Gustave Le Bon (1841-1931) et les croyances

Publié le par Miky

Aujourd'hui, je vous invite à découvrir un ouvrage majeur et d'une étonnante modernité du sociologue, psychologue et médecin français Gustave Le Bon (1841-1931) :

Les Opinions et les Croyances : Genèse, Evolution (1911) (format PDF)

Origines irrationnelles des croyances. Les éléments de la personnalité. La volonté inconsciente. Les conflits des logiques affective, mystique, collective et rationnelle. La balance des motifs. Pourquoi les opinions différent et comment elles se propagent.

Bonne lecture !

Gustave Le Bon est également l'auteur d'un ouvrage célèbre sur les foules et l'inconscient collectif : Psychologie des Foules (1895) (format PDF). Dans celui-ci l'on peut lire cette réflexion intéressante par rapport aux critiques de la religion que j'esquisse sur mon blog :

"L'effrayante absurdité de la légende d'un Dieu se vengeant sur son fils par d'horribles supplices d'une de ses créatures, n'a pas été aperçue pendant bien des siècles. Les plus grands génies, un Galilée, un Newton, un Leibniz, n'ont pas même supposé un instant que la vérité de telles légendes pût être discutée. Rien ne démontre mieux l'hypnotisation produite par les croyances générales, mais rien ne marque mieux aussi les humiliantes limites de notre esprit."

Les versions numérisées de ces deux ouvrages sont tirées du très riche site des Classiques des Sciences Sociales, dans lequel on pourra trouver d'autres ouvrages de Gustave Le Bon.

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Eric George 09/05/2006 12:09

Pour moi non plus la crucifixion de Jésus n'est ni symbolqiue et sûrement pas exemplaire (au sens où nous ne sommes pas invités à l'imiter)
En fait il faut comprendre deux notions qui ont été terriblement défigurées au cours des siècles. première notion le péché dont on a fait une notion morale alors que ce n'est pas le cas : le péché c'est la séparation entre Dieu et l'homme.
Deuxième notion : c'est la notion de Fils de Dieu, Je ne développe aps trop longuement mais à l'époque des évangiles : "Fils de" signifie de même nature ou essence (dans les catégorie aristoteliciennes)^. Dire de Jésus qu'il est fils de Dieu c'est dire qu'il est Dieu.
On n'a donc plus Dieu sacrifiant son fils pour se venger des fautes morales de l'humanité. Mais Dieu se faisant homme et subissant les plus grandes faiblesses de l'humanité : la trahison, la souffrance, la mort et même l'angoisse fasse à la mort. A présent tout celà ne nous sépare plus de lui.
Bien sûr cette lecture de la croix reste absurdité et folie au regard d'une logique de rétribution et de mérite, mais il me semble que celà change considérablement l'image de la foi...

Matthieu 08/05/2006 21:45

Je suis heureux de voir que nous nous rencontrons sur la conclusion. Reste quand même à définir ce qu\\\'est l\\\'amour...
En Jésus, Dieu nous révèle la perfection de l\\\'Amour. L\\\'amour qu\\\'il attend de nous (là, je te rejoins), mais surtout l\\\'Amour qu\\\'il est, et qu\\\'il manifeste dans l\\\'humanité du Christ. L\\\'amour n\\\'est donc pas une valeur ou un concept à mettre en balance avec Dieu Lui-même : c\\\'est Dieu en personne(s).
Si Jésus nous rachète, ce n\\\'est pas seulement parce qu\\\'il est un chic type qui donne sa vie par amour et pour amour, par idéalisme en quelque sorte : c\\\'est surtout parce qu\\\'il est vrai homme et vrai Dieu, et qu\\\'ainsi, tout ces actes ont une portée infinie, et concernent tout l\\\'homme, et tous les hommes. C\\\'est pourquoi lui seul pouvait nous sauver.
Le sacrifice de Jésus n\\\'est pas symbolique. C\\\'est bien sa chair qui est clouée au bois de la Croix, et c\\\'est bien son sang qui coule... Et c\\\'est ainsi que Dieu nous parle en Jésus : non pas avec des concepts et des symboles, mais avec de la chair et du sang.

Miky 08/05/2006 21:11

"Pour la première fois, un homme va dire OUI à Dieu jusqu'au bout, pour la première fois, un homme va aimer... jusqu'à en mourir. Et il a fallu que cet homme... soit Dieu lui-même."
Donc c'est bien une interprétation symbolique que tu fais là ;-) Le sacrifice de Jésus n'est utile au rachat de nos péchés que parce qu'il nous montre un modèle à suivre de dévouement et de dépassement de soi.
Note que c'est encore plus compréhensible si on considère que Dieu = l'Amour (en tant que valeur). Jésus donne sa vie par Amour, parce qu'il dit oui à l'Amour, qu'il croit que l'exemple de son sacrifice va encourager les humains dans l'Amour, etc.
L'Amour, plus qu'une quelconque divinité, me paraît être un motif de donner sa vie.
Amicalement,
Miky

Matthieu 08/05/2006 20:55

Dans l'Evangile de la messe de dimanche dernier, Miky, on peut lire cette parole de Jésus (Jn 10.17-18) :
"Le Père m'aime parce que je donne ma vie, pour la reprendre ensuite.
Personne n'a pu me l'enlever : je la donne de moi-même. J'ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : voilà le commandement que j'ai reçu de mon Père."
Ce n'est pas un Père assoiffé de sang qui sacrifie son Fils pour se venger de la rébellion des hommes, et apaiser ainsi son "courroux" comme on le chantait naguère ; c'est le Fils qui offre librement sa vie au Père, et qui la donne pour racheter l'humanité de la servitude du péché.
Pour la première fois, un homme va dire OUI à Dieu jusqu'au bout, pour la première fois, un homme va aimer... jusqu'à en mourir. Et il a fallu que cet homme... soit Dieu lui-même.
En Jésus, c'est Dieu lui-même qui assume les conséquence de notre péché, et qui transforme la malédiction qu'est la mort en passage (sens du mot Pâques) vers la Vie, pour tous ceux qui croient en son Nom.
A Lui la gloire et la louange, pour les siècles des siècles!

Miky 08/05/2006 19:03

Je ne pense pas qu'appeler un chat "un chat" soit la marque d'un manque d'humilité. Autant je peux comprendre que l'on soit déiste ou même théiste, autant je trouve proprement choquant que l'on puisse considérer que Dieu a laissé son Fils se faire crucifier, qu'il l'avait même envoyé sur Terre pour cela, et qu'il estimait que c'était utile et nécessaire. Dieu qui est tout-puissant et moralement parfait, ou tout au moins très puissant et très moral, n'avait-il donc pas d'autres moyens pour racheter les péchés des hommes que de sacrifier son propre Fils ? A mon avis, s'il y a du vrai dans cette histoire, c'est symboliquement qu'il faut la comprendre, et non pas littéralement.
Amitiés,
Miky