Dur dur d'être un athée

Publié le par Miky

En passant sur le blog de Tim, je tombe sur cet article.

Tim, passant en Angleterre, remarque la présence sur de nombreux abris bus de cette publicité où l'on devine le visage du Christ dans un verre :

Une question demande : "Où le trouverez-vous ?".

Tim s'interroge alors :

Qu'en pensez-vous ? Trouvez-vous cette méthode d'évangélisation appropriée ? Seriez-vous choqués si l'Alliance Évangélique Française ou l'Église Catholique Romaine lançaient une telle campagne ? Ou, au contraire, pensez-vous qu'il s'agit là d'une manière efficace d'annoncer l'Évangile aujourd'hui ?

J'ai failli lui écrire un commentaire pour lui dire à peu près ce qui suit, quand je me suis dit qu'un article serait plus approprié, car il traiterait d'un point que je n'ai pas encore vraiment évoqué sur mon blog : être athée, ce n'est pas vraiment un choix : cela s'impose à nous, on n'y peut pas grand chose, et on préfèrerait, le plus souvent, avoir tort.

Pour ma part, je suis totalement réfractaire à ce genre de procédé jouant sur la rhétorique ou la séduction, et la seule manière de m'évangéliser serait de m'apporter une preuve, une vérification, des arguments ou une démonstration des objets de la foi. Désolé. Je sais que certains arrivent à être convaincus par l'émotion ou l'intuition, mais moi je n'y arrive pas... Pourtant j'estime être quelqu'un de sensible (j'apprécie la musique, l'art, l'amour, etc.) mais ça se borne à l'esthétique ou à l'éthique... J'arrive parfois à faire semblant ou à m'auto-persuader que je crois en l'existence de Dieu pendant quelques minutes, et puis rapidement après, cela disparaît et je retourne à mes convictions profondes et réelles d'agnostique... Pourtant comme la vie doit être plus belle quand on se dit qu'on est éternel et qu'on retrouvera tous ses proches ! Mais bon, ce n'est pas pour moi... (en tout cas pas de mon vivant). Il me faut donc être philosophe et apprendre à accepter le réel tel que je crois désespérement qu'il est. Quitte à avoir une bonne surprise à la fin. Ou une mauvaise, si c'est encore pire que je le pense !

Oh, je crois sans peine qu'il existe des choses qui nous dépassent et qui nous sont à jamais incompréhensibles. Je crois sans peine qu'il existe un absolu inaccessible. Je crois sans peine en unse sorte de Logos dans l'univers (qui fonde ontologiquement le succès de la démarche scientifique ainsi que la prégnance de la loi morale). Ma foi s'arrête là. Quelles sont ces choses ? Sont-elles conscientes ? Sont-elles aimantes ? Se rendent-elles compte de notre présence ? Intuitivement, j'ai tendance à penser que non, quoique je suis parfois un peu troublé par l'argument par les degrés de perfection (plutôt sous sa version godelienne je dois dire). Mais la présence accablante du mal et le long et profond silence de ces êtres hypothétiques m'incline à croire en leur inexistence, ou tout au moins en leur profonde indifférence. Tout, dans l'univers observable, semble en effet se dérouler comme si il n'y avait pas de Dieu. De là, puisque je ne crois pas à la "licorne rose invisible", pourquoi croirais-je en Dieu ?

Je ne suis peut-être pas un vrai athée. Panthéiste ou déiste conviendraient mieux. Mais en pratique, cela ne change pas grand'chose à ma vie...

Miky

"Il y a dans le cœur de chaque homme, un vide en forme de Dieu." (St Augustin)

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ti'hamo 09/02/2007 20:04

Pour revenr à l'article de miky et aux commentaires qui le suivent, je dirais que contrairement à ce que tu dis plus bas, tu exposes bien là une croyance rationnelle en Dieu (la raison, un absolu, un Logos...)
Celui auquel arrivaient également les philosophes antiques (qui trouvèrent également le concept d'atomes, uniquement par observations de la nature et réflexion, et sans moyens de vérification directe !) - ce qui fait que dans la pensée de l'eglise catholique, oui, on affirme que Dieu peut être appréhendé par la seule raison, sans la foi. C'est un fait d'observation.
Mais, bien sûr, c'est (si on veut) le "dieu des philosophes" - qui est uniquement concevable, mais concrètement inaccessible, inatteignable, il n'y a pas là de dialogue avec l'être humain et pas d'amour. Cela, un chrétien le reconnaît dans la révélation (qui, donc, dans cette façon de voir, vient compléter la raison, la dépasser...mais certainement pas s\\\'y opposer.)

Cela dit, tu dis aussi croire (ou juste être sensible à? j'ai peut-être mal compris) à l'amour, la beauté....
Or, s'il n'y a que des réactions chimiques et une évolution due au hasard, l'amour c'est rien. (enfin, perso, si c'est ça moi je laisse tomber et je ne vais pas me donner du mal pour quoi que ce soit dans ce domaine.) Reconnaître une réalité propre à l'amour, c'est déjà ajouter un autre aspect au "dieu des philosophes" (on pourrait y voir 2 aspects : l'un atteignable par la raison (le concept de transcendance, de Logos), l'autre par l'intuition (l'amour) - qui en fait seraient 2 "voies d'abord" de la même réalité. (bon, c't"une hypothèse, non ?)

Vient alors la question du mal, qui se trouve être un assez fascinant (heu...si. je trouve.) paradoxe : si "présence accablante du mal" il y a (et là je ne n'imagine personne le nier), alors comment croire qu'il y a un Dieu ? oui, mais s'il n'y a rien...alors en quoi le mal est-il "le mal" ?

ti'hamo 09/02/2007 19:23

je remets ce que j'avais déjà posté sur un autre site à ce même monsieur à propos de son même site et à la suite de la même suite de propositions :

"l'affirmation qu'on y trouve est "fondée" sur le fait qu'on puisse induire un état de transe mystique par activation de certaines zones du cerveau. d'où que tout ce qui a trait à la mystique et donc à Dieu est imaginaire et faux.
(si, il faut aller voir le site vers lequel mène le lien, pour lire ceci).

Le problème ici c'est que ce raisonnement n'est justement scientifiquement pas vraiment rigoureux. on exeuplique :

- si j'active les zones du cerveau entrant en jeu dans la régulation de la faim, par exemple... je pourrais alors provoquer la décharge de neurotransmetteurs signifiant "envie satisfaite, c'est bon, on a mangé" - et alors après avoir eu faim vous n'auriez plus cette sensation de faim. vous auriez l'impression d'avoir mangé.

or, je saurais que cette sensation est illusoire, et qu'il n'y a eu aucune nourriture concrète, et que votre organisme est en fait en train de dépérir.
est-ce que tout de suite je peux en conclure que tout ce qui a trait à la nourriture et aux sensations de faim, est totalement illusoire et imaginaire ? que la nourriture ça n'existe pas ?

- donc, du point de vue d'un raisonnement scientifique, que peut-on en réalité conclure ? simplement que telle ou telle zone du cerveau est dévolue au traitement de tel type d'intervention, et interagit avec telles autres zones du cerveau. c'est tout. on peut donc repérer plus ou moins précisément les zones dévolues aux fonctions sensitives, émotionnelles, de tel sentiment, de telle envie,... c'est tout ! ça ne permet pas de conclure quant à l'objet de ces fonctions.

(sachant que, du point de vue de l'évolution, a priori, une fonction développée et conservée suppose qu'elle ait un objet, justement la conclusion serait même plutôt inverse.)

...
- d'autre part : que dire alors de nos émotions et sentiments ? ils sont, tout autant que l'impression de Dieu, l'expérience mystique ou autre chose, traités par des zones précises du cerveau ; nos sentimentset émotions trouvent leur source dans des influx électriques et des échanges chimiques. Et on pourrait les activer ou au contraire les supprimer, en usant de la bonne molécule ou en agissant sur la bonne zone du cerveau.

d'après ce monsieur, donc, on devrait "logiquement" en conclure, que nos sentiments et nos émotions ne sont que des délires psychotiques, qu'il faudrait supprimer à coups de médicaments.
...
- Enfin : expérience mystique et Dieu, ce sont 2 choses différentes ; il y a des expériences mystiques sans croyance en Dieu, et des croyances en dieu sans expérience mystique. personnellement, je n'entends pas de voix. bon. je crois quand-même. alors ?

Matthieu 17/01/2007 09:44

Sans doute conviendrait-il alors de nous faire interner afin de nous rééduquer mentalement (cela ne vous rappelle rien?...)
http://totus-tuus.over-blog.com/article-3020571.html

Champion maurice 16/01/2007 18:26

Ni Dieu, ni Diable, seulement et totalement une maladie psychiatrique.
 


 

Après les primates, il y a eu des hommes dont certains souffrent d'une maladie nommée «schizophrénie»; lesquels dans leurs perceptions hallucinatoires croient entendre le Divin - et voient ses envoyés - leur donnant des ordres. Ils sont alors en certitude d’être désignés pour une mission divine.
 


 

D’un autre âge, ceux qui se disaient en communication avec Dieu étaient et sont encore appelés «prophètes» avec leurs écrits indiscutables.
 

De nos jours, ceux qui entendent des voix et qui ont la certitude que Dieu leur parle ; nos jeunes en psychose hallucinatoire paranoïde (schizophrénie) sont traités en psychiatrie.
 


 

La psychose hallucinatoire, cette « maladie universelle » que l’on vous a appris à ne pas comprendre.
 


 

Ce qui est inscrit sur la notice pharmaceutique d’un antipsychotique de dernière génération : «... est utilisé pour traiter une maladie qui s’accompagne de symptômes tels que entendre, voir et sentir des choses qui n’existent pas, avoir des croyances erronées...».
 


 

Cette relation vous semble inadmissible, alors je vous mets au défi de citer une seule autre manifestation qui soit à la fois l’œuvre présumée de l’Au-delà et également les symptômes d’une maladie.
 


 

Il est temps de ne plus vénérer cette maladie extrémiste.
 


 

Un père en prise avec cette « maladie de la croyance ».
 

Maurice Champion - http://monsite.orange.fr/champion20
 


 

(La réalité offre ses possibilités, l’irréalité affirme ses incertitudes).
 

Miky 15/01/2007 01:10

Bonsoir tout le monde et merci pour vos nombreuses réactions. Quelques réponses rapides d'ensemble.

1°) Tout d'abord sur les relations foi et raison :

Il est parfois raisonnable de reconnaître l'impossibilité, pour la raison, de répondre à certaines questions. En l'occurence, et peut-être paradoxalement, je pense que l'attitude fidéiste d'Eric et de beaucoup de protestants est plus respectueuse de la raison que l'attitude de l'Eglise Romaine qui prétend que l'existence de Dieu est connaissable par les lumières de la seule raison (j'ai dit que l'affiche ne pourrait pas me convaincre, ce n'était pas une critique et j'ai parlé en mon nom). Maintenant, peut-être faudrait-il s'entendre sur ce qu'est la raison. Pour ma part, je veux parler principalement de la logique naturelle, celle d'Aristote, qui se base sur le tiers-exclu, l'identité, la non-contradiction. Bien sûr, sur la base de certaines prémisses de nature philosophique, il est certainement possible d'inférer l'existence de Dieu. Ce que je conteste est qu'on puisse le faire sur la base de prémisses purement empiriques ou logiques. J'ai également quelques doutes sur la possibilité de le faire à partir de prémisses philosophiques triviales et intuitives, a fortiori si par Dieu on entend le Dieu des chrétiens.

2°) Ensuite, sur le scepticisme :

Il y a certaines propositions que j'admets sans preuve, et d'autres pour lesquelles je demande des preuves. Serais-ce que je pratique un scepticisme sélectif ? Non. Je pratique un scepticisme a posteriori. Je pense que l'on peut distinguer deux grandes attitudes sceptiques :

- Le scepticisme a priori : C'est celui de Pyrrhon, de Descartes, des phénoménologues et idéalistes. A l'extrême, il conduit au relativisme, au subjectivisme, voire au solipsisme. Il consiste en ceci : Pour de nombreuses propositions que l'on tient pour vrai, on peut imaginer une situation telle que cette proposition serait fausse et que pourtant elle aurait l'air vraie. Par conséquent, il faut douter de tout se dont on peut douter, de manière systématique et hyperbolique. A l'issu de ce processus, il restera : rien pour certains, ou un petit noyau de propositions dont la négation est impossible et dont on tiendra la vérité pour indubitable et sur lequel on cherchera à fonder tout le reste pour d'autres (ex. : le cogito de Descartes).

- Le scepticisme a posteriori : C'est plutôt celui de Wittgenstein. Il part d'une attitude de confiance naturelle en sa raison et sa perception. Il est impossible de douter de tout. On ne peut faire que semblant de douter de certaines choses (ex. : de l'existence du monde). Pour douter, il faut à chaque fois de bonnes raisons de douter. C'est les connaissances que l'on acquiert (et pour les acquérir, que ce soit par l'école ou par l'expérience et l'usage de la raison, il faut donc d'abord croire) qui vont nous donner les raisons de douter (ex. : telle étude va montrer que le témoignage humain est faillible, telle autre que le vouloir-croire influence le jugement, etc.). Ce scepticisme n'est pas dogmatique. Il contient sa propre limite : la raison et la perception ne sont jamais - selon leurs propres critères - que des produits contingents et imparfaits d'une évolution biologique, comme la locomotion ou la digestion ; la foi n'est jamais qu'une attitude de confiance naturelle en une certaine intuition transcendantale qui vient, chez certaines personnes, se rajouter au "package de base" comprenant déjà la confiance naturelle en sa raison et en sa perception.

Miky