Appel à voter Ségolène Royal au second tour

Publié le par Miky

Etant plutôt de sensibilité on va dire "centre-gauche", j'ai, après avoir longuement hésité, mis un bulletin François Bayrou dans l'urne, et je ne suis pas mécontent de mon choix car, comme je le pensais, le second tour sera entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, et j'espère bien que cette dernière, pour laquelle je voterai le 6 mai, sera élue. Et grâce au pourcentage réalisé au premier tour par le candidat de l'UDF, j'espère que cela l'incitera (ainsi que le reste du PS), à faire la transition consumé et explicite vers la sociale-démocratie et à couper définitivement les ponts avec l'héritage marxiste qui manque selon moi singulièrement de réalisme (délocalisations en perspective) et possède une approche trop autoritaire de l'économie, incompatible avec un idéal de liberté éclairée par des mesures incitatives à la solidarité. On ne peut forcer l'amour, il doit naître du fond de l'âme.

Mais je redoute une victoire de Sarkozy, qui a mon sens manque de fibre sociale, est pro-Bush, anti-laïque et passablement brutal dans ses manières d'agir. Je lui reconnais néanmoins une fort bonne idée que j'aimerais voir reprise par sa concurrente socialiste : la suppression des droits de donation et de succession.

Ségolène Royal n'est pas une aussi bonne oratrice que François Bayrou et Nicolas Sarkozy. Mais une femme présidente apporterait peut-être un certain vent de fraicheur sur la politique, une certaine sensibilité jusque là absente ou presque de la politique de l'Etat.

Je vais être honnête : j'ai été un peu déçu par sa campagne de premier tour. J'ai trouvé qu'elle donnait un peu trop dans l'opportunisme (se rapprocher puis s'éloigner des "éléphants du PS" en fonction des sondages) et la démagogie, copiant notamment le style de Nicolas Sarkozy (le "coup" des drapeaux français en réponse à la proposition de ministère de l'immigration et de l'identité nationale). Je n'ai pas trop apprécié non plus le fait de taper systématiquement sur le centre, comme s'il n'y avait que deux manières de faire de la politique... Maintenant, le centre, elle en a bien besoin si elle veut être élue ! J'espère de tout mon coeur qu'elle retiendra les leçons de ce premier tour, et changera en conséquence sa stratégie pour le second. Je pense (parce que je connais bien quelqu'un qui était sa voisine lorsqu'elles étaient enfants) que Ségolène Royal n'a pas un mauvais fond. Il s'agit donc à présent qu'elle accorde sa forme avec son fond, prenne de l'assurance, et fasse une bonne campagne de second tour, afin de contrer Nicolas Sarkozy et de porter les valeurs de la sociale-démocratie.

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? 26/04/2007 14:14

Hier ils étaient presque tous chevelus, aujourd'hui beaucoup sont chauves. Hier ils luttaient contre le pouvoir, aujourd'hui ils sont au pouvoir. Hier ils voulaient interdire d'interdire, aujourd'hui ils décident de ce qui est interdit. Hier ils lançaient des pavés, aujourd'hui ils lancent des anathèmes. Ils s'opposaient au pouvoir de l'argent, mais avec leur pouvoir certains d'entre eux ont gagné beaucoup d'argent. Ils combattaient la justice bourgeoise, mais ils ont créé une justice de bobo. Ils stigmatisaient les médias à la botte du pouvoir, mais ils ont mis le pouvoir à la botte des médias. Ils rejetaient la morale de grand-papa, mais, depuis, ils font la morale à tout le monde. Hier ils voulaient faire la révolution, aujourd'hui ils veulent conserver leurs positions. Ils dénonçaient les méfaits du capitalisme, mais beaucoup se sont fait acheter par le grand capital. Ils croyaient construire avec leurs idées, mais leurs idées ont détruit beaucoup de ce en quoi ils croyaient.
 


 

Ce sont les soixante-huitards…
 

ti'hamo 24/04/2007 22:32

héhé, le souci pour elle c'est que toute leur campagne, au final, vire au "contre sarko", ce qui finalement n'est qu'une manière de le mettre au centre de tout. ce qui stratégiquement n'est pas très bon.

En plus de ça, il y a des choses qui, plus que me déplairent, m'inquiètent - soit chez elle, soit dans ce qu'elle rendrait possible :

- d'abord, et je rejoints ce que tu disais, mais en négatif, je ne la crois pas capable de se défaire de ses préjugés et automatismes marxistes (ou marxoïdes, ou post-marxistes, que chacun appelle ça comme il veut). Je pense qu'elle reste une gentille socialiste bien socialiste. Je m'étais fait la remarque quand elle était ministre : des observations concrètes, sur le terrain, qui peuvent être très justes et lucides...mais dès qu'on arrive aux conclusions et aux solutions, catastrophe, on rtombe dans le discours habituel, idéologique et bien appris. Exactement comme un article du nouvel-obs. :-D

- son programme, si je ne m'abuse, comporte "école obligatoire à partir de 3 ans" et non plus 6,
or tous les enfants ne sont pas près à aller à l'école à cet âge si jeune, et surtout qu'est-ce que ça permet ? avec des méthodes scolaires encore toutes imprégnées de (encore !) pédagologie marxoïde, une déconstruction des esprits avant même qu'ils soient construits.
D'autre part, le gentille Ségo est soutenue par Taubira, et d'autres, adeptes de la ré-écriture de l'histoire officielle à des fins partisanes et idéologiques, elle-même semble avoir une vision de l'histoire très mythico-marxiste, et ça ne semble pas la gêner de revoir en ce sens les manuels d'histoire (qui sont d'ailleurs déjà ps glorieux de ce point de vue).
Autrement dit : je crains bien qu'avec elle on parte sur la voie - concernant l'enseignement - de toujours plus de formatage des esprits, d'autant plus facilement qu'ils n'auront pas été formés au raisonnement juste et au sens critique, et tout remplis de données fausses ré-interprétées. Si on se projette encore plus loin, ça donne tout plein de cerveaux-citoyens prêts à avaler n'importe quoi une fois adultes, du moment qu'on est gentil avec eux et qu'on abroge la TVA sur le nutella.


- enfin : les "jurys citoyens". ça sonne trop comité de salut public ou comté du soviet du coin pour m'inspirer confiance.

"ah ben oui mais sinon c'est sarko !", ben oui mais :
- s'il présente vraiment le risque de dérive gros-méchant fasciste autant qu'on le dit, alors le danger est identifié - et vu ce que déclenche déjà comme protestations le mot "national" ou "voyou", il ne pourrait jamais trop dériver par là puisque jamais personne ne le laissera faire.

- si son seul vrai problème est un manque d'humanisme pratique, alors on peut le pallier, nous. au gouvernement la bonne marche fonctionnelle du pays, aux citoyens le lien social et humain.
pas l'idéal, mais c'est réalisable.

D'autant que sur ces 2 points, l'anti-fascisme et le "social-solidaire" sont assez à la mode.
Alors que se soucier de la formation intellectuelle et morale des jeunes générations, et de leur éveil à la raison et au sens critique juste, de l'élévation des esprits au-delà de l'envie et de la mesquinerie, on s'en fout un peu.
voilà où j'en suis pour le moment. (mais si quelqu'un arrive à inventer la gauche sans marx, ça peut être intéressant...)