Fondation rationnelle de l'éthique

Publié le par Miky

Pour essayer enfin de répondre à Ti'hamo qui m'accuse d'être irrationnel en me faisant le défenseur d'une éthique objective au sein de mon cadre de pensée "matérialiste" et "athée" ou tout au moins "agnostique", j'ai recherché sur Internet si d'autres personnes avaient déjà soutenus une fondation rationnelle de l'éthique. Et j'ai découvert que mes propres intuitions et mes tentatives sommaires rejoignent dans l'ensemble l'argumentation beaucoup plus développée du philosophe autrichien K.O. Apel. A travers son ouvrage, L'éthique de la discussion, K.O. Apel développe l'idée suivant laquelle défendre des conceptions anti-éthique est en quelque sorte une contradiction performative (ou contradiction pragmatique), qui est le fait d'affirmer une chose alors que les conditions de son énonciation sont incompatibles avec la vérité de cette chose. Par exemple : "je n'existe pas" est une contradiction performative, car pour énoncer cette phrase, il faut exister, donc la phrase en question est nécessairement fausse (cela rejoint l'argumentation transcendantale chez Kant).

Comment, concrètement, K.O. Apel entend-t-il fonder rationnellement l'éthique à partir de cette notion de contradiction performative ? Je vous invite à le découvrir à travers 4 articles rédigés par Ludivine Thiaw-Po-Une et publiés sur son blog philosophique :

1) « Pourquoi, d’une manière générale, être moral » ?

Ludivine Thiaw-Po-Une envisage (à travers ce 4ème article) un ensemble d'objections et montre que, pour autant que l'on croit en la raison, ces objections ont une portée limitée.

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ti'hamo 10/12/2007 18:33

T'en as rencontré beaucoup, des racistes ? Parceque ça risque de ne pas trop se passer comme ça. Et il ne sape pas les fondements de son racisme, puisque les fondements de son racisme c'est : "nous on est mieux, ce qu'on dit nous c'est valable. Pas eux.". Partant de là, si tu lui dis "mais ça pourrait amrcher dans l'autre sens, hein !", il te répondra "ben, non." D'autant que, logiquement, et sur le modèle de la loi de la jungle, on peut penser un système de valeurs logiques et pas franchement humanistes ni anti-racistes, et qui correspondent bien à une version logique de la pensée raciste :- oui, ok, ça peut marcher dans l'autre sens. "ils" peuvent se considérer comme supérieurs, et nous inférieurs. Après, y a qu'à voir à l'épreuve des faits. (et, d'ailleurs, le discours raciste fonctionne ainsi : dès que tu commences à dire "oui, mais, normalement..." ils te lancent sur le terrain de "l'exemple concret" : regarde l'état de l'afrique, c'est que de petits potentats corrompus, et le peuple incapable de se rebeller parceque "ils sont naturellement suiveurs...paresseux...soumis..." ...)En gros, logiquement on pourrait construire : c'est un élan naturel dans l'être humain, de considérer ses propres qualités et caractéristiques comme "supérieures", "mieux", etc. Donc chacun a le droit de considérer les caractéristiques de son peuple, et donc son peuple, comme "supérieur".Après, c'est la réalité qui décide : concrètement, qui surpasse l'autre ? On revient à la loi de la jungle, qui est logique et qui se tient.Et j'attends qu'on me montre concrètement, pas par promesses, ce que ça fonde comme éthique objective et comme principes, le principe d'Apel.

Miky 07/12/2007 11:15

Sauf que la valeur de vérité d'un raisonnement ne dépend pas de celui qui l'émet mais de sa forme (les lois de la logiques doivent être respectées) et de son contenu (les prémisses doivent être vraies). Des choses objectives, quoi.Un raciste qui contesterait cela saperait les propres fondements de son racisme, car on pourrait lui demander : comment savez-vous que les raisonnements que vous tenez sont justes et ceux de la race A sont faux ? Il ne pourrait pas répondre en invoquant sa théorie raciste, puisque la validité de cette théorie présuppose justement la vérité de l'affirmation qui fait question...

ti'hamo 07/12/2007 11:04

Sauf que ce n'est pas ce que dit l'article en question, et ce n'est pas la contradiction décrite.Et de toute façon, concrètement, le raciste en question ne "trouve" le raisonnement de la race inférieure rien du tout : il l'écoute même pas, il ne conçoit même pas qu'ils puissent avoir un raisonnement. Et là, ce que tu dis fonctionne si on se dit, d'emblée, que l'être dont on parle peut poser un raisonnement équivalent, or c'est déjà cela que contste le raciste.D'autant que, même s'il supposait un apreil raisonnement, le raciste n'en tiendrait pas compte : non, pour lui, le même raisonnement ne peut pas être tenu par les "inférieurs". Puisque le "raisonnement" reviendrait à dire "vous êtes inférieurs" et que lui répondra "ben, non, c'est vous".Avant même de se dire "oui mais le raisonnement inverse est-il possible", il faut déjà considérer les parties en présence comme équivalente.

Miky 07/12/2007 10:27

Sauf que le raisonnement raciste peut très bien être tenu par les "races inférieures" (race A pour faire simple) à l'encontre des "races supérieures" (race B). Donc de deux choses l'une :- ou bien les racistes de la race B vont trouver le raisonnement de la race A faux. Or, comme il s'agit du même raisonnement, ils seront obligés de reconnaître que leur raisonnement à eux est faux également.- ou bien les racistes de la race B vont trouver, puisque c'est le même raisonnement, celui de la race A vrai. Or cela conduirait a admettre que la race A est supérieure à la race B (thèse soutenue par la race A), en même temps que la race B est supérieure à la race A (thèse soutenue par la race B), ce qui est logiquement contradictoire. Donc si le raisonnement raciste est vrai, alors le raisonnement raciste est faux. Donc le raisonnement raciste est faux, ce que devront reconnaître les racistes de la race B, s'ils sont logiques.(bien entendu, cela s'applique symétriquement pour les racistes de la race A)C'est en cela, il me semble, qu'il y a une contradiction performative.

ti'hamo 07/12/2007 09:53

Et bien, oui, comment, concrètement, Apel entend-il fonder rationnellement l'éthique à partir de cette notion ?Il n'est tout du long question que de l'impératif moral d'argumenter et de fonder rationnellement sa position. Cela ne dit en rien sur quoi fonder ses actes. Comment de cela tirer des principes éthiques en actes, concrets, à mettre en pratique ? Comment penser le bien, et le reconnaître ?Je veux bien qu'on me l'explicite.D'ailleurs ces articles même, en voulant à tout prix illustrer par l'exemple la mise en pratique du principe d'Apel, n'aboutissent à rien de probant et tout ce qu'on voit d'une façon certaine c'est que les conclusions du raisonnement n'ont pas été confrontées à la réalité.En effet, sur les "contradictions du racisme", la démonstration ne tient pas la route, tout ça parcequ'elle pèche par manque d'observation concrète : d'après l'exemple, le raciste serzit "performativement contradictoire" puisqu'il affirme l'infériorité en intelligence et raison de certaines races humaines, et pour autant propose pour le démontrer un discours supposant intelligence et raison chez son interlocuteur.Or, où est la contradiction ?? Justement, le raciste est, en général, très logique dans son comportement, si on part de ses présupposés. Puisque, justement, le raciste tente toujours d'expliquer à ses pairs, ceux qu'il considère comme semblables, en quoi ces autres races sont inférieures en inteligence et raison. Mais jamais aux "races inférieures" en question.Le discours raciste s'adresse toujours aux membres de la "même race", pour leur expliquer pourquoi il faut mépriser toute autre race.Mais jamais un colonio-sciento-raciste du XIXe n'est allé faire de longs discours aux africains noirs pour leur expliquer en quoi ils étaient stupides, puisqu'il les estimait stupides. Les membres du KKK développent un discours pour s'expliquer à leurs "compatriotes", jamais ils ne s'inquiètent de se justifier vis-à-vis des noirs. Les SS des camps faisaient leur boulot sans chercher à s'expliquer vis-à-vis de leurs victimes.En cela, les personnes racistes sont, justement, très logiques avec elles-mêmes - mais en partant de présupposés qu'il s'agit de discuter et contredire... ....or l'objection d'Apel ne sert absolument à rien ici. On voit bien, donc, comment ça n'a rien d'une réflexion "pratique", partant du concret pour revenir au concret : concrètement, on n'aboutit à rien d'applicable ni d'utilisable en pratique.Et on se demande toujours où sont les fondements rationnels de la morale.