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Bonjour et bienvenue !

Le principal but de ce blog est de faire la promotion et le développement d'une démarche sceptique de recherche qui se veut un peu différente de ce que l'on entend communément par scepticisme ou zététique sans pour autant désavouer ces approches dans leurs principes et leurs acquis. Essentiellement, il s'agira ici d'adopter une perspective qui à la fois dépasse et englobe le scepticisme contemporain, le faisant reposer, contrairement à l'habitude et même un peu paradoxalement, sur une attitude épistémologique de confiance dans nos capacités à connaître le réel et dans le témoignage humain. J'entends aussi être constructif et non pas simplement critique, et aborder des domaines traditionnellement négligés par le mouvement sceptique actuel, comme les croyances religieuses, morales, métaphysiques, surnaturelles...
Ainsi, on trouvera ici, entre autres, des réflexions sur l'éthique et les moeurs, des articles concernant l'identité personnelle et la question de la survie, une critique des religions, mais aussi une recherche raisonnée d'alternatives aux religions qui, d'une manière ou d'une autre, s'opposent à une saine morale et à une saine connaissance.
Pour plus de renseignements sur l'esprit qui anime ce blog.

 
Annonce de recherche d'emploi :
 
 

Je cherche du travail dans la recherche fondamentale ou appliquée (Post-Doc, ATER, ou mieux : poste d'ITARF, voire à moyen-terme : Chargé de Recherche ou Maître de Conférence [sections CNU 17 et/ou 72]), au sein d'une équipe conviviale, et dans un domaine interdisciplinaire en rapport avec l'un au moins des grands domaines suivants :

   

1°) Philosophie de l'esprit et des sciences cognitives.

2°) Epistémologie des croyances religieuses, métaphysiques et surnaturelles.

3°) Ethique normative et des pratiques corporelles, méta-éthique. 

4°) Psychobiologie de l'épistémologie et de l'éthique. 

 

Je suis plus particulièrement intéressé (surtout pour les postes non-titulaires ou en CDD) par des opportunités en France, en Belgique ou dans le Grand Duché du Luxembourg, et situées dans un rayon de ~60 km ou de ~45 min en automobile autour de Nancy (54), Longwy (54), Dijon (21) ou Bertrambois (54). Mais je reste ouvert à toute proposition.

 

Si vous avez quelque chose à me proposer, vous pouvez consulter mon CV en ligne et me contacter par e-mail.


Accès rapides :
Vendredi 22 décembre 2006

Un peu de promotion pour ma thèse de philosophie, soutenue à Nancy le 6 novembre 2006 sous la direction du Professeur Roger Pouivet, et qui porte sur le sujet suivant : Ontologie, Sciences Cognitives et Identité Personnelle. J'adhère encore très largement à l'approche et aux conclusions de mon travail, même s'il n'est pas sans imperfections sur lesquelles il me faudra revenir à l'occasion. Il faut dire que mon entrée dans la philosophie est récente (j'ai d'abord validé une formation de niveau Bac+3 en biologie/géologie, puis de niveau Bac+5 en sciences cognitives/neuropsychologie). Le sujet est par ailleurs assez complexe et, n'ayant pas pu avoir de financements pour effectuer ma thèse, je me suis imposé des limites en temps pour la terminer. Merci, donc, pour votre indulgence...

Vous trouverez en ligne la notice de la thèse à l'adresse suivante :

http://cyberdoc.univ-nancy2.fr/THESE/Recherche/fic_aff.php?page_rap=%2FTHESE%2FRecherche%2Ffic_liste.php%3Fniveau%3D0&cadre_rap=CdListe0&no_fiche=234

Et pour un accès direct à la thèse (format PDF), c'est ici :

http://cyberdoc.univ-nancy2.fr/THESE/htdocs/docs_ouvert/doc234/2006NAN21012.pdf

Addendum du 22 mars 2007 : Enfin, le rapport de jury est téléchargeable ici (sous la forme d'un fichier ZIP à décompresser avec un logiciel tel QuickZip) :

http://mugneret.club.fr/professionnel/Rapport.zip

 

Je viens de déccouvrir que Mickaël Simon, le webmaster du blog Varia consacré à la philosophie, m'a fait l'honneur d'un billet référençant ma thèse :

http://www.zulio.org/journal/2006/12/24/ontologie-sciences-cognitives-et-identite-personnelle

Mille mercis !

publié dans : Identité Personnelle et Survie par Miky
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Dimanche 17 décembre 2006
Un ami professeur agrégé de philosophie m'a fait connaître cette croustillante citation de Bertrand Russell que je me permets de partager avec vous :


« On nous dit que la vie organique s'est développée progressivement du protozoaire au philosophe et l'on nous assure que ce développement est incontestablement un progrès.  Malheureusement, c'est le philosophe et pas le protozoaire qui nous le dit »



Avec un petit clin d'oeil amical à Matthieu ;-)
publié dans : Divers par Miky
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Vendredi 8 décembre 2006

Il se peut que vous ayez entendu l’histoire véridique d’un étudiant en philosophie qui a rédigé un rapport de recherche pour démontrer qu’il n’existe aucun principe moral objectif ou absolu. Or, en matière de recherche, de bourse d’études, de documentation et d’argumentation, le rapport méritait tout au moins un “ A ”. Mais après y avoir jeté un seul coup d’œil, le professeur a inscrit au feutre rouge : “ "F". Je n’aime pas les couvertures bleues. ”.

 

 À la réception de son rapport, l’étudiant est entré en trombe dans le bureau du professeur et s’est écrié : “ C’est injuste. Ce n’est pas équitable. On ne devrait pas m’évaluer selon la couleur de la couverture, mais selon le contenu du rapport. ”

 

Le professeur a alors demandé à l’étudiant s’il faisait allusion au rapport prétendant qu’il n’existe aucun principe moral objectif, comme l’équité et la justice. Question à laquelle l’étudiant a répondu : “ Oui, oui, c’est bien celui-là ! ” À cela, le professeur a rétorqué : “ Eh bien, je n’aime pas les couvertures bleues. La note restera donc "F". ”

 

C’est alors que l’étudiant s’est rendu compte qu’il croyait véritablement aux principes moraux objectifs, comme l’équité et la justice, et qu’il s’attendait à ce qu’on les applique sur-le-champ à sa situation.

C'est ainsi que commence un article de Michael Horner, paru sur le site Ilyaplus et intitulé "Le bien et le mal existe-t-il ?" (Réf. : http://www.ilyaplus.com/spiritualite/relativisme.html). Je ne suis pas d'accord avec les conclusions théologiques de l'auteur (il me semble que l'existence de Dieu ne suffit pas à constituer un fondement ontologique à l'éthique, qu'elle pose problème pour cette même éthique et que d'autres et meilleures solutions existent). Néanmoins, je reconnais que l'article est fort intéressant par ailleurs, en ce qu'il montre bien en quoi le relativisme moral est une position difficilement tenable. Je conseille chaudement la lecture de la première moitié (disons jusqu'à l'intertitre intitulé "Les Fondements" voire jusqu'à celui intitulé "L'éthique sans Dieu ?"). Le reste n'est pas inintéressant pour autant et a le mérite d'éviter le pugilat des positions adverses, tout en faisant un effort appréciable d'argumentation et de prise en compte des objections. Je diverge toutefois d'avec l'auteur dans cette seconde partie.

publié dans : Ethique, Morale et Questions de Moeurs par Miky
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Samedi 25 novembre 2006
En réponse, notamment, à une très ancienne demande de Matthieu, je vous livre enfin (sous un titre volontairement mais gentiment un tantinet provocateur), quelques éléments un peu plus autobiographiques, relativement à ma perte de la Foi, qui fut à une époque l'acquisition d'une Foi nouvelle, négative. De même que certains font parfois, dit-on, l'expérience de la présence de Dieu, je fis en quelque sorte, pour ma part, l'expérience de son absence. Comme toutes les expériences subjectives, elle vaut ce qu'elle vaut, c'est-à-dire pas grand'chose, mais elle fut le déclencheur d'une reconceptualisation de l'ensemble du réel d'où Dieu était exclu. Avec du recul, je prend conscience de la relativité intrinsèque de toute vision métaphysique du monde, et me suis sagement installé dans un agnosticisme teinté de panthéisme, d'humanisme et de rationalisme. Je reste cependant athée, mais en un sens étroit du terme : Je ne crois pas en un être absolu et anthropomorphique, doué de volonté propre, cause efficiente du monde, et qui interagirait avec lui par des miracles et des prières. Si un tel être existait toutefois, je considère comme définitivement exclu qu'il puisse être à la fois tout-puissant, omniscient et infiniment bon.

Je suis né en 1978 d'une mère protestante croyante et moyennement pratiquante, et d'un père catholique croyant mais peu pratiquant, ayant néanmoins fait le catéchisme, la communion, etc. A son mariage, il s'est converti au protestantisme dont il appréciait l'ouverture d'esprit et la simplicité. Ses idées religieuses, toutefois, ne sont pas très conventionnelles. Il se qualifie lui-même de "libre-penseur chrétien", ce qui devrait résumer à peu près ses positions.

Tout petit j'ai donc été immergé dans cette ambiance religieuse riche et assez contrastée : ma mère a toujours eu des idées plus traditionnelles en matière de morale, tandis que mon père est plus humaniste.

Période protestant traditionnaliste (vers 10-14 ans) :

Vers mes 10 ans, j'ai commencé le catéchisme protestant et à 14 ans j'ai fait ma confirmation. Je garde un bon souvenir de cette période sur un plan religieux. J'embrassais alors pleinement la Foi de ma mère. Je pense que l'on peut dire que j'étais véritablement un "pieux protestant". Ma mère me le disait parfois et m'en complimentait. J'étais limite intransigeant parfois. Me refusant par exemple à sortir avec les filles car je considérais que c'était une faiblesse, du conformisme, de la nian-nianterie, que c'était sale, malsain, inconvenant, immoral.

Période protestant libéral (vers 14-17 ans) :

Pendant au moins 3 ou 4 ans encore, j'ai continué d'être un vrai protestant très croyant. Je cherchais même des arguments pour convaincre mes petits camarades peu ou pas croyants que Dieu existait et qu'il y avait une vie après la mort. Je me suis cependant assoupli au niveau de la morale et de la Foi. J'acceptais (avec quelques hésitations) mon attirance pour les filles, et j'admettais que le protestantisme n'était peut-être pas le détenteur de la Vérité Vraie avec un grand V. Je m'ouvris à d'autres façons de penser : catholicisme, évangélisme, mormonisme, athéisme, spiritisme (la théorie, pas la pratique), etc. J'ai eu la chance d'avoir autour de moi des gens de toutes ces religions ou philosophies ou de lire des ouvrages en parlant. A cette période, j'étais en pleine effervescence spirituelle. Je voulais découvrir et connaître les diverses religions, pour m'enrichir spirituellement. Je voulais les comparer entre elles et en évaluer la pertinence avec mon esprit critique naissant.

Période déiste (vers 17-20 ans) :

Puis ce fut l'époque des doutes. De "ma religion n'est pas la seule vraie" je suis passé à "y en a-t-il une seule qui est vraie ?". Je me suis mis à relativiser le fait religieux. S'il y avait qqch de vrai dans toutes les religions, ce devait être ce qui est commun à toutes : le "divin" et l'immortalité de l'âme. Il devait y avoir moyen de retrouver cela en se basant exclusivement sur la raison et l'expérience. Je suis devenu déiste. Le doute s'installa plus fortement suite à une accumulation répétée de "râteaux" avec des filles qui me plaisaient. Je priais Dieu pour que telle ou telle fille soit sensible à mon charme et accepte - non pas de m'aimer car on ne peut forcer l'amour - mais au moins de sortir avec moi pour qu'elle se rende compte du gars bien que je pensais être derrière ma carapace de timidité et de désespoir. Mes prières ne furent malheureusement pas entendue. Je me mis à sombrer dans un désespoir profond. Qui plus est, mes études (biologie) m'angoissaient énormément, car elles paraissaient réduire les plus hautes sphères de la spiritualité, de la liberté et de l'amour humain à un mécanisme physico-chimique déterministe. En même temps, elles commençaient à me faire ouvrir les yeux d'une autre  manière sur la religion : et si tout cela n'était qu'une vaste fumisterie ? si tous les soi-disants mystiques n'étaient que des victimes de troubles mentaux ? Ma Foi ne tenait plus qu'à un fil. Je priais Dieu pour qu'il me l'affermisse, qu'il m'apporte une preuve de son existence et de son amour, mais c'était le silence total... En même temps, je pris conscience de la souffrance du monde, d'autrui, de la maladie, du chomage, de la vieillesse, de la mort... Tout cela était une preuve accablante que j'avais eu tort jusque là. Il me fallait désormais une preuve absolue, que même les plus radicaux des sceptiques n'auraient pu révoquer en doute. Je me mis alors à rechercher, tel Descartes, un fondement absolu en moi-même, quelque chose d'indubitable, sur lequel j'aurais pu fonder nécessairement ma Foi. Mes efforts furent vains.

Perte de la Foi (vers 20-21 ans)  :

Alors, vers 20-21 ans, dans un utlime élan de rage, je décidai de lancer un ultimatum au "Bon Dieu". Il y avait à cette époque une jeune fille qui me fascinait. Je m'apprétais à tenter une approche. Je me suis dit, et ai dit à "Dieu" : "Si tu existes et que tu m'aimes, fais en sorte qu'elle accepte de sortir avec moi, sinon je renierai ma Foi." Cela peut paraître sacrilège, mais il faut comprendre dans quel état de désespoir psychologique j'étais. Je venais en plus de rater de peu mes examens de juin de licence, et j'étais en pleine remise en question au sujet de mon orientation première. Dieu n'a pas eu la miséricorde de soutenir son enfant. Je l'ai donc rayé de ma vie. Je n'ai pas tout de suite nié catégoriquement son existence. J'ai d'abord considéré qu'il y avait sans doute, puis seulement peut-être, une certaine forme de puissance supérieure, mais froide et indifférente, voire maléfique.

Période athée militant (vers 21-25 ans) :

Ensuite, en poursuivant mes études (finalement, je me suis orienté ensuite vers les sciences cognitives), mon esprit critique s'est davantage aiguisé. J'ai également fait connaissance du mouvement sceptique et zététique, de divers organismes de libre-penseurs, d'athées, d'humanistes, d'agnostiques. J'avais trouvé tout cela d'abord assez intriguant et inquiétant, mais finalement, je suis devenu "plus royaliste que le roi" comme on dit, cherchant à "ouvrir les yeux" des croyants en démontant rationnellement leurs croyances. Je suis devenu très anti-clérical et anti-religions. Pour moi, Dieu n'était que le Père Noël des adultes, et la religion, l'opium du peuple.

Période agnostique "mystique" (depuis mes 25 ans jusqu'à aujourd'hui)  :

Puis je me suis calmé. Le fait de me lancer dans un doctorat en philosophie et de rencontrer ma copine y fût pour quelque chose je pense. J'étais plus serein, alors que je revenais des bas-fonds. Et le développement poursuivi de mon esprit critique eu paradoxalement pour effet de me faire considérer avec plus de réserve certaines de mes anciennes critiques contre la religion. Je me rendis compte aussi que la croyance était quelque chose qui aidait certaines personnes, et que casser gratuitement leurs croyances sans proposer autre chose à la place n'était pas une attitude très morale. Enfin, je découvris avec plaisir l'existence de chrétiens humanistes, libéraux, ni opposés à la contraception, ni opposés au mariage des prêtres ou à l'ordination de femmes, ouverts à la laïcité, à la libre-pensée, au doute, etc., ne voyant pas forcément la main du diable dans tout ce qui sort de la norme en matière notamment de sexualité.
publié dans : Un peu plus sur l'auteur de ce blog par Miky
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Mercredi 22 novembre 2006
Ceux qui ont l'habitude de me lire savent que je ne suis en général pas très tendre avec les religions dites "révélées", en particulier avec l'Eglise Catholique Romaine. Ceux qui penseraient que ma position relève d'une attitude partisane, aveugle et idéologique contre la religion et pour le matérialisme et l'athéisme seront donc d'autant plus surpris d'apprendre mon scepticisme, cette fois-ci, à l'encontre de "mon propre camp"... En effet, j'avoue ne pas bien saisir ce qu'il y aurait de si abominablement anti-laïque dans l'installation prochaine d'une statue de Jean-Paul II à Ploërmel, dans le Morbihan. Je ne dis pas, bien entendu, que je soutiens cette initiative. En fait, elle me laisse assez indifférent (mais bon, en même temps, je n'habite pas Ploërmel... donc peut-être qu'une partie de l'enjeu m'échappe). Examinons de près les arguments des opposants à ce projet :

1°) Jean-Paul II est un pape, or dans un état laïque, la religion doit se cantonner à la sphère privée. Donc la statue de Jean-Paul II est contraire à la laïcité.

L'argument me paraît peu convaincant, et cela pour deux raisons principales :

- Aucune personne ne se réduit à ses croyances ou à son "métier". On peut très bien admettre que c'est à l'homme Karol Wojtyla à qui on rendrait ici hommage, et non pas au chef religieux de l'Eglise Romaine ou au chef de l'Etat de la Cité du Vatican. Bien sûr, on pourrait contre-argumenter que la place sur laquelle sera érigée la statue a été renommée "place Jean-Paul II" et non pas "place Karol Wojtyla", et donc que c'est bien le chef religieux et/ou le chef d'état qu'on commémore. Toutefois, il semble que cela soit une pratique somme toute courante et banal de désigner les gens par leur "pseudonyme" quant elles se font connaître par ce dernier. Ainsi, on ne va pas à un concert de Jean-Philippe Smet mais à un concert de Johnny Halliday. Et même ceux qui (comme moi), y voit un piêtre artiste l'appellent quand même Johnny Halliday, car tout le monde comprend de qui il s'agit. Enfin, on trouve bien des statues de Jeanne d'Arc dont le rapport avec la religion, s'il fut différent de celui de Jean-Paul II, n'en est pas moins essentiel dans sa vie. Et ne parlons pas des différents rois, ainsi même que de Napoléon Ier, qui furent tous légitimés par l'Eglise Romaine. Quant à l'abbé Grégoire, faut-il le retirer du Panthéon ?

- Il y a sphère privée et sphère privée... Ce que dit le principe de laïcité est surtout qu'aucune croyance de nature religieuse ou disons plus généralement idéologique ne peut être imposée à tout le monde, alors qu'elle ne concerne qu'une certaine communauté de personnes partageant une certaine foi que tout le monde n'a pas ou ne peut avoir. Cela ne veut pas dire, me semble-t-il, que les personnes qui ont cette foi ne peuvent pas s'exprimer dans l'espace public voire parler de leur foi en public. Ce qu'il y a juste, c'est qu'elles ne peuvent pas faire pression sur la Société pour la faire changer en s'appuyant sur leur foi. Si on prend par exemple le débat sur l'homosexualité. Les catholiques romains peuvent fort bien trouver l'homosexualité immorale et le dire (et je trouverais intolérable qu'on leur ôte ce droit du moment qu'ils acceptent que l'on exprime l'opinion contraire). Ce qui est gênant, c'est lorsqu'ils prétendent que leur point de vue est rationnellement fondé, sans apporter de vrais arguments, sans accepter le débat, en usant d'ad hominem, en refusant de revoir leurs positions face aux objections valables, etc. Si l'on devait épouser une conception étroite de la sphère privée telle qu'il semble en être question dans l'affaire de Ploërmel, alors soyons logique jusqu'au bout : il faut démolir toutes les églises dont la vue et le bruit des cloches sont une "insupportable entrée de la religion dans la sphère publique"...

2°) Le socle de la statue et sa cérémonie d'inauguration sera financée en partie par des fonds publics.

Soyons logiques jusqu'au bout : combien de choses avec lesquels on n'est pas forcément d'accord sont financées par des fonds publics ? Plein. En ce qui me concerne il y a : les églises suffisamment anciennes pour qu'on ait décidé arbitrairement qu'elles faisaient partie du patrimoine historique, les matchs de foot, la police qui pourtant ne prend pas toujours la peine de se déplacer lorsqu'on a besoin d'elle, les gouvernements de droite alors que je vote à gauche, etc. N'oublions pas aussi que l'Alsace-Moselle "jouit" d'un régime d'exception concordataire et donc que les prêtres, pasteurs et rabbins y sont des fonctionnaires payés par l'état et qu'un enseignement religieux (obligatoire sauf demande explicite de dispense) est donné dans les écoles, collèges et lycées publics... Cela me paraît beaucoup plus génant qu'une statue de Jean-Paul II à Ploërmel... Pourtant, on en parle relativement peu.

Addendum du 24 novembre 2006 :

Il y a, de plus, de bonnes raisons de penser que cette statue pourrait rapporter, au final, de l'argent à la commune de Ploërmel et contribuer à son développement. En effet, elle pourrait engendrer du tourisme ou être le lieu de pélerinages. Dans ce dernier cas, ce serait donc, paradoxalement, des membres de l'Eglise Catholique Romaine qui donneraient de l'argent à l'état laïque (ainsi qu'à toutes sortes de commerces et de services privés mais non-confessionnels : chaînes d'hôtels, restaurants, boutiques, etc.). L'argent des contribuables qui aurait donc été investi dans un premier temps pour financer le socle et la cérémonie d'inauguration de la statue ne serait donc pas perdu dans la satisfaction des intérêts du seul maire et du clergé local. Il serait rentabilisé dans un second temps au profit de tous. Il pourrait, par exemple, servir à créer des espaces verts, à entretenir les écoles, etc.

3°) Jean-Paul II n'a pas fait que de bonnes choses dans sa vie.

C'est indéniable. Napoléon Ier aussi, et pourtant il a ses statues à son effigie... Faut-il toutes les démonter pour être logique jusqu'au bout ?

4°) La "place Jean-Paul II" s'appelait avant "place Jean Jaurès". On vient de tuer Jean Jaurès une deuxième fois.

Changer le nom d'un lieu pour un autre nom est encore une fois une pratique courante. Ainsi, après l'assasinat du préfet d'Ajaccio Claude Erignac, de nombreuses rues ont été rebaptisées "rue Claude Erignac". A Montreuil, par exemple, il existe une rue Claude Erignac. Elle s'appelait avant rue Saint-Mandé, qui était, d'après quelques infos que j'ai pu trouver, un abbé d'origine bretonne né au VIème siècle. Cet abbé est-il mort une deuxième fois ?

Cela peut sans doute agacer, quand on ne porte pas particulièrement Jean-Paul II dans son coeur, ou lorsqu'on n'adhère pas à ses idées ou à ses actions, qu'il existe une place qui porte son nom ou une statue qui le représente. Il faut toutefois relativiser cet agacement. Je ne suis pas gaulliste, et pourtant je vis très bien avec le fait qu'il existe des rues, des places, des avenues Charles de Gaulle et même des statues du général. Je pourrais dire la même chose pour Napoléon Ier, le général Mangin, etc. Quant aux partisans de l'UMP, boycottent-ils la Bibliothèque François Mitterrand à cause de son nom ?
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Vendredi 27 octobre 2006
Un magnifique poème de Matthew Arnold (1822-1888) que je me propose de vous faire partager, suivi de sa traduction en français par Leyris :





Dover Beach

The Sea of Faith
Was once, too, at the full, and round eart’s shore
Lay like the folds of a bright girdle furl’d.
But now I only hear
Its melancholy, long, withdrawing roar,
Retreating, to the breath
Of the night-wind, down the vast edges drear
And naked stringles of the world.

Ah, love, let us be true
To one another ! for the world, which seems
To lie before us like a land of dreams,
So various, so beautiful, so new,
Hath really neither joy, nor love, nor light,
Nor certitude, nor peace, nor help for pain ;
And we are here as on a darkling plain
Swept with confused alarms of struggle and flight,
Where ignorant armies clash by night.


La plage de Douvres

Celle [la mer], hier, de la Foi
Était haute et faisait à la terre
Une ceinture étincelante de ses plis ;
Mais je n’entends plus aujourd’hui
Que la longue, plaintive et grondeuse rumeur
Qu’en se retirant elle exhale, au vent du soir,
Tout le long des vastes et mornes franges du monde,
Et sur ses galets nus.

Ah mon amour, soyons fidèles
L’un à l’autre : le monde, bien qu’il semble
S’étendre devant nous comme un pays de rêve
Aussi varié que beau et neuf,
Est vraiment sans amour, sans joie et sans lumière,
Sans paix ni certitude, où la douleur est reine.
Nous semblons être au soir tombant sur une plaine
Que traversent les bruits confus de luttes et de débandades
D’armées aveugles qui se heurtent dans la nuit.
publié dans : Divers par Miky
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Vendredi 27 octobre 2006

Ce qui suit est un petit texte que j'ai lu à l'occasion de mes fiançailles. Pour bien en comprendre la pertinence, il me faut en resituer plus précisément le contexte : ma fiancée est une fervente catholique (pas dans la droite ligne vaticane, fort heureusement ! mais plus fervente que beaucoup de catholiques qui ne pratiquent guère que par habitude...) et elle tenait à ce que nos fiançailles soient célébrées par un prêtre et à l'Eglise. Evidemment, moi qui suis agnostique et plus encore anticlérical, je ne voyais pas trop cette idée d'un bon oeil... D'un autre côté, je ne pouvais pas et ne voulait pas la brimer dans l'expression de ses convictions. Que faire ? Il ne me suffisait pas d'avoir l'assurance que je n'aurais pas besoin de prendre d'ostie, de m'incliner, de prier, de réciter un credo ou de lire un passage biblique, car j'aurais pu passer juste pour un tiède, un indifférent, un indécis, etc. ce que je ne suis pas. J'avais les plus grandes craintes de voir mon identité bafouée, incomprise et brimée. Je ne pouvais donc pas me contenter d'être passif. Il me fallait être actif, affirmer mon identité et le sens de ma démarche par rapport à celle de ma fiancée. J'ai donc rédigé ce texte, afin de clairement exprimer mes convictions et éviter tout contresens. C'était à prendre ou à laisser. Après quelques négociations, mon texte fut accepté par ma tendre et chère. Le prêtre ne s'y opposa pas explicitement, malgré une certaine gène. Mais il ne pouvait tout de même pas me refuser le droit et la liberté d'être qui je suis : un mécréant qui n'était là que par amour pour sa fiancée et respect de sa liberté de croire. Ce fut donc ma petite "revanche" : j'eus le plaisir de lire un texte exprimant le doute méthodique, le libéralisme éthique, et l'autonomie de la science, en ce lieu qui dépend d'une Eglise dont les plus hautes autorités (le pape en particulier) s'inscrivent dans la défense d'une certaine certitude prétentieuse, de l'autoritarisme moral et de la science asservie à la théologie...

 

 

Profession de foi d’un agnostique

 

 

 

Par Mikaël [...]

 

 

 

 

 

 

I – DIEU

 

 

 

 

 

 

1. Je ne crois pas que Dieu existe, mais je ne crois pas non plus à son inexistence. Je crois que je ne sais pas et que personne ne peut connaître ce qui dépasse l’entendement et les sens. Je crois que Dieu est plus à venir que déjà là de tout temps. C’est aux Hommes de le créer, de le façonner, de lui donner vie et substance. C’est l’esprit d’un corps dont nous sommes les cellules, encore trop égoïstes et dispersées, pour former un tout harmonieux et développé. Je ne sais pas si Dieu existe, mais s’il n’existe pas, alors il faut l’inventer.

 

 

 

 

 

 

2. Je crois qu’en cette vie, il faut se garder de trop spéculer sur ce que notre esprit ne peut appréhender, et s’appliquer à construire notre espérance dans l’immanence. Naître et renoncer à Connaître, vivre et renoncer à Survivre, mourir sans renoncer au sourire.

 

 

 

 

 

 

3. Je ne crois pas en une Morale austère et ex cathedra, dont le seul fondement serait une tradition millénaire et une infaillibilité auto-proclamée. Je ne crois pas davantage à une licence des mœurs où tout serait permis, sans égard pour personne, ni même pour soi. Je crois au Bonheur universel et à la Liberté de chacun de le construire comme il l’entend. Je crois que la Morale consiste à favoriser et à développer la Liberté pour chacun dans le respect de la Liberté de tous.

 

 

 

 

 

 

II – LE MONDE

 

 

 

 

 

 

4. Je crois en la Raison , ce don de la Nature. Comme nos viscères, elle sert à notre vie, mais il faut connaître ses limites. Que le Réel s’arrête à elle, est peut-être un mythe. Il est possible que le possible dépasse l’imaginable. Le simple et le régulier sont garants d’efficacité, non pas de Vérité.

 

 

 

 

 

 

5. Je crois en l’Expérience, et à l’appel des sens, que nous devons savoir maîtriser, sans pour autant le réprimer. Comme la Raison son alliée, l’Empirie semble découler de l’évolution, et par conséquent, il n’y a aucune raison, pour que de l’Absolu elle nous donne la vision.

 

 

 

 

 

 

6. Je crois en la Nature , je crois en la Matière. Je crois que la Beauté peut jaillir d’un coucher de Soleil en mer. Je crois que les Eglises, les Temples et les Cathédrales, sont de biens beaux monuments, mais qu’aucun d’eux ne surpasse ni n’égale, ce que l’on contemple au Firmament. Je crois au Sacré, à travers le Profane, à la Transcendance , à travers l’Immanence.

 

 

 

 

 

 

III – L’HOMME

 

 

 

 

 

 

7. Je crois que la mort n’est rien pour nous, car ce qu’elle est censée anéantir, l’Ego, n’a jamais véritablement existé. Je crois que notre vie est comme un ruisseau, qui s’écarte provisoirement du fleuve, pour mener une existence individualisée, au terme de laquelle il retourne à sa source, alimentant éventuellement d’autres ruisseaux. Et c’est à la fois la même eau et une eau différente qui s’écoule. Vivre, c’est changer. Ce qui est figé est mort.

 

 

 

 

 

 

8. Je crois que le Présent est Eternel. Le passé est un souvenir présent, le futur une anticipation présente. Je crois que la Vie Eternelle , c’est ici et maintenant. « Si l’on entend par Eternité non la durée infinie mais l’intemporalité, alors il a la Vie Eternelle celui qui vit dans le Présent. Notre vie n’a pas de fin, comme notre champ de vision est sans frontière. » (Wittgenstein, Tractatus Logico-Philosophicus, 6.4311)

 

 

 

 

 

 

9. Je crois en l’Amour. Je crois qu’être, c’est être relié. Je crois que l’Ego est une illusion tenace, qui freine notre ouverture à l’Autre, empêche de se mettre à sa place. C’est pourtant l’altruisme seul qui garantirait notre Immortalité, dans le souvenir, les œuvres, la descendance, toute trace constructive de notre activité. Je crois en la communion des Hommes, manifestation tangible de l’Amour. Elle forme la chair, d’où émerge une conscience supérieure, où nos consciences individuelles, pour leur plus grand Bonheur, viennent fusionner. Je crois en l’Amour et au Salut qu’il nous donne.

 

 

 

 

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Lundi 9 octobre 2006

Je suis prêt à discuter sereinement et en argumentant avec toutes sortes de personnes, même celles qui défendent des positions que je trouve choquantes, et qui sont complétement à l'opposé de mes convictions... Malheureusement, le recul critique et l'ouverture à la contradiction ne sont pas partagés par tous mes interlocuteurs... En témoigne cette tentative (qui tourna court) de dialogue avec Yves Daoudal, directeur de la rédaction du magazine frontiste National-Hebdo, sur son blog, concernant le sujet de l'homosexualité...

Pour la bonne compréhension du débat, je me permet de citer in extenso l'article auquel je répond :

03 octobre 2006

Homophobie

Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Terry Davis, menace de porter devant le comité des ministres l’homophobie du gouvernement polonais.

Il s’agit toujours de l’affaire du limogeage du directeur du centre de formation continue des enseignants, consécutif à l’édition en polonais, par cet organisme, d’une brochure du conseil de l’Europe demandant aux enseignants d’inviter des organisations d’homosexuels pour parler de la « discrimination ».

Terry Davis avait sommé le gouvernement polonais de s’expliquer sur ce « comportement homophobe ». Il vient de recevoir une réponse qui ne le satisfait pas. S’il n’obtient rien de plus, il fera un rapport au comité des ministres pour que les Etats membres se saisissent de ce scandale. Car « les valeurs du Conseil de l’Europe ne sont pas des plats sur un buffet où les gouvernements pourraient piocher à leur guise ».

Ainsi donc, il est homophobe, selon le Conseil de l’Europe, de refuser la promotion de l’homosexualité, particulièrement auprès des enfants.

Les « valeurs » de leur Europe sont décidément de plus en plus répugnantes.

10:15 Publié dans Culture de mort , Dans le monde , Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags: Pologne, culture de mort, Europe

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Commentaires

Bonjour,

Je ne suis pas bien au courant de cette affaire. Ma question portera donc exclusivement sur ce qui ressort de votre article. La brochure du conseil de l'Europe demandait aux enseignants, dites-vous, d'inviter des organisations d'homosexuels pour parler de la discrimination. Or, vous concluez ironiquement : "ainsi donc, il est homophobe, selon le Conseil de l'Europe, de refuser la promotion de la sexualité, particulièrement auprès des enfants."

Anti-discrimination, promotion, ne sautez-vous pas un peu vite du premier au second ? Je ne pense pas que ce soit pareil de lutter contre les discriminations injustes (même l'Eglise Romaine, dans son catéchisme, est contre les discriminations injustes envers les personnes homosexuelles), et de faire la promotion d'un style de vie !

Pour prendre un exemple similaire (enfin il vous apparaîtra probablement similaire, puisque votre église soutient que l'homosexualité est une maladie, ce que je conteste, mais c'est un autre débat) : une association de personnes handicapées en chaise roulante qui viendrait parler de la discrimination aux enfants, ne serait-ce pas une bonne chose ? Y verriez-vous une promotion du "style de vie" handicapé en chaise roulante ? Y verriez-vous, une incitation, pour les enfants, à abandonner l'usage de leurs jambes ? Je suppose que non.

De même, parler de l'homosexualité, afin de faire connaître cette réalité aux jeunes, et leur apprendre le respect des personnes homosexuelles ne m'apparaît pas relever d'une entreprise de promotion de l'homosexualité en tant que telle. Je ne vois pas non plus en quoi elle pourrait rendre homosexuel soi-même. Si on n'a pas en soi les prédispositions génétiques à être attiré par les personnes du même sexe, ce n'est pas la fréquentation de personnes homosexuelles qui va changer cet état de fait. Si on a en soi ces prédispositions, alors elle jouera juste le rôle d'un "révélateur". Mais au sujet de prédispositions homosexuelles éventuelles chez une personne, il y a encore deux cas possibles :

- Ou bien ces prédispositions sont majoritaires ou exclusives (homosexualité proprement dite). En ce cas, la personne concernée n'aurait, de toute manière, pas pu avoir de relations hétérosexuelles pleinement satisfaisantes. Qu'elle entretienne des relations homosexuelles ne crée donc pas (si vous voulez bien me pardonner l'expression) de "déficit d'effectif" chez les hétérosexuels. Et donc, d'un point de vue moral, même catholique romain, je vois mal comment on pourrait lui reprocher de "faire ce qu'elle peut", en matière de relations sexuelles. Je sais que l'Eglise Romaine appelle les homosexuels à la chasteté, mais cela n'est pas possible pour tout le monde. Donc même de ce point de vue, avoir des relations homosexuels n'est pas immoral, si les avoir c'est "faire ce que l'on peut faire de mieux".

- Ou bien ces prédispositions sont minoritaires ou égalitaires avec les prédispositions hétérosexuelles (bisexualité). En ce cas, pour la personne concernée, la découverte de l'aspect homosexuel de son affectivité sera plus une ouverture qu'une limitation. Comprendre : elle pourra se marier et avoir des enfants selon la manière "normale" que vous défendez en tant que catholique romain. En ce cas, je ne vois pas non plus de problèmes moraux majeurs.

Bien cordialement,

Mikaël

Ecrit par : Mikaël | 03 octobre 2006

A Mikaël
Il est remarquable qu’après avoir émis une objection, vous justifiez mon propos en montrant qu’il s’agit très précisément de faire la promotion de l’homosexualité auprès des enfants.
En ce qui concerne l’objection, la comparaison avec des handicapés n’est pas pertinente. La comparaison qu’on pourrait faire serait, par exemple, avec une association de malfaiteurs en exercice. Tout le monde pousserait de hauts cris si des braqueurs de banque étaient invités dans les écoles pour faire part de leur expérience aux enfants et demander qu’on les respecte tels qu’ils sont.
Or il est infiniment moins grave, sur le plan de la morale naturelle la plus élémentaire, de braquer une banque que de pratiquer la sodomie : il est infiniment moins grave de voler des biens matériels que de souiller sa chair et celle des autres par un acte contre nature. Il est infiniment moins grave d’inciter des enfants à voler une banque que de les inciter à devenir homosexuels.
Malheur à celui par qui le scandale arrive. Et celui qui scandalise les enfants, il vaudrait mieux pour lui que lui soit attachée au cou une meule et qu’il soit précipité dans la mer. C’est la parole de Dieu.

Ecrit par : Yves Daoudal | 04 octobre 2006

Rebonjour,

1. Attention : que la fréquentation de personnes homosexuelles puisse être un "révélateur" pour certains n'implique pas qu'il s'agisse de promotion. Prenons votre exemple des malfaiteurs. Il faut distinguer le cas où les malfaiteurs confient : "ben oui, on est comme ça, on n'arrive pas à s'empêcher de braquer des banques, désolé" du cas où ils disent : "ouais c'est cool de braquer une banque les enfants, surtout n'ayez pas de honte à assumer cette tendance si vous l'avez en vous". Ce n'est pas pareil !

2. Ensuite, vous dites qu'il est infiniment moins grave, sur le plan de la moralle naturelle la plus élémentaire, de braquer une banque que de pratiquer la sodomie.

Quelques remarques en vrac :

2.1. Tout d'abord, vous semblez confondre homosexualité et sodomie (= coït anal) : que faites-vous de l'homosexualité féminine ? que faites-vous des homosexuels, même de sexe masculin qui ne pratiquent pas la sodomie ?

2.2. Le qualificatif de "naturelle" que vous apposez à "morale" dans votre propos, me paraît usurpé : d'un point de vue biologique, il est évident que ce sont les rapports hétérosexuels qui perpétuent l'espèce et donc que ce sont les allèles qui incitent à l'hétérosexualité qui seront sélectionnés par l'évolution. Mais : Premièrement, il n'est pas clair que d'un état de fait, l'on soit en droit d'en conclure une norme morale. Sinon les prêtres, dont la contribution à la perpétuation de l'espèce est assez faible, vous en conviendrez, seraient immoraux... Deuxièmement, vous négligez le fait que l'homosexualité a peut-être bien une utilité biologique malgré tout, même si nous ignorons laquelle. Ainsi, chez les abeilles par exemple, il y a bien des ouvirères qui ne sont pas destinées à se reproduire. Malgré tout, leur rôle est essentiel à la survie de l'espèce. Troisièmement, même si l'homosexualité n'est pas morale, pourquoi serait-elle immorale ? Elle pourrait être simplement a-morale, c'est-à-dire, sans aucune valeur morale, qu'elle soit positive ou négative.

2.3. Des homosexuels se font peut-être du mal à eux-mêmes (admettons, pour les besoins de l'argument), mais au moins : ils sont consentants et ne font du mal _qu'à_ eux-mêmes. Par conséquent, à la limite, c'est leur problème s'ils sont homosexuels. En revanche, des malfaiteurs ne font pas du mal qu'à eux-mêmes, ils font principalement du mal aux autres et sans leur consentement. Par conséquent, ce n'est pas simplement leur problème s'ils sont malfaiteurs, c'est aussi _notre_ problème. Admettons que deviez aller d'un point A à un point C. Pour rejoindre le point C, vous pouvez passer par deux chemins : B et B'. B est un chemin emprunté par de nombreux homosexuels mais pas un seul malfaiteur. B' est un chemin emprunté par de nombreux malfaiteurs mais pas un seul homosexuel. Si vous voulez voyager tranquille, quel chemin prendriez-vous ?

2.4. Si se faire du mal à soi-même ("souiller sa chair" pour reprendre votre expression) était plus grave que de voler des biens matériels, alors vous devez admettre que le tabagisme est moralement plus grave que braquer des banques, et même que l'homosexualité (puisque dans le tabagisme passif, il n'y a pas consentement...). L'admettez-vous ?

2.5. S'il est possible de s'accorder sur les conditions d'un "vivre ensemble" harmonieux, il est impossible, pour de nombreux domaines de l'existence personnelle, de s'entendre sur ce qui constitue un bien. En effet, bien que nous ayons tous grosso modo les mêmes gènes, il existe des variations biologiques, psychologiques et culturelles importantes entre chaque individu. Aussi, il me paraît risqué de statuer normativement, définitivement et de manière intransigeante sur la vie privée d'adultes consentants. Qu'est-ce qui vous dit que certaines personnes ne peuvent pas trouver un véritable épanouissement dans ce qui vous apparaît immoral ? (je ne parle pas des braqueurs de banque qui, même s'ils peuvent trouver un épanouissement dans leurs crimes, contreviennent manifestement à l'épanouissement de leurs victimes...). L'objectivité morale consiste donc, il me semble, à tenir compte des caractéristiques des individus, lorsqu'il s'agit d'évaluer la moralité d'actes qui ne regardent que ces mêmes individus. Loin de tout essentialisme réducteur.
Pour illustrer ma pensée par un nouvel exemple : si on n'aime pas soi-même le chou de Bruxelles, si on rencontre autour de soi de nombreuses personnes qui n'aiment pas le chou de Bruxelles, doit-on pour autant juger immoraux les quelques personnes que nous rencontrierions et qui aimeraient le chou de Bruxelles ?

2.6. Je ne commenterai pas votre dernière remarque sur Dieu, puisque je place notre débat sur le terrain de l'argumentation raisonnée, et non de la Foi que tout le monde ne partage pas ou ne peut partager, et qui diffère d'ailleurs dans son objet selon les religions. Qui plus est, même dans l'hypothèse où le Dieu de la religion chrétienne existerait et condamnerait l'homosexualité, la question de la moralité de cette pratique se poserait encore : on pourrait soutenir avec cohérence que l'homosexualité n'est pas immorale, que Dieu est donc immoral de la condamner, et que s'il faut éviter de s'y livrer, ce n'est que par pure précaution pour ne pas aller en Enfer.

Bien cordialement,

Mikaël

Ecrit par : Mikaël | 09 octobre 2006

Dépêchez-vous de lire ces sophismes, qui versent in fine dans l'absurde. je ne vais pas les laisser longtemps... Mais je les laisse un peu, comme témoignage que la perversion sexuelle va de pair avec une perversion de la raison.

Ecrit par : Yves Daoudal | 09 octobre 2006

Bonsoir,

Votre réaction n'est pas à votre honneur. Je prend la peine de m'adresser à vous poliment et de répondre à vos objections, bien que votre position me paraît tout aussi indéfendable que la mienne, pour vous. Et tout ce que vous trouvez à dire est qu'il s'agit de sophismes, mais sans apporter la moindre réfutation à mes arguments... que ce soit sur le fond ou sur la forme. Vous sentiriez-vous au pied du mur ?

De plus, votre association entre perversion sexuelle et perversion de la raison tombe à plat puisque je suis personnellement hétérosexuel et même fiancée à une jeune fille fervente catholique.

Enfin, et plus grave, vous menacer de censure mes propos. Est-ce là une preuve d'honnêteté intellectuelle qui supporte la contradiction ? Si ce que j'écris est absurde, que ne le réfutez-vous pas, au lieu de vouloir le censurer ? Quels risques peuvent bien présenter mes pauvres propos s'ils sont si évidemment faux ?

Pour ma part, je considère le débat clos en faveur de mes arguments si votre seule réponse est la censure... On sait que c'est l'argument ultime de ceux qui n'ont plus d'arguments.

Bien cordialement malgré tout,

Mikaël

PS : Au fait, Jean-Marie Le Pen, que vous soutenez, ne déplore-t-il pas d'être censuré par les médias ? N'est-il pas incohérent avec votre position, dès lors, que de vouloir effacer mes propos plutôt que d'y répondre ? J'accepte le débat serein et argumenté avec vous, malgré nos différences. Ce n'est pas se comporter en gentleman que de me claquer la porte au nez de la sorte...

Ecrit par : Mikaël | 09 octobre 2006

N.B. : Yves Daoudal a mis ses "menaces" à exécution : je suis repassé sur son blog, tout a été effacé excepté l'article original... Elle est belle la liberté d'expression, n'est-ce pas ? Quand je pense que les partisans de cette ligne de pensée prétendent dénoncer une prétendue "Pensée Unique" qui serait caractéristique de la société actuelle... J'en connais qui feraient mieux de balayer devant leur porte avant !

publié dans : Mes interventions sur divers forums de discussion par Miky
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Mardi 3 octobre 2006

... je reste ouvert aux belles paroles sensées, même lorsqu'elles viennent de croyants ! Aussi, je vous invite à jeter un oeil sur cet article intéressant d'Olivier (Vivre en Chrétien Aujourd'hui), que je ne peux qu'approuver :

http://vivreenchretien.over-blog.com/article-3936567.html

Même lorsqu'il dit :

"A notre échelle, nous disposons, chacun, d'un outil formidable: notre foi! Notre foi nous pousse à aller vers les autres, avec un coeur de charité et de compassion. Imaginons que chacun utilise cet outil pour se diriger vers ses voisins, vers ses frères et soeurs en prière... des barrières tomberaient; des liens nouveaux apparaitraient."

Je suis encore d'accord. On dit parfois que les athées sont des personnes sans foi, il serait plus juste de dire "sans foi en Dieu". Pour ma part, j'ai néanmoins foi en l'humain (du moins j'essaye !). C'est cette foi en l'humain qui m'incite, malgré les différences, parfois grâce à elles (car ce qui est différent attise la curiosité !), à ouvrir le dialogue avec les gens, pour construire quelque chose de plus grand, ensemble, que nos petites individualités.

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Mercredi 30 août 2006

Merci à tous pour vos commentaires et désolé de ne pas bloguer activement en ce moment, mais, d'une part, ma soutenance de thèse approche dangereusement et, d'autre part, je n'ai pas un accès régulier à Internet en ce moment à cause de divers déplacements. Vous pouvez bien entendu continuer de discuter entre vous des différents articles existants. Malgré mon silence, je lis avec intérêt toutes les contributions.

A bientôt.

Miky

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Lundi 31 juillet 2006

Intervention sur le forum des Sceptiques du Québec (NB : J'ai remplacé le pseudo de la personne à qui je répond par XXX)

Mikaël



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MessagePosté le: Dim Juil 30, 2006 6:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant Editer/Supprimer ce message