Inférence à la meilleure explication... ou à l'explication favorite ? (2/3)

Publié le par Miky

IME et existence de Dieu.

L’IME est actuellement le principal cheval de bataille des tenants de la théologie naturelle. Si l’on part des cinq voies d’accès à la connaissance de Dieu proposées par Thomas d’Aquin, et qu’on leur applique une approche abductive, Dieu serait la meilleure explication à l’existence du mouvement (voie 1), des chaînes causales (voie 2), de la contingence des choses de l’univers (voie 3), des degrés de perfections que l’on trouve dans toutes choses (voie 4) et de l’apparence de finalité dans la nature (voie 5).

Les voies 1, 2, et 3 sont en fait diverses formulation d’un même argument type : l’argument cosmologique. Quant aux voies 4 et 5, elles se rattachent au second grand argument de théologie naturelle : l’argument téléologique.

A côté de ces deux arguments qui concernent l’univers dans sa totalité et toutes ses parties, il faut ajouter également trois autres arguments, qui se rapprochent en fait de l’argument téléologique : l’argument moral, l’argument par les miracles et l’argument par l’expérience religieuse. L’argument moral part du constat de l’existence parmi les hommes d’une loi morale qui, malgré quelques variantes locales ou temporelles, contient de grands principes universels et qui semblent obliger avec une force incomparable. L’argument par les miracles se base sur les comptes-rendus scientifiques et médicaux de phénomènes extraordinaires n’ayant pu leur apporter d’explications naturelles probantes. Enfin l’argument par l’expérience religieuse se fonde sur les comptes-rendus de personnes ayant vécu des expériences mystiques lors desquelles elles prétendent avoir rencontré Dieu ou des créatures surnaturelles, et affirment être entrées en relation avec eux comme avec des personnes de chair et de sang. Quelque soit l’argument, l’existence véritable de Dieu et du surnaturel sera présentée comme la meilleure explication pour rendre compte du constat retenu dans l’argument.

Notons tout d’abord qu’il est tout à fait compréhensible, humainement parlant, d’être émerveillés par la complexité et l’harmonie de la nature, d’être fascinés et troublés par certains phénomènes inattendus, et notamment, lorsque l’on est soi-même concerné personnellement par des expériences sans commune mesure avec l’expérience quotidienne, d’être déstabilisés émotionnellement au point d’avoir beaucoup de mal à croire que ce que l’on a vécu puisse s’expliquer autrement que par une intervention réelle du surnaturel ou même de Dieu en personne dans le cours habituel des choses.

Que cela soit compréhensible ne dispense cependant pas de garder une attitude prudente et critique face à ces phénomènes. Or, si l’on réfléchit bien, il me semble qu’il faut reconnaître qu’en aucun cas une inférence à la meilleure explication correctement appliquée en toute objectivité ne pourra soutenir ce genre de croyance.

Ces phénomènes sont-ils si étonnants ?

C’est la première question à se poser. Dans le cas des miracles et des expériences religieuses au moins, on peut assez facilement l’affirmer. Car en effet, ces phénomènes se définissent par contraste (flagrant !) avec le cours naturel des événements. Ces derniers vont donc fournir le cadre de la normalité à partir duquel miracles et expériences religieuses pourront être définis dans leur anormalité.

Mais en est-il de même concernant l’univers dans sa totalité et dans toutes ses parties ? De quels critères disposons-nous pour affirmer que normalement, l’univers devrait être tel ou tel et non pas comme il est ? Notre univers est le seul que nous connaissons. Qu’il ait bien les propriétés qu’il a n’est donc pas forcément étonnant, objectivement parlant.

L’hypothèse Dieu rend-t-elle ces phénomènes moins étonnants ?

Dieu, à moins de le considérer comme une entité fonctionnant de manière parfaitement linéaire et déterministe, n’aurait-il pas pu choisir d’organiser le monde autrement ? Par exemple, en ne faisant aucun miracle ou en ne créant pas l’homme ? Par conséquent, si Dieu existe, qu’il choisisse de guérir telle personne à Lourdes plutôt que telle autre, plutôt que toutes ou aucune, ne semble pas s’imposer comme conséquence de sa nature. Par conséquent, poser Dieu ne rend pas forcément ces phénomènes moins étonnants.

L’hypothèse Dieu est-elle moins étonnante que ces phénomènes ?

Pour affirmer qu’un phénomène est étonnant, improbable, inattendu, il nous faut une certaine grille de lecture. C’est à partir de ce qu’on connaît, de ce qui est vrai et normal en général que l’on peut distinguer le caractère anormal et singulier d’un phénomène ou d’un certain fait. Le cadre théorique à partir duquel on peut affirmer que voir un OVNI ou la Vierge Marie est une expérience hors-norme est le témoignage habituel de nos sens, et nos connaissances actuelles sur le monde, qui définissent ce que l’on peut s’attendre ou non à trouver dans le monde. Mais hors du monde balisé par nos investigations scientifiques et sensorielles ordinaires, comment définir une probabilité a priori d’existence de quoi que ce soit ? Et c’est bien là le principal problème avec Dieu. Puisqu’il transcende par définition le monde sensible, les données et théories générales dont nous disposons pour décrire ce monde sensible ne peuvent servir à lui affecter une probabilité a priori d’existence. Il est pourtant essentiel de connaître cette probabilité a priori de l’existence de Dieu, afin de la comparer avec la probabilité a priori des phénomènes anormaux qui se manifestent de temps en temps dans notre monde sensible, pour pouvoir inférer l’existence de Dieu comme meilleure explication de ces phénomènes anormaux. En effet, l’explication d’un phénomène ne doit pas être plus extraordinaire que le phénomène en question. Sinon on se demande bien quel gain en intelligibilité cela procurera. Par conséquent, pour que l’hypothèse Dieu soit la meilleure explication aux phénomènes anormaux que l’on observe parfois, il faut que la probabilité a priori de l’existence de Dieu soit supérieure à la probabilité a priori de l’existence de ces phénomènes anormaux, mais aussi à la probabilité a priori des hypothèses alternatives qui pourraient et sont invoquées parfois pour rendre compte de ces phénomènes. Dieu étant par définition transcendant, nous ne disposons pas de points de repères sur lesquels s’appuyer pour calculer valablement sa probabilité a priori d’existence. Il en découle que l’on ne peut calculer sa probabilité d’existence a posteriori, par une inférence à la meilleure explication basée sur l’observation des phénomènes anormaux que sont les miracles ou les expériences religieuses par exemple.

Conclusion :

On peut synthétiser ces différentes explications et arguments de la façon suivante, à partir d’un raisonnement déductif cette fois-ci.

J’appelle probabilité a priori d’une proposition p, la probabilité que p soit vraie qui découle des propositions admises comme connaissances (par exemple, qu’un rocher s’élève sans raison apparente dans les airs est a priori improbable car contraire aux connaissances que nous avons sur la gravité).

J’appelle probabilité a posteriori d’une proposition p, la modification qu’apporte à la probabilité a priori de p, la prise en compte de nouvelles données à expliquer.

Le calcul rigoureux de la probabilité a posteriori de l’existence de Dieu (donc du théisme), sachant qu’il existe des phénomènes a priori improbables comme les « miracles » et les expériences à caractère mystique ou religieux est donné par le théorème de Bayes, dont la formule générale est la suivante : 

P(A|B) = frac{P(B | A) P(A)}{P(B|A)P(A) + P(B|A^C)P(A^C)}



Appliquée à la question qui nous occupe, il faut traduire :

P(théisme|miracles) = ((P(théisme).P(miracles|théisme)) / (P(théisme).P(miracles|théisme) + P(athéisme).P(miracles|athéisme))

Où :

-                          P(théisme) est la probabilité a priori du théisme, c’est-à-dire celle qui découle des connaissances disponibles.

-                          P(athéisme) est la probabilité a priori de l’athéisme, c’est-à-dire celle qui découle des connaissances disponibles.

-                          P(p|q) signifie la probabilité que p soit vrai sachant que q est vrai. Il s’agit donc d’une probabilité a posteriori. Par exemple, P(théisme|miracle) est la probabilité que le théisme soit vrai, sachant que des « miracles » ou autres événements étonnants comme des expériences religieuses ont lieu.

1.      Pour pratiquer une IME valide, il faut que les conditions suivantes soient respectées :

a.       Préférentiellement : Les phénomènes à expliquer doivent être improbables a priori, c’est-à-dire en fonction des connaissances disponibles (ex. : une pluie de grenouilles). Car on voit mal l’intérêt d’expliquer ce que toutes les théories prévoient. P(miracles) << 0,5

b.      Impérativement : L’explication proposée doit augmenter la probabilité a posteriori des phénomènes à expliquer (si on ajoute cette explication au corpus des connaissances disponibles). P(miracles|théisme)>P(miracles)

c.       Impérativement : La probabilité a priori de l’explication proposée doit être strictement supérieure à celle des phénomènes à expliquer (un phénomène a priori improbable ne peut pas être correctement expliqué par une hypothèse a priori encore bien plus improbable). P(théisme)>P(miracles)

2.      La bonne manière de calculer une probabilité a priori est de se baser sur le meilleur modèle de la réalité dont nous disposons (à défaut de pouvoir se baser sur la réalité en soi, au regard de laquelle cette probabilité a priori vaudrait sans doute dans la plupart des cas : 0 ou 1 [car les choses sont ou ne sont pas]).

3.      Pour que la probabilité a priori d’une proposition p soit calculable, il est nécessaire que cette proposition p s’inscrive dans le champ logique défini par notre meilleur modèle de la réalité.

4.      Le meilleur modèle de la réalité dont nous disposons pour calculer une probabilité a priori est l’ensemble des connaissances objectives disponibles à un certain moment pour nous.

5.      Bien que l’hypothèse que l’on veut évaluer par une IME doit s’inscrire dans le champ logique défini par notre meilleur modèle de la réalité qu’est l’ensemble des connaissances objectives disponibles à un certain moment pour nous, elle ne doit bien entendu pas être déjà considérée en tant que telle comme une connaissance objective disponible pour nous. Sinon, on voit mal l’intérêt de l’évaluer par une IME. Semblablement, les autres hypothèses et croyances ayant cours et n’ayant pas ou pas encore été évaluées par une IME correctement menée ne peuvent pas être considérées comme des connaissances objectives disponibles pour nous.

6.      Le théisme postule l’existence d’un être qui par définition transcende l’ensemble des connaissances objectives disponibles pour le moment pour nous.

7.      La proposition « le Dieu du théisme existe » ne s’inscrit donc pas dans le champ logique défini par notre meilleur modèle de la réalité qu’est l’ensemble des connaissances objectives disponibles pour le moment. Par conséquent, on ne peut pas calculer la probabilité a priori de cette proposition, ce qui implique qu’on ne peut pas calculer sa probabilité a posteriori car la condition 1.c n’est pas respectée. Donc on ne peut inférer le théisme comme meilleure explication des « miracles », expériences religieuses, etc.

Parmi les aspects de notre monde qui requièrent une explication, il n’est pas dit que l’examen des cinq voies de Thomas d’Aquin soit pertinent. Les « miracles », expériences religieuses, etc. sont autrement plus étonnants (lorsqu’ils résistent, ce qui est rare, à une explication scientifique ou médicale). Néanmoins, il n’est pas évident que le théisme rende moins improbable leur manifestation.

Mais surtout, le théisme postule un Dieu dont on peut se demander s’il n’est pas encore plus incroyable que ce dont il est censé rendre compte. En tout cas, nous n’avons pas de manière objective de calculer sa probabilité d’existence a priori. Et cela seul suffit à rendre vain tout espoir de fonder objectivement le théisme sur la base d’une inférence à la meilleure explication.

La probabilité a priori du théisme étant objectivement inconnaissable, il reste que l’on peut fort bien vouloir lui assigner une probabilité a priori subjective, selon la sensibilité de chacun. A partir de là, un calcul de probabilité a posteriori sera possible à l’aide d’une IME, mais cette probabilité sera également subjective, et donc valable pour soi, mais pas forcément pour quelqu’un d’autre.

Ainsi, je vois l’IME, lorsqu’il s’agit d’évaluer des hypothèses métaphysiques, bien plus comme un moyen de renforcer une croyance préalable, que comme un moyen de trouver la vérité. Il y a bien une certaine rationalité dans ce cheminement, mais elle est secondaire, elle vient après la croyance, pour la confirmer, et non en amont pour la fonder.

On pourrait aussi se dire qu’après tout, il n’y a que deux options, le théisme ou l’athéisme, et donc qu’il est raisonnable de leur conférer à chacun, comme probabilité a priori, 0,5. Cela est délicat. Après tout, il y a deux options aussi en matière de cheveux : ou on en a, ou on est chauve. Cela ne veut pas dire que ces deux situations sont équiprobables a priori. De plus, le théisme et l’athéisme sont-ils vraiment les deux seules options en présence ? Rien n’est moins sûr. Il y a aussi : le panthéisme, le déisme, l’agnosticisme métaphysique (de Spencer par exemple), l’animisme, le panenthéisme, le polythéisme, le transcendantalisme, etc. Admettons cependant que théisme et athéisme soient les deux seules options en présence, et qu’ils soient équiprobables a priori. Alors rien n’interdit, en effet, de calculer une probabilité a posteriori du théisme. Mais les éléments qui corroborent l’athéisme (le mal, les maladies, les malformations, le chaos, la guerre, la famine, la prédation, etc.) ne doivent pas être écartés a priori de ce calcul, si on veut être honnête et impartial. Et il faut s’attendre à ce que, au bout du compte, tout cela s’équilibre, et que l’on retombe grosso modo sur les probabilités de départ. Il est même possible que la balance penche en faveur de l’athéisme. En fait, il n’est pas évident de calculer les P(théisme|X) et P(athéisme|X) pour tous les X que représentent les éléments de notre monde. Une grande part de subjectivité risque de s’immiscer à ce niveau, rendant l’inférence hasardeuse, quand bien même les probabilités a priori auraient été fixées.

Je n’ignore pas que les théoriciens du théisme estiment pouvoir répondre aux problèmes mis en exergue par l’athéisme (le problème du mal en particulier). Néanmoins, les théoriciens de l’athéisme estiment semblablement pouvoir répondre aux problèmes mis en exergue par le théisme (l’existence de phénomènes apparemment miraculeux par exemple). Bien sûr, les uns comme les autres ne proposent jamais que des hypothèses métaphysiques supplémentaires. Les premiers diront que Dieu a une bonne raison de laisser faire le mal (qu’en savent-ils ?). Les seconds diront que des connaissances plus approfondies de la nature auront raison des soi-disant miracles (qu’en savent-ils ?).

Si on y regarde de plus près, la stratégie de ceux qui prétendent pouvoir prouver le caractère raisonnable du théisme ressemble de près à la stratégie de ceux qui prétendent pouvoir prouver le caractère raisonnable de l’athéisme. Et c’est sans doute une bonne raison, au final, d’opter pour l’agnosticisme épistémologique, que l’on soit par ailleurs athée, théiste ou autre.

Commenter cet article

Héron mélomane 03/09/2007 16:48

Cher Micky,apparemment, notre point de désaccord est le suivant : tu penses que la vraisemblance d'une hypothèse explicative se mesure grâce à une connaissance de ce qui est normal, c'est-à-dire ordinaire ou habituel. Donc si j'ai bien compris, le critère de vraisemblance que tu proposes est inductif. Or je pense que dans notre pratique de l'inférence à la meilleure explication, nous mesurons la vraisemblance des hypothèses non seulement à partir du cours normal (habituel) des choses, mais aussi à partir du principe de simplicité. Dans mon article, j'ai pris l'exemple des attentats du 11 septembre en partie pour cette raison. Le spectateur des événements du 11 septembre peut imaginer plusieurs hypothèses : il y a un lien entre les différents avions qui viennent de s'écraser sur les tours jumelles ou qui se dirigent vers le Pentagone et la Maison Blanche (et tout cela est dû à un complot ; cette "coïncidence" au sens étymologique est l'oeuvre de l'intelligence humaine) ou bien il s'agit de plusieurs accidents simultanés ou d'événements sans relation entre eux.La deuxième hypothèse ramène l'événement à des causes plus ordinaires, mais elle est moins crédible. La première hypothèse est meilleure et plus vraisemblable, même pour quelqu'un qui ignore l'existence d'Al Qaïda. Pourtant, elle ramène l'événement à une cause extraordinaire : un complot inédit, gigantesque, incroyablement bien préparé. Ce qui fait la supériorité de cette hypothèse, c'est qu'elle est conforme au principe de simplicité, en ramenant les événements à une même cause, au lieu d'y voir une pure coïncidence (un hasard).  

Matthieu 02/09/2007 01:30

A Louismor (réponse au Commentaire n°16) :"Pour prouver Dieu, il ne suffit pas de dire : "Dieu existe, puisque personne n'a prouvé le contraire", car, à ce régime, on pourrait l'appliquer à n'importe quel objet : "Cthulhu existe ; la preuve ? Peux-tu me prouver qu'il n'existe pas ? Non ? Donc il existe".Note bien Louismor que tel n'est pas mon propos. Je ne dis pas en effet que "Dieu existe parce que personne n'a prouvé le contraire", mais que Dieu existe parce que les arguments en sa faveur sont extrêmement forts, et que les alternatives proposées ne sont pas crédibles ni rationnelles. Je suis tout à fait disposé à en discuter avec toi si tu le souhaites, et à recueillir les raisons pour lesquelles tu dis ne pas trouver mes arguments "décisifs".Cela étant dit, la qualité de tes diverses interventions, ton ouverture d'esprit et ton aptitude au dialogue convivial, ton cheminement personnel manifestement en pleine évolution, ainsi que les découvertes que tu dis avoir fait concernant l'existence d'une vérité accessible à la raison (cf. commentaire n°11) me suggèrent cette proposition : pourquoi ne pas créer ton propre Blog?

Yves 31/08/2007 13:52

Par ailleurs, les arguments du « God of the gaps » (que je rejette le plus loin possible dans la mesure où l’on peut arriver à trouver une solution raisonnable à un problème donné) prouve en quelque sorte une certaine « preuve » de Dieu. Je ne peux pas m’imaginer un monde sans « God of the gaps ». A quoi cela servirait-il ? Nous nous retrouverions dans un monde complètement déraisonné !

Yves 31/08/2007 13:42

Merci pour tes réponses Miky. Je voulais dire qu’il était raisonnable de croire en cette « absolu Inconnaissable ». J’attends tes futurs articles dans la lignée de Wittgenstein (en passant, sa tête me fait terriblement peur en haut de ton blog… si tu pouvais trouver Wittgenstein avec un beau sourire ??? J J).   Concernant ton dernier lien, celui-ci ne répond nullement à ma question. Il tourne en rond sur une dizaine de ligne, rien de plus ! Peut-être faudrait-il aller voir dans le Dennett de 1991 ??? En tout cas, il n’y a rien d’écrit pour contrer RATIONNELLEMENT l’argument du « God of the gaps » !

Miky 31/08/2007 11:55

Cher Yves, "Est-ce que tu peux me prouver l’inexistence de Dieu ? la réponse est bien évidemment « non ». Alors que le contraire, ta raison naturelle (je me répète, si elle est vraiment sincère et si elle veut vraiment au fond de son cœur trouver la Vérité) t’amènera obligatoirement à Elle." : Eh bien, parlons concrètement : as-tu un argument rationnel valable à opposer à ma critique de l'usage du théorème de Bayes en théologie naturelle ? (ou à une autre de mes critiques). Car si oui, alors ne tergivessons pas : dis-moi quel est cet argument rationnel que nous puissions en discuter.Sinon, alors tu dois admettre que ma critique de l'usage du théorème de Bayes en théologie naturelle est valable sur un plan rationnel."Tu me le dit toi-même ! Pour toi, la Vérité se résume à un Absolu inconnaissable. Pourquoi ne places-tu pas le mot « Vérité » à la place de cet « Absolu inconnaissable » tout en ayant l’humilité de reconnaitre que cette « Absolu reconnaissable »" Reconnaissable ? Est-ce une faute de frappe ? J'avais dit "inconnaissable"."est elle-même raisonnable ?" :Je ne suis pas sûr de te suivre : est-ce que tu veux dire que cet "Absolu inconnaissable" est de nature raisonnable, ou est-ce que tu veux dire qu'il est raisonnable de croire en cet "Absolu inconnaissable" ? Si c'est le premier, comment savoir que cet "Absolu inconnaissable" est raisonnable, s'il est inconnaissable ? C'est contradictoire. Si c'est le second, alors nous sommes d'accord (enfin un peu près : c'est raisonnable dans une perspective réaliste)."Contrairement à l’inexistence de Dieu qui est d’une ‘’déraisonnabilité’’ extrême ?" :Ben justement, cela demande à être démontré, que c'est d'une déraisonnabilité extrême. "Tes articles s’occupent plus à « évincer Dieu » du champ de ta raison plutôt que de l’accueillir, ne serait-ce par pure « évidence »."Qu'entends-tu par évidence ? Les apparences ? Je pense qu'elles sont peut-être trompeuses, mais cela fera l'objet d'un autre article. Dans celui-ci, je me place du point de vue d'une "épistémologie déontologique" suivant laquelle la connaissance est une croyance, vraie et justifiée. Dans un prochain article, je discuterai du principe de crédulité : "il faut croire que les choses sont ce qu'elles semblent être, à moins qu'il existe une apparence contraire plus forte", du principe de témoignage : "il faut croire ce que nous disent des témoins, à moins qu'il existe de bonnes raisons de douter de leur fiabilité" et de l' "épistémologie de la vertu". "Je pense que le vrai problème vient de ta « base philosophique ». Celle-ci est basée sur la primordialité du « cogito » seul. Alors que ta pensée est obligatoirement subordonnée à « l’ens subsistens » ! (Être pleinement autosuffisant). Il ne faut pas s’occuper des êtres en tant que contenus de la conscience mais en tant qu’existants en dehors d’elle. Descartes à fait du désastre…" :Deux remarques :- Premièrement, si je partais du principe que ma pensée est obligatoirement subordonnée à l'Être pleinement autosuffisant (Dieu ?) alors j'admettrais ce qu'il convient justement de démontrer. Il est bien évident que je ne pourrais alors que conclure que Dieu existe, mais ce serait une tautologie : "Dieu existe, donc Dieu existe".- En dépit, peut-être, des apparences contraires, je ne pars pas d'une primordialité du "cogito" seul. C'est pourquoi mon blog s'appelle "métazét" et pas simplement "zét". Mon scepticisme n'est pas a priori (tel celui de Descartes) mais a posteriori (plutôt dans la lignée de Wittgenstein). Il se fonde sur une attitude première de confiance à l'égard des apparences, de mes facultés cognitives et perceptives, du témoignage d'autrui, etc. Et c'est cet ensemble d'expériences qui m'apprennent, après coup, à être prudent, critique, sceptique, et donc à ne pas accepter d'emblée toute affirmation, surtout si elle est en total décalage avec ce que l'on connaît par ailleurs. "Peux-tu m’expliquer comment la Raison se trouve-elle en l’Homme ?" : http://www.talkorigins.org/indexcc/list.html#CB400  Amicalement,Miky