Polyamour 2 : le retour.

Publié le par Miky

Bien que je considère que la non-exclusivité amoureuse et sexuelle (dans le cas des relations sexuelles naturellement non-reproductrices : cunnilingus, fellations, masturbation réciproque, caresses, baisers, tendresse, corps à corps dénudés, etc.) n'est pas intrinsèquement immorale, voire est intrinsèquement morale, en vertu du droit à la propriété (inaliénable d'après moi) de notre propre corps, et du fait que, n'est immoral (à mon humble avis) que ce qui diminue (chez soi et chez les autres) la liberté, l'amour, le bonheur, les capacités physiques et mentales, et n'est proprement moral que ce qui augmente (chez soi et chez les autres) ces mêmes paramètres :

- je considère qu'elle n'est pas absolument morale : dans certains cas, se conformer à l'exclusivité est un moindre mal (exemple : dans le cas où la personne avec laquelle on vit souffrirait beaucoup d'une absence d'exclusivité et/ou nous en ferait beaucoup pâtir... ;-)) ;

- je considère que (surtout et principalement dans notre société fondée sur la monogamie) : c'est un comportement à risque (bien que cela ne soit pas forcément immoral) de s'adonner au coït vaginal (qui n'est pas à confondre avec l'ensemble de la sexualité, cf. plus haut) avec n'importe qui ou même avec un(e) ami(e) (même protégé par un contraceptif, lesquels ne sont jamais efficaces à 100% ; comme rien me direz-vous, sauf que là, le risque est loin d'être négligeable), car cela peut avoir des conséquences fâcheuses (MST, grossesse non désirée) ; et c'est également un comportement à risque de s'adonner au cunnilingus ou à la fellation (voire même au baiser approfondi) avec n'importe qui, à cause des MST.

- je considère que si ces conséquences fâcheuses surviennent, il est alors immoral intrinsèquement (en particulier dans le cas d'une grossesse non-désirée, mais aussi s'il se trouvait que notre conjoint[e] soit contaminé[e] par une MST que l'on aurait choppé) de ne pas les assumer pleinement et jusqu'au bout ;

- dans le cas d'une grossesse non-désirée, les assumer pleinement et jusqu'au bout ne peut pas être avorter ou faire (pression pour faire) avorter (ça c'est plutôt renoncer lâchement à ses responsabilités) ; l'avortement ne devant, selon moi, que se limiter aux cas de risques vitaux pour la mère (voire à l'extrême limite, je pense qu'on peut le tolérer dans les cas de viol, ou du moins le comprendre et l'excuser grandement) ;

- les assumer pleinement et jusqu'au bout, en cas de grossesse, cela veut dire : assumer pleinement
(affectivement, intellectuellement, moralement, et matériellement) les deux foyers ainsi constitués (sa femme ou son mari, sa maîtresse ou son amant, les enfants eus avec les un[e]s, les enfants eus avec les autres) ; ainsi bien sûr que de supporter (sans broncher) les regards et paroles d'indignation qui ne manqueront pas de se porter sur votre personne (en bonne partie, donc, parce que nous vivons dans une société fondée sur la monogamie), puisque votre aventure ne sera pas restée une affaire privée qui en tant que telle ne regarde effectivement que vous et votre amant/maîtresse, mais se sera étalée sur la place publique (des enfants, c'est quand même une preuve assez tangible qu'il s'est passé qqch entre vous et ce monsieur ou cette madame...).

Autrement dit, la liberté morale que je défends en ce domaine va de paire avec la notion de responsabilité morale (qui en est le pendant et la conséquence nécessaires). Ma morale, donc, ne s'immisce pas trop dans la vie privée des gens, c'est vrai, mais elle n'en est pas moins, je pense, exigeante.


Voilà, je tenais à souligner ce point, à l'adresse de celles et ceux qui penseraient que j'ai des positions un peu légères sur la question ;-)

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ti'hamo 24/11/2007 16:00

sinon, à part ça...Je dois me dire bien d'accord avec la réponse de miky à nathanael (ah si, si). Déjà, "il est symptomatique qu’aucun de tes commentateurs chrétiens n’aient contesté ces deux articles consacrés à la morale catholique", c'est pas bien Nathanael de pas lire les messages. Parce que si. Perdu. Bon. Et donc, comme le faisait remarquer miky fort judicieusement, tu as beau affirmer arbitrairement qu'il est "bien sûr inacceptable" de conclure qu'il t'aurait fallu choisir l'option ne blessant pas gratuitement tes collègues théoriques, mais… …mais ben si : c'est quoi l'intérêt de faire exprès de blesser ses semblables, en sachant très bien qu'on va les blesser, et (méga-important) sans que cela n'apporte rien…? Donc, blesser volontairement sans apporter rien de constructif et en toute connaissance de cause, si, en général c'est assez stupide. D'autres question ? (celle-là elle était facile.) Maintenant… "Bien que je considère que la non-exclusivité amoureuse et sexuelle n'est pas intrinsèquement immorale, voire est intrinsèquement morale, en vertu du droit à la propriété (inaliénable d'après moi) de notre propre corps, et du fait que pour moi, n'est immoral que ce qui diminue (chez soi et chez les autres) la liberté, l'amour, le bonheur, les capacités physiques et mentales, et n'est proprement moral que ce qui augmente (chez soi et chez les autres) ces mêmes paramètres",déjà 'y a un souci dans l'intro.Soit tu te prononces sur la valeur intrinsèque de ces actes, mais dans ce cas ça ne dépend en rien de ce que veut dire "pour toi" tel ou tel mot ; soit tu exposes un ressenti personnel ("pour moi"), mais alors ça n'est pas la valeur propre, intrinsèque, en soi, de ces actes. Par définition la valeur intrinsèque c'est la valeur en soi, propre, de l'acte (ou l'être), donc qui ne dépend pas de ce qu'on en pense. Déjà. D'autre part on n'a toujours pas bien saisi ce que veut dire "morale" quand tu en parles (est-elle subjective, objetcive,...). Ensuite, je suis désolé, mais l'amour des fois diminue les capacités mentales.  :-D Sinon je suis, tu t'en doutes, assez d'accord avec la notion de responsabilité et d'actes assumés que tu développes. ... Par contre, puisque tu emploies l'expression et même le principe, tu pourras peut-être me l'expliquer, une chose que je n'ai toujours pas bien comprise : "en vertu du droit à la propriété (inaliénable d'après moi) de notre propre corps" …mais là je ne comprends pas bien : comment peut-on parler de "propriété sur son propre corps" et qu'est-ce que cela veut dire ?          Je peux exprimer une notion de propriété sur une tasse à café, une cuillère, une pastèque, un bougeoir, une maison, des vêtements, un piano, une échelle, peut-être même un bout de terre,… un animal déjà ça devient moins vrai – il s'agit déjà plus de responsabilité que de propriété.       Mais alors sur son propre corps… …dans tous ces exemples, il y avait bien, d'un côté moi, de l'autre l'objet de propriété ; et entre moi et cet objet, cette relation de possession et d'appartenance. Soit.      Mais justement on voit bien qu'il s'agit d'objets totalement distincts de moi-même, et que je peux dire posséder, estimer posséder, et utiliser. Mais "mon corps" ? Mon corps, si je ne m'abuse, c'est moi-même. Comment puis-je me posséder moi-même ? ou estimer me posséder moi-même ? A moins de me considérer comme distinct de moi-même.  ?

ti'hamo 24/11/2007 15:57

J'ajouterai que, concrètement parlant, mener une double vie, tromper sa femme et lui mentir, entraîne fatalement une attitude lentement et subtilement destructrice vis-à-vis d'elle.Faut arrêter de croire que tout le sens de nos actes et les conséquences s'arrêtent à la seule communication verbale ; il y a aussi tout ce qui passe en non-verbal.

Miky 08/11/2007 21:57

Salut Nathanaël,Je saisis l'occasion de ton commentaire provocateur et de mauvaise foi (mais faute avouée, faute à moitié pardonnée ;-)) car elle va me permettre de préciser quelques points :"Finalement, comme tous les sceptiques, tu adoptes une attitude conservatrice en matière morale, et il est symptomatique qu’aucun de tes commentateurs chrétiens n’aient contesté ces deux articles consacrés à la morale catholique : les concessions que tu fais au paternalisme sont si grandes (la fidélité est un moindre mal, avorter c’est fuir ses responsabilités), qu’ils doivent s’estimer pleinement satisfaits."En ce qui concerne l'avortement, il faut admettre que la ligne de démarcation à partir de laquelle il faut reconnaître un embryon humain pour un sujet de droit, une personne humaine, n'est pas claire, si on choisi un autre moment que la conception. Il semble évident qu'une simple cellule, fut-elle dotée de nos 46 chromosomes humains, n'a pas la même dignité qu'un enfant qui vient de naître, et qui nous ressemble beaucoup, exprime des émotions, bouge, etc. Mais entre le zygote et le bébé, c'est une évolution lente et assez progressive. Il n'y a pas un moment décisif où on peut dire : "ça y est, à présent c'est une personne, une seconde avant ça n'en était pas une". Donc toutes les lois qui autorisent l'avortement avant : tantôt 12 semaines, tantôt 24, tantôt etc., mais l'interdisent après sont arbitraires. Notre meilleure guide reste le principe de précaution : vaut-il mieux risquer de tuer une personne humaine parce qu'on n'est pas près à l'accueillir ou l'accueillir quand même, même si ça implique des sacrifices ?Cela dit, il me semble quand même évident que si l'avortement est toujours un mal, la gravité de ce mal varie quand même en fonction du temps. Il me semble davantage mauvais de tuer un bébé qu'un amas de cellules indifférenciées (avant la phase de détermination, parler d'un individu est quand même vachement problématique, puisque durant cette période, des jumeaux, triplés, quadruplés, etc. monozygotes peuvent se former à partir d'un même embryon). Mais tuer un amas de cellules indifférenciées, d'autant plus appelé à donner une ou plusieurs personnes humaines, ce n'est pas bien pour autant car cet amas vit quand même et est indéniablement humain. Mais c'est moins mal. "Imagine la situation suivante (tout à fait fictive, mais pas invraisemblable). Certains de mes collègues sont des catholiques pratiquants, qui respectent l’obligation de jeûne liée au vendredi saint. Le 6 avril dernier (donc, le vendredi saint), je souhaitais aller manger au Buffalo grill. Bien entendu, je n’ai forcé aucun de mes pieux collègues à me suivre, car je respecte leurs superstitions. Eux, cependant, ont été scandalisés par ma conduite, comme je pouvais me l’imaginer. Certes, j’ai eu beaucoup de plaisir à manger seul mon T-bone, arrosé de force bière, et lisant le dernier Hot vidéo. Mais, autant que je puisse l’imaginer, mon plaisir a été moins grand que la peine que j’ai infligée à mes collègues en ne suivant pas les préceptes de leur religion. D’un point de vue utilitariste, c’eût été un moindre mal que de jeûner ce jour-là. Comme entre deux maux il faut toujours choisir le moindre, ma conduite a été immorale selon tes principes."Tu pouvais aussi choisir le silence. Si tes collègues ont été vraiment scandalisés profondément, alors il aurait peut-être été plus judicieux d'omettre de leur dire que tu allais manger un T-Bone arrosé de bière tout en lisant le dernier Hot vidéo. S'ils t'avaient questionnés, tu aurais pu mentir. Certes, le mensonge, en soi, est mal, mais en l'occurence, cela aurait été un moindre mal. Il ne faut pas imposer la vérité à ceux qui ne peuvent l'accepter. Tu me diras peut-être : Et dans le cas de l'adultère, ne peut-on pas omettre ou mentir pour éviter de peiner son/sa conjointe ? Toutes choses égales par ailleurs, cela me paraît légitime, mais le risque courru me paraît bien plus élevé que dans ton exemple. Il est fort douteux que les vendeurs du Buffalo Grill aillent raconter à tes collègues qu'ils t'ont vendu un T-Bone... alors qu'une maîtresse peut toujours parler. De plus, à moins que tu ais une relation particulièrement privilégiée avec tes collègues cathos, je pense que ta femme sera autrement plus scandalisée qu'eux de ton omission/mensonge, respectivement en cas d'adultère et d'ingestion de viande le vendredi saint.Amicalement,Miky

Nathanael 03/11/2007 15:46

Finalement, comme tous les sceptiques, tu adoptes une attitude conservatrice en matière morale, et il est symptomatique qu’aucun de tes commentateurs chrétiens n’aient contesté ces deux articles consacrés à la morale catholique : les concessions que tu fais au paternalisme sont si grandes (la fidélité est un moindre mal, avorter c’est fuir ses responsabilités), qu’ils doivent s’estimer pleinement satisfaits. Imagine la situation suivante (tout à fait fictive, mais pas invraisemblable). Certains de mes collègues sont des catholiques pratiquants, qui respectent l’obligation de jeûne liée au vendredi saint. Le 6 avril dernier (donc, le vendredi saint), je souhaitais aller manger au Buffalo grill. Bien entendu, je n’ai forcé aucun de mes pieux collègues à me suivre, car je respecte leurs superstitions. Eux, cependant, ont été scandalisés par ma conduite, comme je pouvais me l’imaginer. Certes, j’ai eu beaucoup de plaisir à manger seul mon T-bone, arrosé de force bière, et lisant le dernier Hot vidéo. Mais, autant que je puisse l’imaginer, mon plaisir a été moins grand que la peine que j’ai infligée à mes collègues en ne suivant pas les préceptes de leur religion. D’un point de vue utilitariste, c’eût été un moindre mal que de jeûner ce jour-là. Comme entre deux maux il faut toujours choisir le moindre, ma conduite a été immorale selon tes principes. Une telle conclusion est bien entendu inacceptable. C’est pourtant la manière dont tu raisonnes quand il s’agit de la morale sexuelle : il faut d’après toi être fidèle, si cela représente un moindre mal par rapport à l’infidélité. Et je n’ai pas parlé du dilemme où se trouve celui qui désolerait sa femme par son infidélité, et sa maîtresse par son absence.

Nathanael 03/11/2007 15:45

Attention : le commentaire qui suit comporte une bonne dose de mauvaise foi et de provocation ;)