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Critiques et apologies

Epistémologie et Philosophie des Sciences

Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /2009 17:02
Publié dans : Epistémologie et Philosophie des Sciences - Par Miky - Communauté : La commune des philosophes
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Lundi 21 avril 2008 1 21 /04 /2008 13:24

Le philosophe Jean Grondin est l'auteur d'un exposé critique et pédagogique du nominalisme et de ses rapports avec la question de l'existence de Dieu paru dans le journal Le Devoir du samedi 12 janvier et du dimanche 13 janvier 2008 ainsi que sur SME-Infonet, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire du Québec :

"Existence de Dieu : question ?".

Eh oui, vous avez bien lu "prêtres" et "Séminaire". Et si vous parcourrez (ce que je vous conseille vivement) cet article, vous remarquerez que l'auteur est plus que favorable à la croyance en Dieu, et pourtant, je tenais à vous faire partager cette lecture.

Juste Ciel ! Miky aurait-il perdu la raison ? Aurait-il connu sa nuit de feu ? Est-il en fait une taupe du Vatican infiltrée en milieu zététique ?... Que nenni ! Si je tiens tant que cela à vous faire lire ce texte, c'est que d'une, vous connaissez mon esprit non-partisan : mon seul intérêt est la Vérité, peu importe de quelle bouche elle peut sortir. De deux, Jean Grondin présente, dans cet article, de manière claire et compréhensible, un point important de métaphysique, qui a traversé toute l'histoire de la philosophie au moins depuis Occam, et qui structure l'essentiel des grands courants de pensée. De trois - et cela en étonnera peut-être certains - je partage assez la critique du nominalisme qu'esquisse l'auteur (je suis favorable à une sorte de réalisme modéré laissant la place, tant aux individus concrets qu'aux universaux abstraits qui les instancient). Enfin, de quatre, loin d'être un caillou dans ma chaussure, le réalisme, je pense, est parfaitement compatible avec mes conceptions philosophiques sur Dieu et le surnaturel. Autrement dit, le réalisme, bien qu'il soit revendiqué par l'Eglise catholique pour appuyer rationnellement l'existence de Dieu est inapproprié à cette tâche.

Certes, le réalisme implique bel et bien que nos concepts (du moins les plus naturels et les plus simples), surtout le plus général et englobant concept que nous ayons, à savoir le concept d'Être, existent réellement, et ne sont pas seulement des noms (pour Parménide, l'Être existe même par définition : "L'Être est, le non-Être n'est pas", et la philosophe athée Objectiviste Ayn Rand n'y dérogera pas : "L'Existence existe").

Mais le Dieu auquel l'Eglise catholique veut nous faire croire ne se contente pas de s'identifier à l'Être. Il est également un être, un individu singulier parmi d'autres. Certes, contrairement à d'autres êtres comme les êtres humains, les chaises, les pommes, etc., il n'est ni matériel, ni temporel, ni spatial. Certes, contrairement à ces êtres qui sont contingents, relatifs, en devenir et imparfaits, il est nécessaire, absolu, immuable et parfait, suprême. Mais à part ça, il possède bien des points communs avec les individus particuliers et concrets, notamment avec les êtres humains. Dieu, nous dit-on, est un être qui est personnel, qui est créateur, qui a un projet pour le monde et pour l'homme, qui juge nos actes et les rétribue (ou les rétribuera à la fin des temps), qui va nous sauver de la mort et nous faire participer à son Eternité (au moins si on a été droit et moral ou que l'on a demandé pardon pour nos pêchés, expié nos fautes et réparé nos erreurs). Et là, je ne décris pas spécialement le Dieu de la foi, connaissable uniquement à travers la Révélation, puisque des déistes comme Voltaire et Rousseau ont plus ou moins la même conception du "Grand Horloger" ou du "Grand Architecte" de l'Univers, et qu'en cela, ils rejoignent sensiblement l'opinion de plusieurs traditions religieuses qui n'ont pas grand'chose à voir avec le judéo-islamo-christianisme.

Car si maintenant je dois parler du Dieu de la foi, il faut ajouter également que ce Dieu, que l'on tient pour identique au Dieu des philosophes, lui-même prétenduement identique à l'Être en tant qu'Être, intervient activement dans l'Histoire, converse avec les mortels, a son petit caractère, a une idée puis change d'avis, se manifeste sous la forme d'une nuée ou d'un feu, se bat à mains nues avec les êtres humains, avant l'invention des dentifrices et des lessives était déjà trois en un depuis toujours, a un Fils unique qui est en même temps Lui-même et qui est mort sur une croix avant de ressusciter le troisième jour, a toute une clique d'anges à sa botte, et vit dans un Royaume qui n'est pas de ce monde... Sauf à prendre tout cela de manière allégorique et poétique, on est alors bien loin d'un simple concept réifié, immatériel et hors de l'espace-temps (dusse-t-il être, comme l'entendait Aristote, au fondement des choses, dans leur intimité, et non pas appartenir à un monde idéal totalement coupé du reste).

Lorsque les métaphysiciens chrétiens veulent défendre leur foi, et argumentent l'existence de leur Dieu en prenant appui sur le réalisme, ils ne peuvent être persuasifs qu'au prix d'un glissement sémantique contestable, faisant passer une essence substantielle, pour un être personnel et créateur, qui se serait, qui plus est, révélé aux hommes à travers la Bible...

Publié dans : Epistémologie et Philosophie des Sciences - Par Miky - Communauté : Religions en toute liberté
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /2008 01:03

Cher Matthieu,

Voici ma réaction
au volet IV de ton article "La pertinence rationnelle de la croyance en Dieu (et l'irrationnalité des croyances alternatives)".

Nous ne sommes pas autant en désaccord qu'on pourrait le penser. En particulier, je t'accorde volontiers que l'Univers (j'entends là l'Univers observable, mais je veux bien te concéder que c'est valable pour tout le réel), fondamentalement, dans ses aspects les plus généraux, possède une structure rationnelle, logique, mathématique, qui est pour ainsi dire en harmonie avec l'esprit humain qui cherche à le connaître. Cette idée, n'est pas prouvable et démontrable, mais elle est nécessaire à postuler pour qu'il soit possible de prouver ou de démontrer. Il est donc raisonnable, en un certain sens "méta-physique", de croire en ce Logos qui transparait dans l'Univers, que nos intuitions les plus fortes affirment, et surtout qu'on ne peut nier sans opérer une contradiction performative et sans saper les fondements de tout l'édifice de la connaissance.

Je suis d'accord également que l'univers observable n'est pas le tout de la réalité. Je t'avais dit mon accord avec ta réflexion sur le néant. On peut même y ajouter une raison a priori : Soit il existe quelque chose qui transcende l'expérience, soit il n'existe rien qui transcende l'expérience. Toutefois, il n'y a qu'une seule manière dont il peut ne rien n'exister qui transcende l'expérience, tandis qu'il y a une infinité de façons dont il peut exister quelque chose qui transcende l'expérience. Par conséquent, il est infiniment peu probable qu'il n'existe rien qui transcende l'expérience.

Voyons maintenant où nos opinions commencent à diverger :

- Ma certitude concernant la structure rationnelle de l'Univers est d'ordre pragmatique ou pratique, tandis que tu y vois une certitude absolue ce me semble. En pratique justement, cela revient au même. Je n'y vois donc pas une divergence suffisament fondamentale pour juger utile de s'y attarder.

- Tu étends sans vergogne cette rationnalité à la réalité dans son ensemble (aspect inobservable y compris) alors qu'il me semble, en toute rigueur, qu'il est suffisant de la restreindre à l'univers observable. Je ne suis pas sûr néanmoins que cette divergence soit si fondamentale non plus. Un peu plus que la précédente, peut-être. Mais comme je t'ai dit, je veux bien te concéder que c'est la réalité dans son ensemble, et non pas seulement la réalité observable, qui obéit à ce Logos. Question d'esthétique disons. Mais il serait tout aussi esthétique de supposer qu'il existe du supra-rationnel, comme il existe du supra-sensible. Ainsi, il y aurait trois niveau : le sensible, qui est en même temps rationnel ; le supra-sensible rationnel ; et le supra-sensible supra-rationnel.

Je vais bientôt en venir à nos points de désaccord plus profonds, après un bref récapitulatif de nos points d'accord :

Donc nous sommes d'accord qu'existe une réalité qui transcende en partie l'expérience et dont la structure est rationnelle (au moins en partie), d'une rationnalité qui fait échos à la rationnalité de l'esprit humain. "Et voilà, ainsi sont les choses", serais-je tenter de conclure, avant de passer à un autre chapitre. Mais visiblement, cela ne te satisfait pas, il reste des interrogations qui ne te paraissent pas résolues. Tu te demandes pourquoi le réel possède cette structure et surtout pourquoi, bizarrement, elle coincide si bien avec la structure de l'esprit humain. A la limite, que ta soif de compréhension ne se trouve pas étanchée par la considération de cette hypothèse métaphysique sur laquelle nous arrivons à peu près à nous entendre, je peux bien l'admettre. Là où je ne te suis plus, c'est lorsque tu prétends, non seulement qu'admettre l'existence de Dieu éclaire tout cela, mais encore que c'est la seule manière de l'éclairer !... et là je te renvois sur ce que j'ai écris concernant l'abduction. Mais je vais également te proposer une hypothèse alternative beaucoup plus simple.

Ce qui t'étonne visiblement le plus, c'est que l'on soit en présence de deux réalités : l'univers et l'esprit humain, dont la structure se trouve, "extraordinairement" selon toi, correspondre. Pour expliquer cette coincidence, tu ne peux envisager qu'une troisième réalité, Dieu, différente des deux autres, et les ayant calibrés de manière à ce qu'elles coincident. La rationnalité de l'univers et celle de l'esprit humain trouveraient donc leur source et leur modèle dans la rationnalité divine qui viendrait résoudre ce dualisme jugé par toi problématique en un monisme enfin satisfaisant pour l'esprit humain. Ce n'est pas de manière fortuite que ce dernier se trouve être en adéquation avec la rationnalité propre de l'univers, c'est Dieu, créateur de toutes choses, qui en a décidé ainsi.

Seulement voilà, mon cher Matthieu, tu oublies une donnée fondamentale du problème : ce dualisme n'est pas problématique... puisqu'il n'existe pas ! L'esprit humain appartient pleinement à l'univers et a été produit (avec ou sans l'aide de Dieu) par ce dernier. Or, comme les chiens ne font pas des chats, il n'est pas si étonnant que l'univers (qui est rationnel) produise un être dont le fonctionnement général se trouve lui être similaire (donc qui est rationnel lui aussi et d'une rationnalité semblable). C'est l'inverse qui serait plus étonnant !

Ajoutons à cela que du point de vue de l'évolution, il est beaucoup plus adaptatif d'avoir un système cognitif dont les règles de fonctionnement viennent comme calquer celles de l'univers (puisque cela permet de le connaître et donc d'agir sur lui), et donc que les êtres dont le système cognitif viendrait à s'écarter de trop de ces règles seraient trop désavantagés pour pouvoir tirer leur épingle du jeu, et tu as tout ce qu'il faut, me semble-t-il, pour résoudre ton "mystère".

Peut-être me feras-tu remarquer, cependant, que la capacité qu'à l'esprit humain de comprendre son environnement dépasse de loin les aspects de la réalité qui opèrent à une pression sélective sur les individus. En quoi les aspects subtils de la mécanique quantique, par exemple, peuvent bien être pertinents sur la vie des personnes ? Sauf que rien ne garantit que la mécanique quantique soit vraie... outre son adéquation éventuelle aux résultats de l'expérience ! On reste donc bien, quoique de manière indirecte, ancré à la réalité sensible.

D'ailleurs, peut-être qu'une autre théorie partant de présupposés différents pourrait tout aussi bien décrire le monde physique que la mécanique quantique et être tout aussi rationnelle. Par conséquent, que l'esprit humain soit capable de concevoir la mécanique quantique n'a rien de particulièrement mystérieux.

Tu me diras peut-être : que cela soit la mécanique quantique ou une autre théorie X concurrente, on reste bien, dans les deux cas, dans le registre de théories rationnelles. Une théorie irrationnelle ne pourrait-elle pas aussi bien décrire la réalité sensible ? Eh bien non : si le réel sensible est (nous sommes d'accord) rationnel, alors il va de soi qu'une théorie irrationnelle ne pourra pas aussi bien le décrire qu'une théorié rationnelle...

Si cela ne suffit pas à te convaincre, alors laisse-moi en rajouter une couche : nous sommes d'accord, je l'espère, que la présence des aspects de l'intelligence qui sont les plus utilitaires peuvent forts bien s'expliquer par un processus néo-darwinien. Le doute reste sur la composante plus réflexive de l'intelligence. Mais même à supposer que la sélection naturelle n'ait pas de prise sur elle, il se pourrait que cette composante réflexive de l'intelligence soit un effet secondaire de l'intelligence utilitaire dont elle constituerait une sorte de perfectionnement possible, une conséquence naturelle et/ou nécessaire. Ces deux intelligences seraient constitutives d'une troisième qui constituerait l'archétype génomique de toute intelligence possible se développant d'une manière ou d'une autre en fonction de l'environnement. Il n'y aurait donc pas l'intelligence utilitaire d'un côté et l'intelligence réflexive de l'autre. Il y aurait l'intelligence en général. Et les contraintes adaptatives sélectionnerait cette dernière dans son expression utilitaire. Elle permettrait ensuite le développement possible de la réflexion pure.

Bien amicalement,

Miky

Publié dans : Epistémologie et Philosophie des Sciences - Par Miky - Communauté : Les philosophes épars
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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /2008 20:51

Chers amis lecteurs,

Cet article est une réponse à un court article de Christian MICHEL, « Dieu et la connaissance scientifique. », publié sur son site Liberalia, et que l'auteur m'avait signalé au détour d'un forum de discussion Internet.

J'avais affirmé qu' « une connaissance de la transcendance par les seules lumières de la raison naturelle n'est pas entièrement exclue, si c'est à partir de l'expérience d'une intrusion de cette transcendance dans le monde sensible. Toutefois, de telles expériences, à supposer qu'elles se produisent de temps à autre, ne sont ni vérifiables ni contrôlables. Elles ne peuvent donc faire l'objet d'un savoir objectif admissible par tous, mais seulement par la ou les personne(s) qui en ont été les témoins directs. »

Christian me répliqua : 

« Je ne suis pas entièrement d’accord. La transcendance, comme vous dites, ne se découvre pas seulement lorsqu’elle fait "intrusion dans notre monde sensible". Nous pouvons la chercher. Le rôle des églises, justement, et de la pratique qu’elles exigent de nous, consiste à créer les conditions de cette découverte de la transcendance.

Si vous ne pratiquez pas, vous êtes comme ces gens qui trouveront une pépite d’or au détour d’un chemin. Autant dire qu’ils sont rares. Les vrais chercheurs d’or se donnent les moyens qu’il faut. Orpailleurs ou mineurs, ils creusent et filtrent et retournent la terre, et avec plus ou moins de chance, ils trouvent.

Il peut y avoir des gens, bien sûr, qui doutent de l’existence même de l’or sans avoir pris la peine de le chercher. Mais alors ils font un acte de foi tout aussi spéculatif et peu scientifique que celui qu’ils reprochent à ceux qui cherchent sans avoir encore trouvé.  »


Puis il me signala son article.

Voici la réponse que je lui fis :

« Cher Christian,

[...]

J'ai lu votre article. Ce que vous dites est intéressant et, figurez-vous que je serais presque d'accord avec vous. Presque, car j'ai quelques petits bémols à apporter :

L'idée suivant laquelle il existerait certaines conditions favorisant la découverte de la transcendance, et dans lesquels une certaine pratique spirituelle serait susceptible de nous placer est tout à fait admissible en soi. Seulement voilà, comme vous semblez l'admettre vous-même, cela facilite peut-être la découverte de la transcendance, mais cela ne la garantit pas (j'ai pratiqué le christianisme pendant plusieurs années, cela ne m'a pas gardé chrétien, alors que je ne crois pas avoir notablement échoué dans ma pratique). C'est logique d'ailleurs. La transcendance obéit à d'autres règles, elle est peut-être habitée par des entités douées de libre-arbitre (Dieu, anges, démons, esprits divers et variés, etc.) qui ne vont pas mécaniquement se manifester dès lors que l'on aura fait les bons gestes. Il y a donc une part irréductible et probablement importante de non-contrôlable. Partant, les mêmes causes de notre point de vue n'engendreront pas forcément les mêmes effets. Peut-on alors parler de véritable "science du transcendant" comme on parlerait de sciences économiques, de sciences physiques, de sciences de la vie et de la Terre ? Je ne suis pas sûr. Même une science réputée inexacte comme la sociologie peut établir des modèles statistiquement valables. Il y a de l'erreur certes, mais on peut la prédire, la calculer. Je ne crois pas que celà puisse être le cas pour la transcendance. Peut-on dire que quelqu'un qui pratique la religion catholique a, mettons, 50% de chance de rencontrer Dieu ? Dieu, de son côté, ne peut-il pas changer les règles du jeu à notre insu et, par exemple, ne plus se manifester à personne, ou au contraire se manifester à tout le monde ? Pour dire les choses autrement, ce n'est pas parce que l'on va se fabriquer des radio-opérateurs, que des vivres vont tomber du ciel (je fais référence ici au cas très intéressant du
"Culte du cargo").

Ensuite, qu'une certaine pratique puisse disposer favorablement à la découverte de pans habituellement ignorés de la réalité est une chose. Qu'il faille oublier ce qu'aucune pratique particulière nous permet de découvrir en est une autre. Or, je veux bien qu'une certaine pratique spirituelle puisque conduire à affirmer : "il existe un démiurge, je l'ai rencontré en procédant de telle façon", "il existe un Grand Horloger, je l'ai rencontré en procédant de telle façon", "Poséidon existe, je l'ai rencontré en procédant de telle façon", etc. Mais affirmer : "il existe un Dieu tout-puissant et bon, je l'ai rencontré en procédant de telle façon" c'est également affirmer quelque chose à propos de la réalité de tous les jours que chacun peut expérimenter sans de longues heures d'ascèses. [C'est affirmer que tout va bien dans l'Univers, qu'il n'y a ni souffrance ni mal, or] je pense que cette affirmation ne se vérifie pas dans notre vie quotidienne, alors qu'elle le devrait, et donc qu'un Dieu tout-puissant et bon n'existe pas. Ce qui ne veut pas forcément dire que l'expérience spirituelle à l'origine de cette affirmation est totalement nulle et non avenue, mais qu'elle doit être relativisée à la lumière de cette expérience bien matérielle du mal.

Enfin, comment expliquer que des gens ayant des pratiques spirituelles parfois proches sinon identiques puissent ne pas se mettre d'accord sur la nature de la transcendance ? En sciences, les conflits portent souvent sur les théories, rarement sur les faits. Lorsqu'ils portent sur les faits, il est possible de suspecter un biais dans le protocole expérimental. Mais comment juger d'un biais dans un "protocole religieux" ? Les catholiques pensent naturellement que la bonne méthode est la méthode catholique et que tout ce qui en divergera introduira des biais. Mais qu'en savent-ils ? Pourquoi ne serait-ce pas la méthode othodoxe ou la méthode protestante qui serait la bonne ? On pourrait se dire : les différentes méthodes et pratiques spirituelles donnent chacune un éclairage valable sur la transcendance et il faut les penser en complémentarité, ne pas les opposer. Parfois, c'est possible. Mais pas tout le temps. Certaines divergences théologiques sont irréductibles. Donc à moins de renoncer à toute cohérence du monde surnaturel, je ne vois pas comment on peut les admettre toutes d'emblée. Par exemple vous, Christian, comment pouvez-vous être sûr que l'âme individuelle ne fusionne pas dans l'âme du monde à l'issu de plusieurs réincarnations ainsi que l'enseigne l'hindouisme ? Si vous vous basez sur votre expérience de la pratique catholique uniquement pour en juger, vous passez peut-être à côté de quelque chose. Il vous faut également pratiquer l'hindouisme pour comprendre ce qu'expérimentent les hindous dans leur pratique et qui les convaint de la métempsycose et de la dissolution d'Atman dans Brahman. Si, donc, il n'est pas possible de superposer toutes les traditions religieuses, alors il reste comme deuxième stratégie de les interséquer, de manière à ne garder comme valable que ce qui est commune à toutes. Mais je crains alors que la transcendance ne se réduise finalement à bien peu de chose. Qu'y a-t-il en effet de commun à toutes les grandes sagesses religieuses du monde ? Quelques grands préceptes moraux peut-être, une vague idée du divin, une certaine notion d'immortalité, et c'est à peu près tout...

Bien à vous,
Mikaël  »

J'ignore si j'ai réussi à convaincre Christian, mais toujours est-il qu'à l'heure actuelle, ma critique est restée sans réponse de sa part.
Publié dans : Epistémologie et Philosophie des Sciences - Par Miky - Communauté : Religions en toute liberté
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Lundi 31 décembre 2007 1 31 /12 /2007 12:43

Chers amis lecteurs,

Je viens de finir de mettre au point un article de 44 pages (ouf !) qui reprend, corrige et approfondi mes trois articles "Inférence à la meilleure explication... ou à l'explication favorite ?", et répond à certaines des objections (notamment celles de François de Monneron relatives au principe de simplicité) qu'ils avaient soulevés.

Comme mes faibles revenus et la réalisation de divers projets d'ordre personnel font que j'ai besoin d'argent, que j'ai pris beaucoup de temps (vous vous en doutez...) sur cet article (dont un certain temps que j'aurais pu utiliser pour préparer mes concours), que j'ambitionne de le publier dans une revue spécialisée en philosophie, et que j'ai essayé de faire de mon mieux pour en soigner la qualité tant stylistique qu'argumentative et syntaxique (même s'il demeure des imperfections), j'ai décidé (après mûre réflexion) de demander une petite contribution financière à toute personne désireuse d'en prendre connaissance. Pour cela, j'utilise le système Allopass, qui est d'une grande souplesse pour les webmasteurs mais aussi pour leurs usagers.

L'article est disponible à l'adresse suivante :

http://mugneret.club.fr/allopass/IME.htm

Une fois que vous aurez suivi les instructions indiquées, vous recevrez un code valable une fois. 

Attention : votre navigateur doit accepter les cookies. Merci.


Ne croyez pas que je suis en train de devenir bassement mercantile. Si j'occupais une chaire de chercheur ou d'enseignant-chercheur titulaire, je n'aurais évidemment pas besoin de faire payer mes articles. Mais le système veut que tel n'est pas le cas... Donc merci pour votre indulgence.

Pour ne pas vous laisser entièrement sur votre faim, voici gratuitement l'introduction, deux extraits du développement, la conclusion et la bibliographie de l'article :

http://mugneret.club.fr/allopass/IMEextraits.pdf 

Merci pour les commentaires (du signalement des simples coquilles aux critiques de fond) que vous voudrez bien me laisser et susceptible d'améliorer cet article, donc d'augmenter les chances qu'il soit publié, donc d'augmenter les chances que j'obtienne un jour un poste dans l'enseignement supérieur et/ou la recherche, donc que je puisse proposer gratuitement mes articles les plus aboutis (dont celui-ci) :-)

Publié dans : Epistémologie et Philosophie des Sciences - Par Miky
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