique normative et des pratiques corporelles, méta-éthique. 

4°) Psychobiologie de l'épistémologie et de l'éthique. 

 

Je suis plus particulièrement intéressé (surtout pour les postes non-titulaires ou en CDD) par des opportunités en France, en Belgique ou dans le Grand Duché du Luxembourg, et situées dans un rayon de ~60 km ou de ~45 min en automobile autour de Nancy (54), Longwy (54), Dijon (21) ou Bertrambois (54). Mais je reste ouvert à toute proposition.

 

Si vous avez quelque chose à me proposer, vous pouvez consulter mon CV en ligne et me contacter par e-mail.


Accès rapides :
Mercredi 12 avril 2006

AVERTISSEMENT : Humour noir inside ;-)

Voulez-vous créer votre secte ? Voici une petite marche à suivre :

1°) Trouvez en vous un préjugé :

C'est-à-dire une impression que vous avez, quelque chose qui s'impose à vous comme une évidence incontestable à laquelle vous n'arrivez pas à ne pas croire.

2°) Enfermez-vous dedans :

Puisque par vos propres efforts, vous n'avez-pas réussi à bousculer votre préjugé, posez le comme Vérité avec un grand V sur l'Univers avec un grand U.

3°) Commencez à prêcher :

Diffuser la Vérité que vous avez découverte à qui voudra bien vous entendre, persuadez les foules par vos effets de style (votre Vérité étant Ineffable, toute argumentation rationnelle est bien sûr inadéquate, au mieux vous pouvez tenter de rationaliser a posteriori votre dogme pour donner l'illusion que vous apportez des arguments).

4°) Balayer d'un revers de main les contradicteurs :

Puisque vous être sûr et certain de votre Vérité. Toute argumentation qui prétendrait la mettre en pièce est nécessairement fausse. Nul besoin donc de l'analyser en détail pour essayer de la comprendre, c'est manifestement votre contradicteur qui n'a pas compris la profondeur et la pertinence de votre position. C'est bien connu, le contradicteur est nécessairement un con, il croit que c'est vous le contradicteur, alors que c'est lui. Il ne vous incombe donc que d'essayer de le ramener à la raison, avec force pédagogie, comme pour un enfant de cinq ans, en reformulant inlassablement votre Vérité de toutes les manières possibles, quitte à paraître condescendant au passage.

5°) Si le contradicteur insiste, trouver la faille dans son raisonnement :

A un moment il faut être humble et essayer de se mettre au niveau de votre contradicteur (qui est con, rappelons-le). Donnez lui l'impression que sa position équivaut à la votre et que vous prenez au sérieux son argumentation (nécessairement déficiente, rappelons le, puisqu'il a l'audace de soutenir le paradoxe suivant lequel vous pourriez vous tromper dans ce que vous racontez). Trouvez n'importe quelle faiblesse, fût-ce de pure forme, dans son argument. Si vous n'en trouvez pas, c'est que vous n'avez pas suffisament cherché, sachez être modeste ! Il vous faut alors chercher encore sans rechigner à la tâche : le triomphe de la Vérité en vaut bien la peine ! N'hésitez pas à être circulaire : "tel point précis de votre raisonnement est déficient puisqu'il contredit tel aspect très profond et absolument incontestable de ma Vérité". N'hésitez pas à ajouter des hypothèses ad hoc à votre position pour la blinder contre toute critique possible. Une fois que vous avez trouvé où le bât blesse, considérez que vous avez réfuté l'intégralité de la position de votre contradicteur.

6°) Si le contradicteur insiste encore, trouvez la faille en lui-même :

L'erreur est humaine mais persévérer dans l'erreur est diabolique. Si votre contradicteur persiste dans sa position malgré tous les efforts déployés pour le convaincre, le problème ne peut être qu'en lui-même :

- peut-être est-il encore plus con que vous ne le pensiez ?

- peut-être est-il intellectuellement malhonnête ?

- peut-être est-il malade mentalement ?

- peut-être a-t-il un intérêt secret à camoufler la Vérité ?

- etc.

Il est à présent grand temps d'user de l'ad hominem !

Souvenez-vous : en aucun cas cela ne peut être vous à qui ces qualificatifs puissent s'appliquer, même si certains le laissent entendre, puisque vous connaissez la Vérité. Accrochez-vous à elle désespérement, et jouez le martyr. Gallilée aussi a été persécuté, et pourtant il avait raison et ne fut compris que bien plus tard. Si vous ne fléchissez pas, un jour, tel le Christ, vous serez vénéré pour vos grandes paroles et votre sacrifice pour la Vérité !

7°) Instaurez un culte autour de votre personnalité :

Il faut être modeste mais pas faussement modeste. Rendez-vous compte, vous possédez la Vérité, vous n'êtes pas n'importe qui ! Dieu a sans doute de grands desseins pour vous pour vous avoir ainsi inspiré si prodigieusement. N'hésitez pas à demander à vos disciples une petite contribution financière pour vous aider à accomplir votre grande oeuvre pour l'Humanité, ainsi que des faveurs sexuelles si le coeur vous en dit, cela serait dommage qu'un tel génie (vous) restât sans grande descendance. N'hésitez donc pas à diffuser vos précieux gènes, comme vous diffusez déjà votre Bonne Parole.

Courage, la Société ne sera sans doute pas douce à votre égard, mais j'espère qu'à ce stade vous aurez compris que la Société est plongée dans les ténèbres de l'obscurantisme dont il vous incombera de la sortir. N'hésitez pas à aller au-dessus de ses lois. Les lois des hommes ne sont rien comparées à la Sagesse dont vous êtes le dépositaire.

publié dans : Divers par Miky
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Mardi 11 avril 2006

Croyez-vous que Dieu existe ?

A cette question, certains répondent parfois : "Dites-moi ce que vous entendez par Dieu, et je vous dirai si j'y crois".

Mais on pourrait aussi répondre ceci :

- "Dites-moi ce que vous entendez par exister, et je vous dirai si j'y crois". En effet, Dieu, s'il existe, n'est certainement pas censé exister de la même manière dont existent les êtres humains, les animaux, les plantes, les roches, les artefacts, etc. Mais s'il n'existe pas de cette manière là, de quelle manière peut-il être dit exister ? Il faut donc définir ce mot exister, pour répondre correctement à la question de l'existence de Dieu.

- "Dites-moi ce que vous entendez par croire, et je vous dirai si j'y crois". Croire est-ce seulement répondre "je le crois" à la question "est-ce que p est vrai ?" ou "est-ce que A existe ?". N'est-ce pas aussi et même davantage un certain comportement ? un certain nombre d'images mentales ? d'émotions ? Comme le souligne Roger Pouivet [1] :

"[U]ne croyance est essentiellement dispositionnelle. Croire en Dieu, c'est, par exemple, avoir tendance à prier en certaines circonstances, au moins dans les moments difficiles ou dans les moments particulièrement heureux de l'existence, se sentir alors aidé, soutenu, avoir le désir de remercier, avoir mauvaise conscience quand on agi d'une certaine façon, etc."

Un tel comportement pourrait très bien, jusqu'à un certain point, être compatible avec une affirmation explicite d'athéisme. Ainsi, en est-il par exemple de ces gens qui ont une peur viscérale de prendre l'avion, tout en reconnaissant aisément que d'un point de vue rationnel, il est peu probable qu'un avion s'écrase. Mais sait-on jamais...

 


 

[1] Roger Pouivet, Epistémologie de la croyance religieuse, dans Sacha Bourgeois-Gironde, Bruno Gnassounou, Roger Pouivet, Analyse et théologie : Croyances religieuses et rationalité, Vrin, Paris, 2002, p. 23.

publié dans : Examen Critique des Religions par Miky
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Lundi 6 mars 2006

Dans le domaine de la philosophie, les notions de transcendance et d'immanence d'un côté, sont souvent confondues, respectivement, avec celles d'absolu et de relatif de l'autre côté. Pourtant, les deux couples d'antinomies ne sont pas les mêmes.

Dans cet article, je me propose d'opérer un petit débroussaillage conceptuel de ces notions.

1) Transcendance vs Immanence :

Est immanent ce avec quoi l'on peut interragir, c'est-à-dire, ce dont on peut avoir une expérience sensible (perception, sensation, émotion, sentiment) et intellectuelle (imagination, intuition) et sur lequel on peut agir. C'est finalement ce qui existe dans le monde physique : humains, animaux, végétaux, minéraux, artefacts, cellules, molécules, atomes, nucléons, quarks, énergie, roches, continents, océans, planètes, étoiles, etc.

Est immanent, finalement, tout ce qui est connaissable.

Est transcendant tout ce qui n'est pas immanent, c'est-à-dire, principalement :

- ce dont on peut avoir une expérience intellectuelle et sensible mais sur lequel on ne peut pas agir (ex. : une apparition fantomatique qui serait imperturbable, selon ce que certains témoignages prétendent) ; il s'agit néanmoins d'un cas limite que l'on pourra préférer considérer comme relevant de l'immanence, puisque l'on a quand même une expérience sensible possible.

- ce dont on peut avoir une expérience intellectuelle mais pas d'expérience sensible et sur lequel on peut agir (ex. : anges ou divinités auxquels on pourrait adresser des prières d'intercession susceptibles de changer le cours des événements)

- ce dont on peut avoir une expérience intellectuelle mais pas d'expérience sensible et sur lequel on ne peut pas agir (ex. : divinités sourdes à nos demandes)

- ce dont on ne peut pas avoir d'expérience qu'elle soit intellectuelle ou sensible (ex. : cercles carrés, idées vertes qui dorment furieusement, etc.)

Est transcendant, finalement, tout ce qui n'est pas connaissable.

L'agnosticisme et le scepticisme considèrent que seule une connaissance de l'immanence est possible, ce qui peut paraître être une tautologie mais se comprend eu égard à la prétention de certains de pouvoir accéder à l'absolu (voir point 2)) et à pouvoir donc produire une connaissance elle-même absolue, ce qui conduirait à nier le transcendant, c'est-à-dire l'existence de choses qui échappent à la capacité humaine de connaître. Il ne s'agit pas pour autant d'affirmer que le transcendant existe, mais simplement de reconnaître que la question est insoluble.

S'il existe du transcendant, alors on peut envisager sa relation à l'immanence de deux façons :

- Théorie des univers parallèles : il est possible que l'immanent soit, pour une certaine partie du transcendant, du transcendant, et qu'il existe ainsi des domaines transcendants séparés, mutuellement transcendants les uns pour les autres (mais bien sûr immanents pour eux-mêmes). Si deux univers venaient, pour une raison ou une autre, à interagir de temps en temps, il apparaitrait des phénomènes dont les causes seraient situées dans un autre univers. De tels phénomènes pourraient être qualifiés de paranormaux ou paranaturels. Il est impossible de savoir si de tels phénomènes existent. Au mieux, on pourrait peut-être constater des phénomènes anormaux ou anaturels.

- Théorie des univers emboîtés : il est possible qu'au moins une partie du transcendant constitue le sous-bassement de l'immanence. L'immanence est donc immanente pour ce transcendant (et ce transcendant est bien sûr immanent pour lui-même), mais la réciproque n'est pas vraie. Une manifestation singulière d'un univers dans un autre emboîté dans cet univers produirait des phénomènes dont les causes seraient situées dans l'univers englobant. De tels phénomènes pourraient être qualifiés de supranormaux ou de supranaturels (surnaturels). Il est impossible de savoir si de tels phénomènes existent. Au mieux, on pourrait peut-être constater des phénomènes anormaux ou anaturels.

Ces deux types de relations ne sont pas exclusives l'une de l'autre. On peut imaginer des univers parallèles immanents pour eux-mêmes et transcendants les uns pour les autres, coexistant au sein d'un supra-univers les transcendant tous et au regard duquel, chacun des univers parallèles est immanent.

NB : Les notions de transcendance et d'immanence ont donc quelque chose de relatif.

2) Absolu et relatif :

Est relatif tout ce qui dépend d'autre chose que de lui-même pour son existence, sa manifestation. C'est-à-dire, tout ce qui est fini, multiple, limité, spatio-temporel, contingent, etc. C'est finalement ce qui existe dans le monde physique (immanence) : humains, animaux, végétaux, minéraux, artefacts, cellules, molécules, atomes, nucléons, quarks, énergie, roches, continents, océans, planètes, étoiles, etc. mais cela peut concerner également des êtres transcendants : anges, divinités (selon une conception greco-romaine par exemple), âmes, esprits, forces occultes, etc.

Est absolu tout ce qui n'est pas relatif, c'est-à-dire qui ne dépend que de lui-même pour son existence, sa manifestation. C'est tout ce qui est infini, un, illimité, éternel, nécessaire, etc. Souvent, l'absolu est identifié à Dieu (avec un D majuscule).

Pour l'agnosticisme et le scepticisme, l'absolu est inconnaissable (dans sa nature et dans son existence). Il est néanmoins nécessaire d'en poser provisoirement un, afin de construire sur lui l'édifice de la connaissance (une connaissance nécessairement relative toutefois). Si on connaissait l'absolu, on pourrait bâtir sur lui une connaissance qui serait elle-même absolue (et alors le transcendant deviendrait immanent), mais il n'y a malheureusement ou heureusement pas moyen de connaître l'absolu.

Y a-t-il de l'absolu immanent ?

S'il existe du transcendant, alors l'absolu ne peut pas être immanent. Il n'est pas forcément transcendant pour autant. Il peut aussi ne pas exister. Si la théorie des univers parallèles est vraie mais qu'il n'y a pas de supra-univers englobant, alors il n'y a pas vraiment d'absolu, ou, si on préfère, il y a des "absolus relatifs" pour chaque univers. Si la théorie des univers emboîtés contient une part de vérité, alors l'absolu se trouve dans le supra-univers dans lequel existe notre univers (et éventuellement d'autres univers parallèles). Mais s'il n'existe qu'un seul univers, le nôtre, alors l'absolu est nécessairement immanent. Toutefois, il est impossible de répondre à la question, donc on ne peut pas savoir si l'absolu est transcendant ou immanent.

Vrai et faux absolu :

Le vrai absolu est l'absolu tel qu'on l'a défini plus haut. De cet absolu, on ignore s'il existe et, s'il existe, on ignore s'il est transcendant ou immanent. Pour les besoins de la science, il est néanmoins nécessaire de poser des fondements à la connaissance, même si ces fondements sont faux. La connaissance ne peut pas partir de rien, n'avoir aucun principe. Toute connaissance est relative. On pourra parler, à propos de ces fondements qui ne sont pas démontrés mais simplement posés, de faux absolu. Ce faux absolu est souvent immanent et il correspond souvent à des croyances de bases que l'on retrouve chez la plupart des gens (le principal est le principe logique d'identité). Il n'est cependant pas objet de connaissance car c'est lui qui permet la connaissance. Comme on ignore si cet absolu est vrai, on peut vouloir choisir d'en changer ou en utiliser plusieurs. Cela ne pose pas de problèmes particuliers, du moins tant que l'absolu choisi reste assez intuitif et proche du sens commun. La recherche de faux absolus (voire du véritable absolu, mais l'entreprise est vaine) relève d'une discipline philosophique qui porte le nom d'ontologie (discours sur l'être en tant qu'être). L'ontologie ne doit pas être confondue avec la métaphysique (discours sur ce qui est au-delà du physique), laquelle porte sur la transcendance.

L'agnosticisme et le scepticisme rejettent toute métaphysique comme vaine (si une connaissance métaphysique était possible, alors elle ne serait plus métaphysique mais physique [en un sens plus large que celui de sciences physiques]) mais peuvent accepter l'ontologie pour autant qu'elle n'ait pas la prétention d'atteindre une vérité incontestable, mais simplement des principes heuristiques utiles. Ils peuvent aussi accepter le discours religieux, pour autant qu'il n'ait pas non plus la prétention d'atteindre une vérité incontestable.

Immanence scientifique, immanence religieuse :

L'immanence est souvent assimilée à l'immanence scientifique. Mais tout faux absolu que l'on pose délimite d'une certaine manière un cadre dans lequel la connaissance est possible. Par conséquent, tout absolu délimite une immanence propre. Il y a donc une immanence scientifique, dont le faux absolu contient les principes de vérifiabilité, de reproductibilité, de parcimonie, d'identité. Il y a aussi - ou il pourrait y avoir - une voire plusieurs immanences religieuses reposant sur, au moins en partie, d'autres principes.

Il est évident, cependant, que ces immanences, ne reposant pas sur le même faux absolu, sont au moins en partie transcendantes l'une pour l'autre. La science ne peut pas répondre à la question de l'existence de Dieu. La religion ne peut pas répondre à la question de l'existence des atomes. Lorsqu'elle se recoupent, il peut y avoir complémentarité de point de vue ou - le plus souvent - conflit.

De la résolution des conflits :

Il y a conflit car il n'y a jamais, entre deux approches du réel, une différence telle qu'elles n'aient pas au moins un point commun. En l'occurence, le principe d'identité est souvent le dénominateur commun à toutes les immanences. En effet, il est présupposé par l'usage du langage par lequel ces différentes approches communiquent entre elles et se font connaître.

Entre deux visions du monde bien constituées et robustes, c'est donc au niveau des points d'accord (dont, au moins, le principe d'identité) que l'on pourra espérer résoudre les conflits. Parfois, il suffit de remonter à une croyance non basique ou à une connaissance admise par les deux approches. Parfois, il faut creuser plus loin, jusqu'aux principes contenus dans les faux absolus. Certains de ces principes sont normalement communs aux deux visions du monde. Si ce n'est pas le cas, alors tout dialogue est inutile. Parfois, une réflexion ontologique peut être menée de manière à rapprocher les deux absolus, mais il faut alors au moins que ces deux absolus partagent le principe d'identité.

Prenons un exemple :

L'Eglise Catholique Romaine enseigne que la masturbation est un pêché mortel. Cet enseignement n'est pas un principe axiomatique relevant d'un absolu, mais est justifié de la sorte :

1. Toute activité biologique a été créée par Dieu dans une certaine finalité qui correspond à sa fonction biologique (par exemple, l'activité sexuelle a été créée par Dieu dans la finalité de la reproduction, l'activité locomotrice dans la finalité de trouver de la nourriture, de fuire les ennemis et de rechercher un partenaire sexuel, l'activité digestive dans la finalité de l'alimentation, etc.)

2. Il est éthiquement mauvais (péché mortel) de faire usage d'une activité biologique en dehors de sa finalité biologique.

3. La masturbation est l'usage de l'activité sexuelle en dehors de sa finalité biologique reproductive.

4. La masturbation est un péché mortel.

Il ne sert évidemment à rien, face à un catholique intégriste, de contester le point 1 scientifiquement en arguant que la science ne démontre pas que les activités biologiques ont été créées par Dieu ou de contester le point 2 en disant que l'on ne voit pas, scientifiquement, ce qu'il y a de répréhensible de le fait de faire usage d'une activité biologique en dehors de sa finalité biologique, car de toute manière, scientifiquement seulement, il est impossible de fonder une éthique.

Toutefois, le principe d'identité étant commun à la science, à l'éthique et à la religion catholique, on peut argumenter de la façon suivante :

Montrer qu'en suivant ce raisonnement :

- machouiller du chewing-gum est un péché mortel (usage de la fonction masticatoire en dehors de sa finalité alimentaire)

- aller au cinéma ou même à l'église est un péché mortel (usage de la fonction locomotrice en dehors de sa finalité de recherche de nourriture, de fuite des ennemis et de recherche d'un partenaire sexuel).

- se tailler la barbe est un péché mortel (usage des poils dans un but purement esthétique, et non pas de protection contre le froid)

Ensuite, demander à la personne prétendant que la masturbation est un péché mortel si elle ne s'est pas déjà livrée plusieurs fois à ces autres "péchés mortels".

Conclusion :

Les notions de transcendance vs immanence sont relatives à notre faculté de connaître (c'est-à-dire, d'expérimenter - sensiblement et intellectuellement - et de maîtriser une réalité), au pour-soi. Les notions d'absolu vs relatif sont relatives à la réalité telle qu'elle est en-soi, indépendament de notre capacité à la connaître.

Miky

publié dans : Epistémologie et Philosophie des Sciences par Miky
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Lundi 6 mars 2006

Dans un précédent article, nous avons exposé l'athéisme dont nous avons distingué deux tendances :

- athéisme faible = non-croyance en Dieu

- athéisme fort = croyance en l'inexistence de Dieu

Nous avons également parlé de l'agnosticisme dont nous avons distingué aussi deux tendances :

- agnosticisme faible = non-croyance en la capacité de l'entendement humain à résoudre la question de Dieu, les questions métaphysiques (et à accéder à l'absolu d'une manière générale)

- agnosticisme fort = croyance en la non-capacité de l'entendement humain à résoudre la question de Dieu, les questions métaphysiques (et à accéder à l'absolu d'une manière générale)

Dans cet article, nous nous pencherons plus particulièrement sur le théisme et le déisme.

Pour le théisme, Dieu est un être :

- personnel, voire semblable à l'homme qu'il a fait à son image selon la Bible (anthropomorphisme)

- providentiel

Le déisme nie/met en doute l'un et/ou l'autre de ces deux points. Je suggère d'appeler :

- déisme providentialiste : un déisme qui admet une intervention providentielle de Dieu dans le monde mais ne voit pas ce dernier comme un être personnel, ou tout au moins pas un être semblable à l'homme (ex. : certaines personnes définissent Dieu comme étant l'Amour, voient en ce dernier une sorte d'énergie et pourront dire des choses telles que : "l'Amour fait des miracles" ou "Un tel acte est une offense à l'Amour") ; c'est souvent une conception assez "new age" ou "théosophique" (au sens de la Société Théosophique) du divin ; période : plutôt la fin du XIXème siècle, le XXème siècle et le XXIème siècle.

- déisme personnaliste : un déisme qui admet Dieu comme personne (voire comme personne semblable à l'homme), mais récuse toute intervention providentielle de ce dernier dans le monde (ex. : le Dieu horloger de Voltaire, le Dieu architecte des francs-maçons) ; c'est souvent le résultat d'un judéo-christianisme déconstruit par la philosophie des Lumières du XVIIIème siècle (critique des miracles et des écrits bibliques).

- déisme radical : un déisme qui admet un Dieu qui n'est ni une personne, ni agissant dans le monde ; il est alors plutôt à voir comme une abstraction idéalisée et sacralisée (ex. : l'Humanité, le Progrès, la Raison, la Science, le Hasard, l'Inconnu, etc.) ; il est souvent associé à un anti-christianisme et anti-cléricalisme assez véhément, assez typique de la fin du XVIIIème siècle, de tout le XIXème siècle et du début du XXème siècle : culte de l'Etre Suprême et de la Raison, Religion Positiviste d'Auguste Comte, etc.

Indépendament de ces distinctions, on ajoutera également à ces deux termes, les préfixes suivants, pour spécifier un certain mode de relation du divin avec le monde et l'humain :

varnothing : Dieu ≠ Monde mais les deux se recouvrent partiellement (théisme et déisme) (on peut aussi parler de théisme / déisme immanent)

- trans : Dieu ≠ Monde et sont complétement hétérogènes (transthéisme et transdéisme) (on peut aussi parler de théisme / déisme transcendant)

- sui ou auto : chacun est dieu (suithéisme et suidéisme ou autothéisme et autodéisme) ; cela peut seulement concerner une certaine partie de soi, comme l'âme et non pas l'individu entier.

- pan : Dieu = Monde (panthéisme et pandéisme)

- panen : Monde subset Dieu (panenthéisme et panendéisme)

- cosmo : Dieu émerge du Monde (cosmothéisme et cosmodéisme)

Enfin, signalons le cas particulier de la religion mormone (Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours) qui a une conceptualisation originale du divin puisqu'elle fait du Père, du Fils et du Saint-Esprit trois personnes inclues dans le monde au sens physique du terme, comme entités corporelles spatio-temporellement localisés. Je suggère d'appeler cette vision de Dieu : théisme ou déisme physicaliste, matérialiste ou naturaliste.

Indépendament de ces distinctions, on ajoutera également à ces deux termes (théisme et déisme), les préfixes suivants, pour spécifier le nombre de divinités en lequel on croit :

- mono : un seul dieu (monothéisme et monodéisme) ; ex. : judaïsme, unitarisme, protestantisme, islam.

- héno : plusieurs dieux dont un qui est supérieur aux autres et est souvent seul véritable objet d'adoration (hénothéisme et hénodéisme) ; ex. : catholicisme, hindouisme.

- poly : plusieurs dieux d'importance équivalente (polythéisme et polydéisme) ; ex. : religions égyptienne et greco-romaine.

- omni : tous les dieux de toutes les religions (omnithéisme et omnidéisme) ; ex : universalisme.

On peut ajouter le terme de "classique" ou de "moderne" pour préciser si l'on voit le divin respectivement comme réalité parfaite, absolue, suprême, ultime, nécessaire, illimitée, infinie ou comme réalité relative, conditionnée, dépassée, contingente, imparfaite, finie.

Ex : Théisme classique = Dieu omniscient, omnipotent, omnibénévolent.

Théisme moderne = open theism, process theism, dysthéisme.

Selon que l'on considère que la nature de Dieu est conceptualisable par l'être humain ou échappe à son entendement, on parlera :

- de théologie positive ou cataphatique ou encore de cognitivisme théologique dans le premier cas

- de théologie négative ou apophatique ou encore de non-cognitivisme théologique ou d'ignosticisme dans le second cas

Quelques autres opinions / attitudes sur le divin :

- Indifférentisme : Attitude d'indifférence à l'égard de Dieu, de son existence. Nous naissons tous indifférentiste.

- Apathéisme : Dieu ou l'existence de Dieu est sans importance pour nous, ne nous concerne pas. Cela ressemble à de l'indifférentisme, à la différence qu'il s'agit d'une véritable position réfléchie sur Dieu alors que l'indifférentisme est implicite.

- Pseudo-Agnosticisme : Je propose ce terme pour désigner l'attitude de celui qui ne sait que croire, qui hésite, qui est indécis au sujet de l'existence de Dieu, qui est éventuellement en recherche, qui refuse de choisir son camp, qui est tiraillé entre croire que Dieu existe et croire qu'il n'existe pas. Cela correspond à la définition populaire de l'agnosticisme mais cette définition populaire n'est pas respectueuse de l'agnosticisme, tel que défini par Thomas Huxley, et qui est une véritable position philosophique.

- Pseudo-Athéisme : Ce terme est parfois utilisé - notamment par les athées - pour désigner l'attitude de celui qui rejette Dieu et/ou son existence mais qui se faisant le remplace - le plus souvent inconsciemment - par une version séculière du divin, sous la forme d'idées ou de choses sacralisées faisant l'objet d'un véritable culte telles que l'Humanité, le Progrès, la Raison, la Science, le Hasard, l'Inconnu, la Mode, le Football, le Star System, l'Argent, le Sexe, etc. Le pseudo-athéisme pourrait être rapproché du déisme radical à la différence près que ce dernier est assumé comme tel tandis que le pseudo-athéisme se prétend athéisme. Ensuite, certaines variantes de pseudo-athéisme versent dans une détestable idolâtrie sans une once de spiritualité...

Edition du 5 juin 2008 :

- Une découverte récente que j'ai faite il y a peu : le Ietsisme : "Iets" veut dire "Quelque chose" en néérlandais. Et en effet, aux Pays-Bas, il semblerait qu'une très forte proportion de gens confient "croire en quelque chose dont ils ne savent rien". Même dans nos contrées, on aura remarqué que beaucoup de gens (prenant en général un air très sérieux et concerné pour le dire) concèdent : "moi, je pense qu'il y a quelque chose, mais je ne sais pas trop quoi" ou "il doit bien y avoir quelque chose", etc. Mais au Pays-Bas, il semblerait que ce phénomène soit particulièrement répandu. Et surtout, certaines personnes ont choisi de se qualifier elles-mêmes de Ietsiste. Mais finalement, des gens qui pensent qu'il n'y a rien, est-ce que ça existe vraiment ? Eh bien oui, il y en a quelques-uns pour qui seules les apparences existent, ou tout n'est qu'illusion. Mais certes, il faut bien concéder qu'ils ne sont guère nombreux. Et même de nombreux athées sont finalement Iestistes : ils croient en quelque chose, ne serait-ce qu'en la matière ou la nature, quand bien même elles n'ont pas (encore ?) révélées tous leurs secrets... Alors, Iestisme, la religion des temps modernes, ou une façon sophistiquée de désigner par un mot compliqué une réalité toute simple ?... En tout cas si vous voulez en savoir plus, vous pouvez jeter un oeil ici :
http://en.wikipedia.org/wiki/Ietsism

Miky

publié dans : Examen Critique des Religions par Miky
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Dimanche 5 mars 2006

L'athéisme a souvent eu mauvaise presse. Dans les temps anciens, il pouvait même être condamné par la "Très Sainte" Inquisition à des peines allant souvent jusqu'à la mort sur le bûcher. De nos jours, il est encore difficile d'avouer son athéisme dans certains milieux. On l'accuse de différents maux : immoralité, fermeture d'esprit, aggressivité, voire même satanisme !

Pourtant, j'ose l'affirmer : quoi de plus naturel que d'être athée ? On considère souvent que l'athéisme est une négation de l'existence de Dieu, une croyance en son inexistence. Cependant, cela n'est pas systématique. Etymologiquement, l'athéisme est une absence (a privatif) de théisme (croyance en un Dieu personnel et providentiel). Ce n'est donc pas une croyance particulière, c'est l'absence d'une certaine croyance particulière (la croyance en un Dieu personnel et providentiel) parmi l'ensemble des croyances que tout un chacun entretient (même s'il existe des gens qui croient n'avoir aucune croyance). En ce sens, tout le monde nait athée, puisqu'un nourrisson n'a évidemment pas de croyance en Dieu (il n'a pas même la possibilité de se former ce concept).

Si certains restent athées ou le (re)deviennent, c'est simplement parce qu'ils ne trouvent pas de motifs ou motivations (rationnelles ou, osons le reconnaître, émotionnelles également) suffisantes pour y croire ou parce qu'ils trouvent des motifs ou motivations (rationnelles ou, osons le reconnaître, émotionnelles également) pour ne pas y croire. Cet athéisme explicite doit bien sûr être contrasté avec le cas où une personne reste athée car elle ne s'est jamais posé la question de l'existence d'une ou plusieurs divinités voire le cas encore plus rare où cette personne est restée dans l'ignorance même de ce concept. Ces deux dernières façons d'être athée ne sont bien sûr pas les plus reluisantes, mais il s'agit bien d'athéisme également (absence de croyance en un Dieu personnel et providentiel), de l'athéisme implicite.

Notons que l'athéisme n'est pas, strictement parlant, ce que l'on pourrait appeler l'adéisme, à moins de considérer le déisme comme une variante du théisme, ce qui, à mon avis, n'est pas forcément correct.

Il y a un autre sens à parler d'athéisme. C'est le sens plus populaire de croyance en l'inexistence de Dieu (ou du moins du Dieu du théisme). Il serait sans doute plus correct de parler d'antithéisme, car il y a autant de différences entre le théisme et l'athéisme (au sens étymologique) qu'entre l'athéisme (au sens étymologique) et l'athéisme (au sens populaire). Toutefois, le terme d'antithéisme est souvent employé pour désigner une attitude hostile à la croyance en Dieu, vue comme non seulement catégoriquement erronée mais aussi comme destructrice. Toutefois, on peut croire que Dieu n'existe pas, sans pour autant adopter une attitude d'hostilité envers la croyance en Dieu. L'usage a donc consacré le terme d'athéisme pour définir la croyance en l'inexistence de Dieu (sous sa variante théiste). Et pour éviter la confusion avec la simple absence de croyance en l'existence de Dieu (sous sa variante théiste), on précise parfois : athéisme fort ou positif (croyance en l'inexistence du Dieu théiste) vs athéisme faible ou négatif (non-croyance en l'existence du Dieu théiste). On ne naît pas athée positif mais on le devient. Il s'agit donc nécessairement d'une forme explicite d'athéisme. De même que pour l'athéisme faible, l'athéisme fort est en principe compatible avec le déisme.

Je sais que certaines personnes seront choquées de lire que l'athéisme, a fortiori positif, est compatible avec le déisme. On est athée positif parce que l'on a des motifs ou motivations (rationnelles ou, osons le reconnaître, émotionnelles également) de croire que Dieu (sous sa variante théiste) n'existe pas. Or, le théisme est une croyance au moins en partie métaphysique. On peut trouver de bonnes raisons de croire que certaines conceptions théistes de Dieu sont fausses (par exemple un Dieu omniscient, omnipotent et omnibénévolent), mais non pas que toutes les conceptions théistes de Dieu sont fausses (par exemple, un Dieu qui a créé le monde de manière à ce que rien dans le monde n'indique sa présence pourrait exister). C'est un pur acte de foi, à moins de supposer que les motifs humains de croire ont une portée métaphysique, c'est-à-dire que l'entendement humain peut décider de ce qu'est le réel en soi. Or c'est aussi un acte de foi. La raison elle-même nous conduit à penser que les capacités humaines à former des croyances (raison humaine y compris) sont garanties dans leur valeur adaptative (voir le néodarwinisme) et non pas dans leur valeur épistémique. Croire que le Dieu théiste n'existe pas revient à croire que l'entendement humain peut accéder à la réalité ultime, et qu'il est donc lui-même un absolu. Autrement dit, l'athéisme explicite remplace la religion du Dieu théiste par la religion de l'humanité. Cependant, l'athéisme positif pourrait être correct, mais s'il est correct, ce n'est pas sur la base d'une démarche scientifique qu'il peut être justifié, mais sur la base d'une croyance scientiste.

Dans ce tableau, qu'en est-il de l'agnosticisme ? L'agnosticisme est souvent associé à l'athéisme faible. En fait, athéisme et agnosticisme ne jouent pas sur le même terrain. Le théisme, le déisme, l'athéisme faible et l'athéisme fort portent sur l'existence ou non de Dieu et sur ses caractéristiques. L'agnosticisme porte quant à lui sur la possibilité de résoudre les questions métaphysiques. L'agnostique ne croit pas que l'être humain ait la capacité de connaître le transcendant, ni même de savoir s'il existe quelque chose par-delà le monde des phénomènes (version faible, négative) ou bien il croit que les questions métaphysiques sont insolubles par l'être humain (version forte, positive). Contrairement à l'opinion courante, il me semble que l'agnosticisme est compatible avec l'athéisme fort. On peut croire que le Dieu théiste n'existe pas, tout en reconnaissant que cette croyance n'a pas qualité de savoir. La position selon laquelle l'être humain peut atteindre une connaissance métaphysique ou transcendante est parfois qualifiée de gnosticisme, mais le terme prête à confusion car il désigne également une secte chrétienne des premiers siècles. C'est toutefois par opposition au gnosticisme chrétien que Thomas Huxley forgea le terme d'agnosticisme. Il voulait, dit-il que ce terme soit  "l'antithèse évocatrice du 'gnostique' dans l'histoire de l'Église, qui professait en savoir tant sur les choses mêmes à propos desquelles j'étais ignorant…".

En conclusion, on peut avoir :

- un théisme gnostique : je crois que Dieu existe et qu'on peut le savoir et connaître sa nature.

- un athéisme faible gnostique : je ne crois pas que Dieu existe, mais je crois que l'on peut savoir s'il existe ou non.

- un athéisme fort gnostique : je crois que Dieu n'existe pas et qu'on peut le savoir.

- un déisme gnostique : je crois qu'un Dieu impersonnel et/ou non-providentiel existe et que l'on peut le savoir.

- un théisme agnostique faible : je crois que Dieu existe mais je ne crois pas que l'on puisse le connaître et savoir qu'il existe.

- un athéisme faible agnostique faible : je ne crois pas que Dieu existe et que l'on puisse savoir s'il existe ou non.

- un athéisme fort agnostique faible: je crois que Dieu n'existe pas mais je ne crois pas que l'on puisse le savoir.

- un déisme agnostique faible : je crois qu'un Dieu impersonnel et/ou non-providentiel existe mais je ne crois pas que l'on puisse le savoir.

- un théisme agnostique fort : je crois que Dieu existe, qu'il est inconnaissable et que l'on ne peut pas savoir qu'il existe.

- un athéisme faible agnostique fort : je ne crois pas que Dieu existe, mais je crois que l'on ne peut pas savoir s'il existe ou non.

- un athéisme fort agnostique fort : je crois que Dieu n'existe pas et que l'on ne peut pas le savoir.

- un déisme agnostique fort : je crois qu'un Dieu impersonnel et/ou non-providentiel existe et que l'on ne peut pas le savoir.

Ma position personnelle est avant tout agnostique faible. Je ne pense pas qu'une éventuelle réalité transcendante soit accessible à l'esprit humain, et donc que l'on puisse savoir si l'hypothèse métaphysique de Dieu est correcte ou non. Ensuite, concernant l'existence de Dieu, je me reconnais principalement dans l'athéisme faible : je ne crois pas que Dieu existe. Mais j'ai quelques hésitations. Un soupçon de déisme et même de théisme (dysthéisme, process theism et open theism) viennent troubler la pureté de mon athéisme faible. Inversement, je manifeste un fort athéisme vis-à-vis du Dieu du théisme classique (omniscient, omnipotent, omnibénévolent).

Miky

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Mardi 28 février 2006

Qu'est-ce que le théisme ? Le terme vient du grec theos qui signifie "dieu". Il s'agit de la croyance en un dieu :

- personnel : un dieu qui dispose d'une conscience de soi, d'un libre-arbitre, d'une volonté propre, dont l'action est tirée par des buts, une finalité, un objet, etc. extérieur à lui-même ;

- providentiel : qui agit dans le monde voire interragit avec lui, d'une manière en principe observable (miracles).

A travers le théisme, on peut distinguer différents courants. Un des principaux est le théisme classique. Selon le théisme classique (grosso modo la vision judéo-islamo-chrétienne traditionnelle), Dieu possède au moins 3 attributs essentiels :

- infinie bonté (omnibénévolence)

- infinie pouvoir (omnipotence)

- infinie connaissance (omniscience)

Le théisme classique bute contre un problème épineux : si Dieu est omniscient, alors Dieu sait que le mal existe dans le monde, si Dieu est omnipotent, alors Dieu peut éradiquer le mal, si Dieu est omnibénévolent, alors Dieu veut éradiquer le mal. Par conséquent, si le Dieu du théisme classique existe, alors le mal ne devrait pas exister. Or le mal existe, donc le Dieu du théisme classique n'existe pas.

Evidemment, les tenants du théisme classique ne se laissent pas démonter par ce raisonnement simple et implacable qui n'avait d'ailleurs pas manqué de les interroger. Comme le note Michel Onfray (Traité d'Athéologie, 2005), "Les théistes ont fort à faire en contorsions métaphysiques pour justifier le mal sur la planète tout en affirmant l'existence d'un Dieu à qui rien n'échappe.
Les déistes paraissent moins aveugles, les athées semblent plus lucides."
Les réponses apportées par les théistes - du moins les théistes classiques - malheureusement, sont toutes - je dis bien toutes - insatisfaisantes, et j'espère réussir à le démontrer dans cet article.

L'argument est fort simple en fait. Mais avant de l'exposer, il convient de bien s'entendre sur la signification des termes de "bonté" et d'"amour". Il convient aussi de justifier cette signification au regard de considérations sur la formation des concepts. Pour celà, nous ferons un petit détour par Wittgenstein. Pour le philosophe autrichien, le sens d'un mot réside dans son usage dans des contextes ordinaires car c'est ainsi que l'on apprend la signification des termes du langage, en les utilisant dans un certain nombre de situation. Le grand tort de la philosophie - en fait il s'agit surtout de la métaphysique - est d'utiliser les termes du langage ordinaire dans des situations où leur sens habituel n'opère plus, mais de faire comme si de rien n'était, comme si ce sens continuait de s'appliquer en dehors des limites qui le définisse.

Un exemple éclairera mon propos. Dans Le Cahier bleu et le Cahier brun, Wittgenstein nous propose une expérience de pensée :

"Imaginons un homme qui, les jours pairs, ne se souvient que des événements des jours pairs de sa vie, oblitérant entièrement ce qui s’est passé les jours impairs. Par ailleurs, les jours impairs, il se souvient de ce qui s’est passé les jours impairs précédents ; mais sa mémoire oblitère alors les jours pairs, sans qu’il y ait un sentiment de discontinuité. Si nous le désirons, nous pouvons également admettre qu’il présente une apparence et des caractéristiques différentes les jours pairs et les jours impairs. Devons-nous pour autant dire que deux personnes habitent le même corps ? A savoir, est-il juste de dire qu’il y en a deux et faux de le refuser, ou vice versa ? Ni l’un ni l’autre. Car l’usage ordinaire du mot 'personne' est ce qu’on pourrait appeler un usage composite, convenant aux circonstances ordinaires."

Or ce qui est vrai du concept de "personne" est généralisable à tous les concepts que nous employons. Dans le cas qui nous occupe, le concept de "bonté" ou d'"amour" est construit sur la base d'énoncés paradigmatiques contenant ces notions. Des énoncés tels que : "Aider quelqu'un dans le besoin est un acte bon" ou "Quand on aime, on ne compte pas".

La métaphysique ne fait pas que vider les concepts de leur sens ordinaire, elle néglige souvent de redéfinir ce sens. C'est ce qui se passe, à mon avis, avec le concept de "bonté" ou d'"amour" lorsqu'on les utilise pour qualifier Dieu.

Il est manifeste que le sens de ces mots ne peut pas être le sens habituel. Dans le sens habituel du mot "amour", on dira que si une mère aime son enfant, cela veut dire que, par exemple, elle le sauvera de la noyade au péril de sa propre vie, si cela est nécessaire. Or, il arrive que des gens se noient et si Dieu est tout-puissant et omniscient, il pourrait les sauver de la noyade facilement. Comme il ne le fait pas, c'est donc qu'il ne les aime pas. C'est aussi simple que cela. Il ne les aime pas, du moins au sens ordinaire du verbe "aimer". En effet, supposons qu'une personne soucieuse du problème de la faim dans le monde trouve un génie dans une lampe. Le génie lui dit : "Si tu le souhaites, je peux faire en sorte que tout le monde sur terre ait son pain quotidien pour survivre". Si cette personne ne saisit pas cette opportunité pour supprimer le problème de la faim, peut-on vraiment dire qu'elle s'en soucie ? Or, non seulement tout le monde n'a pas de quoi manger, mais encore : tout le monde n'a pas de toit pour dormir, de famille pour l'aimer, de foyer pour se chauffer, etc. Si vraiment, une personne (le Dieu classique) existait qui puisse subvenir à ces besoins mais qui ne le fait pas, même malgré de nombreuses prières, comment peut-on considérer cette personne comme soucieuse par rapport à ces différentes choses ?

Une solution pourrait s'offrir au partisan du théisme classique. Cela serait de définir un nouveau concept d'amour qui n'inclu pas, par exemple, que l'on sauve des gens de la noyade si on peut les sauver, etc. Mais une nouvelle difficulté surgie, puisque le comportement moral que l'Eglise attend de ses fidèles inclu l'amour, au sens ordinaire du terme cette fois-ci. Un être humain qui manquerait d'en sauver un autre de la noyade s'il en avait la capacité serait très justement jugé dépourvu d'amour. Cela pose d'autant plus de problème que la pratique de l'amour, au sens ordinaire du terme, est tenue pour rapprocher de Dieu, dont l'amour, à tout le moins, ne répond pas aux critères standards.

Le théisme classique est donc réfuté. Il reste néanmoins au moins deux façons d'être théiste que nous évoquerons rapidement :

- Le dysthéisme : La plupart des grandes religions sont euthéistes, c'est-à-dire qu'elles admettent une bonté et un amour divin plus ou moins étendus, mais au moins très grands. Pour le dysthéisme, cependant, Dieu n'est pas bon, ce qui ne veut pas dire qu'il est nécessairement mauvais, il peut être aussi tout simplement indifférent, ou avoir ses "sautes d'humeur" : bon de temps en temps ou avec certaines personnes (celles prêtent à tout sacrifier pour le suivre ?), mauvais de temps en temps ou avec d'autres personnes. Dieu est peut-être une entitée intelligente vivant dans un univers qui englobe le nôtre et qui s'amuse bien innocemment avec un jeu informatique perfectionné type "les Sims" sans avoir conscience des ravages qu'il cause ou n'empêche pas. Dieu est peut-être une propriété émergeante de l'ensemble des consciences interconnectées. En ce cas, il est, pour chacun d'entre nous, ce que nous sommes pour chacune de nos cellules. Or, a-t-on des scrupules à en tuer plusieurs à chaque fois que l'on se gratte ? (cela pourrait expliquer les métaphores liées au corps que l'on retrouve dans les Evangiles, ainsi que la nécessité de vivre en bonne intelligence, afin de ne pas engendrer de "cancer social" qui, en affectant directement Dieu, nous affecterait indirectement : même si nous n'hésitons pas à en sacrifier plusieurs chaque jour, nos cellules ont tout "intérêt" de nous maintenir en vie en coopérant, car la désorganisation cellulaire consécutive à notre mort les condamne toutes à brève échéance).

- L'open theism : Par open theism, il faut entendre une théologie qui limite la puissance et/ou la science de Dieu. Il ne peut pas tout faire et ne sait pas tout, voire il ne peut rien faire et ne sait rien ou pas grand'chose. Ainsi, après Auchwitz, le théologien juif Hans Jonas déclara que Dieu est devenu impuissant. Cette vision des choses se marie bien avec une conception assez novatrice de la divinité, bien qu'elle remonte quand même à Pierre Theillard de Chardin et son point Oméga, ainsi qu'à Alfred North Whitehead également : la Théologie du Process ou Process Theism. Selon ce scénario, Dieu n'est pas un souverain extracosmique qui surplombe de haut sa création, c'est un Dieu du devenir qui se manifeste sous la forme d'un dynamisme créateur qui ne peut rien imposer mais peut seulement ouvrir des possibles qu'il revient à l'homme d'explorer. Dieu est comparé à un potier qui modèle son argile, lequel lui impose une résistance. Dieu ne peut pas tout faire d'un seul coup, il a besoin de prendre du temps, et il ne créé pas tout ex nihilo mais apprivoise et transforme un substrat préexistant et imparfait, la matière, jusqu'à ce qu'il arrive au résultat voulu. Par sa vision particulière du divin, le Process Theism est aussi, souvent, un panenthéisme (Dieu imprègne le monde mais s'en distingue).

Notons pour finir que open theism et dysthéisme ne sont pas exclusifs. Dieu pourrait être à la fois impuissant ou du moins pas tout puissant et en même temps ne pas être bon, ou être capricieux.

Miky

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Dimanche 26 février 2006
Cet article est une traduction personnelle d'un article intitulé "Argument from Religious Experience: Do We Experience God's Existence", paru sur le web à l'adresse suivante :
http://atheism.about.com/od/argumentsforgod/a/religexperience.htm



Selon l'Argument par l'Expérience Religieuse, les gens ont des "expériences religieuses"
- des expériences du surnaturel, comme du Ciel ou des anges ou même d'un dieu. Puisque nous croyons les autres affirmations concernant les expériences que font les gens - comme par exemple qu'ils ont été au magasin ou qu'ils possèdent une voiture - alors nous devrions tout autant croire ces affirmations. Il est aussi soutenu que lorsque les sceptiques appliquent des plus hauts standards de preuve pour les affirmations basées sur les expériences religieuses que pour les affirmations basées sur d'autres expériences, ils manifestent un préjugé envers les affirmations religieuses. Ce qui les empêchent de comprendre et ultimement de croire.

Williams James offre une version classique de cet argument dans son influant Variétés de l'Expérience Religieuse. Il soutient que toutes les personnes normales ont des expériences religieuses et, puisque l'expérience est l'arbitre final de la vérité, alors Dieu
- comme objet des expériences religieuses - doit être accepté comme vérité factuelle. James observe de plus que les expériences religieuses en question tendent à avoir un effet profond sur la vie des gens et même de sociétés entières, ce qui implique que de tels effets ne peuvent pas être raisonnablement attribués à des hallucinations. Par exemple, il est beaucoup plus raisonnable de croire qu'un Dieu réel est responsable des expériences religieuses que d'attribuer les profonds effets de ces expériences à un simple être imaginaire.

Le premier problème est dans l'affirmation de James selon laquelle "toutes les personnes normales" ont des "expériences religieuses". Ce qu'il veut dire par là n'est pas clair, mais c'est une affirmation beaucoup plus facile à faire qu'à appuyer. S'il parle d'expériences du surnaturel
- dieux, anges, etc. - alors il se trompe. S'il veut dire quelque chose de beaucoup plus vague comme que tout le monde a expérimenté un certain effroi mêlé de respect et d'admiration à la contemplation de l'univers, alors il se pourrait bien qu'il ait raison mais alors il ne soutient pas son affirmation.


Le second problème réside dans la variété des expériences religieuses : s'il n'existe juste qu'un Dieu, pourquoi y a-t-il une si grande variété dans les rapports d'expériences religieuses ? En effet, ils sont mutuellement incompatible. Ils ne peuvent pas tous être vrais, donc au moins certains doivent être faux. Comment les différencier ? Quelles raisons le croyant religieux peut-il donner pour accepter ses propres rapports, parmi ceux faits par les autres ?


Il n'y a pas de critère indépendant qui puisse être utilisé pour séparer les expériences véritables et authentiques des expériences fausses et défectueuses
- pas seulement dans les rapports des autres, mais dans les siens propres. Le seul critère qui pourrait exister relevrait de la validité de certains systèmes religieux. Par exemple, certains défendent qu'une expérience religieuse qui n'est pas en accord avec la Bible est fausse ou défectueuse - mais puisque cela revient ultimement à supposer la vérité de ce qui est supposé être prouvé, un tel critère est inacceptable.


Le troisième problème est dans l'idée que les profonds effets que ces expériences engendrent sont des bons indicateurs de leur vérité. Nous pouvons concéder que les gens ont certaines sortes d'expériences et nous pouvons certainement concéder que ces expériences ont un profond effet ; mais cela signifie-t-il pour autant que nous devons accepter le contenu rapporté de ces expériences
- qu'elles étaient d'une nature surnaturelle ? Non.


Les expériences réelles qui ont un impact profond sur une personne peuvent avoir des origines complétement naturelles sans aucune connexion divine. Les expériences mystiques peuvent être reproduites chez quiconque, avec des substances chimiques et des équipements mécaniques. Cela étant établi, quelle raison y a-t-il à penser que les autres rapports relèvent vraiment d'une cause surnaturelle plutôt que naturelle ? Si au moins quelques-unes  des expériences religieuses alléguées sont pleinement naturelles, comment les séparer de celles qui seraient - véritablement - surnaturelles ? Même si une expérience change le cours d'une société, cela ne prouve pas que ces expériences ont une origine surnaturelle. Au plus, cela pourrait rendre compte du degré de persuasion des croyants ou de l'attrait pour ces affirmations.


Certains, tel Richard Swineburne, soutiennent que le degré pour lequel il semble pour une personne que quelque chose est arrivé devrait être traduit en terme de probabilité que quelque chose est arrivé. Il est vrai que quand les gens disent qu'ils leur semblent qu'une chaise est dans une pièce, alors nous tendons à accepter qu'une chaise est dans la pièce. Il n'est pas vrai, cependant, qu'à chaque fois que quelqu'un croit sincèrement et sérieusement quelque chose, nous devons aussi accepter que c'est probablement vrai, quel que soit ce en quoi il croit.


Nous acceptons seulement cela dans le cas de choses plus mondaines, que nous avons tous expérimenté. Quand quelqu'un dit qu'il lui semble très fortement qu'un elf est dans la pièce, nous n'acceptons pas qu'il y a probablement un elf dans la pièce, n'est-ce pas ? Même si nous acceptons l'argument de Swineburne, nous devons aussi accepter que lorsque les gens essayent d'avoir une expérience d'un dieu et échoue, c'est une bonne raison de croire que ce dieu
n'existe probablement pas. Après tout, cela serait faire preuve de préjugés que d'écarter les expériences des non-croyants mais de privilégier les expériences de ceux qui croient déjà.

 


 

Sur un sujet similaire, je conseille également la lecture de : http://www.sceptiques.qc.ca/SD/testimon.html

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Vendredi 24 février 2006

Salut,

 

J'ai été voir "Reefer Madness" jeudi en avant-première au Caméo et j'ai vraiment adoré ! Franchement, je le conseille très fortement. Il s'agit en fait d'une comédie musicale "trash" critiquant de manière acerbe et caustique la société américaine : sa pudibonderie, son puritanisme, sa "chasse aux sorcières", son intolérance, son fondamentalisme religieux, sa mièvrerie fadasse, etc. Prétexte est pris d'une lutte préventive contre les méfaits de la Marijuana (la Marie-Jane) dans les Etats-Unis de 1936, mais en vérité, plusieurs aspects de l'idéologie républicaine-évangéliste-bushiste sont passés à la moulinette de la dérision, de l'humour noir et du sarcasme. Avec même un soupçon de "gore" du plus bel effet à la fin, mais je n'en dit pas plus... Notons pour les amateurs une prestation scénique élégante lors des passages dansés.

Miky

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