Pour bientôt...

Publié le par Miky

Je prépare en ce moment des articles sur les thèmes suivants :

EPISTEMOLOGIE DE LA CROYANCE :
- La valeur du témoignage :
--- L'épistémologie de la vertu
--- Le principe de crédulité de Thomas Reid
--- Les sources d'erreurs possibles (intentionnelles ou non) entre le fait et le témoignage
- L'inférence à la meilleure explication :
--- Une critique de l'estimation par Richard Swinburne de la probabilité a priori du théisme
--- Une tentative de classification des différents types d'affirmations sur la réalité

METAPHYSIQUE ET ONTOLOGIE :
--- La notion ou le concept d'être et d'existence : qu'est-ce qu'exister ? qu'est-ce qu'être ?
--- La distinction aristotélicienne et thomiste entre la puissance et l'acte : l'acte est-il vraiment premier ?

Si vous souhaitez d'ors et déjà réagir sur ces sujets, vos contributions sont les bienvenues !

Je rappelle également que je suis toujours à la recherche de l'article suivant :

Charles Sanders Peirce, "A Neglected Argument for the Reality of God", Hibbert Journal, Volume 7, pp. 90-112, 1908.

Et même, si possible, sa présentation et traduction par Gérard Deledalle, dans la Revue philosophique de Louvain, Août 1981, 327-349.

J'interpelle plus particulièrement mes lecteurs/intervenants chrétiens habituels : Matthieu, Eric, Yves, Ti'hamo, François...

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louismor 20/08/2007 10:19

j'attendrai en tout cas avec impatience l'article sur etre et existence ! bonnes vacances...

Yves 18/08/2007 09:13

Salut Miky ! Allez, le temps que je range mes valises et je reviens pour lire (avec passion) tes articles... En attendant, peut-être pourrais-tu me lire ce texte ?SI DIEU EXISTE, POURQUOI SE CACHE-T-IL ?Je pense que les questions que vous posez, et que tant d'autres se posent, ne peuvent être situées ni dans la problématique de saint Thomas, ni dans celle de saint Augustin, ni dans celle de la grande tradition judéo-chrétienne. Il me semble que ces questions ont une origine différente : le rationalisme pur, caractéristique de la philosophie moderne (ndlr : philosophie fondée sur la raison). Son histoire commence avec Descartes qui a, en quelque sorte, détaché la pensée de l'existence dans son intégralité et l'a identifiée avec la raison même : Cogito, ergo sum (Je pense, donc je suis).Quelle différence avec saint Thomas, pour lequel ce n'est pas la pensée qui détermine l'existence, mais, au contraire, l'existence, le fait d'être qui détermine la pensée ! Je pense comme je pense, parce que je suis ce que je suis, c'est-à-dire une créature, et parce que Dieu est Celui qu'il est, c'est-à-dire le Mystère absolu non créé. S'il n'était pas Mystère, indique le pape Jean-Paul II, la Révélation ne serait pas nécessaire. Pour être tout à fait exact, la révélation que Dieu fait de lui-même ne serait pas nécessaire.Vos questions ne seraient fondées que si l'homme pouvait, par son intellect créé et limité par sa subjectivité (ndlr : qui varie avec les goûts et les habitudes de chacun), franchir la distance qui sépare la créature du Créateur, la distance entre l'être contingent, dépendant, et l'Être essentiel (selon l'expression bien connue du Christ, adressée à sainte Catherine de Sienne : « Celle qui n'est pas » et « Celui qui est » Raymond de Capoue, Legende maior, 1, 10, 92).Les problèmes qui vous préoccupent se retrouvent aussi dans vos livres, et s'expriment en une série de questions. Vous ne les posez pas seulement en votre nom ; vous essayez de vous faire le porte-parole de nos contemporains ; vous essayez de les aider dans leur recherche de Dieu, parfois difficile, tourmentée, voire sans issue. Votre inquiétude transparaît dans la question : pourquoi n'y a-t-il pas de preuves irréfutables de l'existence de Dieu ? Pourquoi semble-t-il se cacher, comme s'il jouait avec ses créatures ? Ne conviendrait-il pas que tout soit beaucoup plus simple, que son existence soit tout à fait évidente ? Toutes ces questions appartiennent au répertoire de l'agnosticisme contemporain (ndlr : doctrine qui déclare l'absolu inconnaissable). Agnosticisme ne veut pas dire athéisme ; surtout, il ne s'agit pas d'un athéisme programmatique, comme l'athéisme marxiste et, dans un contexte différent, l'athéisme des "Lumières".Cependant, vos questions contiennent des formulations classiques, qui viennent de l'Ancien et du Nouveau Testament. Quand vous parlez du Dieu qui se cache, vous utilisez presque le langage de Moïse, lui qui souhaitait voir Dieu en face mais ne put que voir « son dos » (Cf. : Ex 33, 18-23. «.Moïse dit à Yahvé: "Fais-moi de grâce voir ta gloire." (...) (Yahvé dit :) "Tu ne peux pas voir ma face car l'homme ne peut me voir sans mourir. " Yahvé dit encore :(...) "Quand passera ma gloire, je te couvrirai de ma main jusqu 'à ce que je sois passé. Puis j'écarterai ma main et tu verras mon dos ; mais ma face, nul ne peut la voir". » (C.D.E.).. N'est-ce pas la connaissance de Dieu à travers sa création qui est suggérée là ?Et quand vous parlez de "jouer", c'est l'expression du Livre des Proverbes, où la Sagesse « s'ébat sur la surface de la terre parmi les enfants des hommes » (Pr 8,31), qui me vient à l'esprit. Ceci ne signifie-t-il pas que la Sagesse de Dieu se donne aux créatures sans pourtant leur révéler tout son mystère ?La révélation que Dieu fait de Lui-même, fait observer le pape Jean-Paul II, s'opère de façon particulièrement manifeste à travers son "humanisation". Là encore, la grande tentation revient à effectuer — comme l'a expliqué Ludwig Feuerbach — la réduction classique du divin à l'humain. Cette idée appartient à Feuerbach, et c'est chez lui que s'enracine l'athéisme marxiste, mais - ut minus sapiens, "je vais dire une folie" (2 Col 1,23) - la provocation vient de Dieu Lui-même, car II s'est vraiment fait homme en son Fils et Il est né de la Vierge. À partir de cette naissance, à travers la Passion, la Croix et la Résurrection, la Révélation de Dieu par Lui-même dans l'histoire des hommes atteint son sommet : la révélation du Dieu invisible dans l'humanité visible du Christ.À la veille de la Passion, les apôtres demandaient encore au Christ : « Montre-nous le Père » (Jn 14, 8). Sa réponse reste décisive : « Comment pouvez-vous dire : "Montre-nous le Père" ? Vous ne croyez donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ?... Croyez au moins à cause des œuvres... Le Père et moi, nous sommes un » (Jn 14,9-11 ; 10,30).Ces paroles du Christ vont très loin. Nous nous trouvons quasiment face à l'expérience directe de Dieu à laquelle aspire l'homme contemporain. Mais cette expérience directe n'est pas la connaissance de Dieu « face à face » (1 Co 13, 12), la reconnaissance de Dieu comme Dieu.Essayons de réfléchir sans parti pris ni passion : Dieu pouvait-il aller plus loin dans sa condescendance, dans son "approche" de l'homme et des capacités de connaissance qu'a celui-ci ? En vérité, affirme Jean-Paul II, II semble être allé aussi loin qu'il était possible. Il n'aurait pas pu aller plus loin. En un certain sens, Dieu est même allé trop loin ! Le Christ n'est-il pas devenu « scandale pour les Juifs et folie pour les païens » (1 Col, 23) ? Justement parce qu'il appelait Dieu son Père, parce qu'il Le révélait si ouvertement en soi, ceci ne pouvait que paraître excessif... L'homme s'est révélé incapable de tolérer cette proximité ; c'est ainsi que sont apparues les contestations.Cette immense contestation a des noms précis : c'est d'abord la Synagogue, ensuite l'Islam. Ni l'une ni l'autre ne peut accepter un Dieu aussi humain. Et de protester : "Ce n'est pas digne de Dieu. Il doit rester absolument transcendant, Majesté pure. Certes, une Majesté pleine de miséricorde, mais pas jusqu'à payer pour les fautes et les péchés de sa propre créature !"D'un certain point de vue, il est donc justifié de soutenir que Dieu est allé trop loin en se révélant à l'humanité, en exposant ce qu'il a de plus divin, c'est-à-dire sa vie intime : II s'est révélé dans son Mystère. Mais il ne s'est pas arrêté au risque que cette révélation le masque en quelque sorte au regard humain. C'est que l'homme n'est pas capable de supporter l'excès du Mystère, parce que l'homme n'accepte pas d'être possédé,et soumis; par le Mystère. Oui, l'homme veut bien que Dieu soit Celui en qui « nous avons la vie, le mouvement et l'être » (Ac l7,28), mais il peine à concevoir pourquoi cette vérité devrait être confirmée par la mort et la résurrection de Dieu. Pourtant, saint Paul écrit : « Mais si le Christ n'est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi. » (I Col5, 14)