Recherche

Playlist Deezer "métazétienne"

Pour une Spiritualité Laïque

Vendredi 24 juillet 2009 5 24 /07 /2009 11:55
Un texte fondamental de la philosophie. Croyant ou non, on y trouvera de quoi se réconforter sur la mort. La perspective du néant peut en effet guetter le croyant lui-même, qui, à de rares exceptions près, ne saurait être convaincu à 100% (sinon par la seule foi) par l'immortalité de l'âme ou la Résurrection. Eh bien, ce que ce texte dit, entre autres choses, c'est que de toute façon, même s'il n'y a pas d'âme, pas d'immortalité personnelle, pas de Résurrection, il n'y a nul besoin de s'angoisser pour la mort, car le néant, lui non plus, n'existe pas. Attendre la mort avec angoisse, à cause du néant, c'est donc, strictement parlant, s'inquiéter pour... rien !

Épicure à Ménécée, salut.

Même jeune, on ne doit pas hésiter à philosopher. Ni, même au seuil de la vieillesse, se fatiguer de l’exercice philosophique. Il n’est jamais trop tôt, qui que l’on soit, ni trop tard pour l’assainissement de l’âme. Tel, qui dit que l’heure de philosopher n’est pas venue ou qu’elle est déjà passée, ressemble à qui dirait que pour le bonheur, l’heure n’est pas venue ou qu’elle n’est plus. Sont donc appelés à philosopher le jeune comme le vieux. Le second pour que, vieillissant, il reste jeune en biens par esprit de gratitude à l’égard du passé. Le premier pour que jeune, il soit aussi un ancien par son sang-froid à l’égard de l’avenir. En définitive, on doit donc se préoccuper de ce qui crée le bonheur, s’il est vrai qu’avec lui nous possédons tout, et que sans lui nous faisons tout pour l’obtenir. Ces conceptions, dont je t’ai constamment entretenu, garde-les en tête. Ne les perds pas de vue quand tu agis, en connaissant clairement qu’elles sont les principes de base du bien vivre.

D’abord, tenant le dieu pour un vivant immortel et bienheureux, selon la notion du dieu communément pressentie, ne lui attribue rien d’étranger à son immortalité ni rien d’incompatible avec sa béatitude. Crédite-le, en revanche, de tout ce qui est susceptible de lui conserver, avec l’immortalité, cette béatitude. Car les dieux existent : évidente est la connaissance que nous avons d’eux. Mais tels que la foule les imagine communément, ils n’existent pas : les gens ne prennent pas garde à la cohérence de ce qu’ils imaginent. N’est pas impie qui refuse des dieux populaires, mais qui, sur les dieux, projette les superstitions populaires. Les explications des gens à propos des dieux ne sont pas des notions établies à travers nos sens, mais des suppositions sans fondement. A cause de quoi les dieux nous envoient les plus grands malheurs, et faveurs : n’ayant affaire en permanence qu’à leurs propres vertus, ils font bonne figure à qui leur ressemble, et ne se sentent aucunement concernés par tout ce qui n’est pas comme eux.

Familiarise-toi avec l’idée que la mort n’est rien pour nous, puisque tout bien et tout mal résident dans la sensation, et que la mort est l’éradication de nos sensations. Dès lors, la juste prise de conscience que la mort ne nous est rien autorise à jouir du caractère mortel de la vie : non pas en lui conférant une durée infinie, mais en l’amputant du désir d’immortalité.

Il s’ensuit qu’il n’y a rien d’effrayant dans le fait de vivre, pour qui est radicalement conscient qu’il n’existe rien d’effrayant non plus dans le fait de ne pas vivre. Stupide est donc celui qui dit avoir peur de la mort non parce qu’il souffrira en mourant, mais parce qu’il souffre à l’idée qu’elle approche. Ce dont l’existence ne gêne point, c’est vraiment pour rien qu’on souffre de l’attendre ! Le plus effrayant des maux, la mort ne nous est rien, disais-je : quand nous sommes, la mort n’est pas là, et quand la mort est là, c’est nous qui ne sommes pas ! Elle ne concerne donc ni les vivants ni les trépassés, étant donné que pour les uns, elle n’est point, et que les autres ne sont plus. Beaucoup de gens pourtant fuient la mort, soit en tant que plus grands des malheurs, soit en tant que point final des choses de la vie. Le philosophe, lui, ne craint pas le fait de n’être pas en vie : vivre ne lui convulse pas l’estomac, sans qu’il estime être mauvais de ne pas vivre. De même qu’il ne choisit jamais la nourriture la plus plantureuse, mais la plus goûteuse, ainsi n’est-ce point le temps le plus long, mais le plus fruité qu’il butine ? Celui qui incite d’un côté le jeune à bien vivre, de l’autre le vieillard à bien mourir est un niais, non tant parce que la vie a de l’agrément, mais surtout parce que bien vivre et bien mourir constituent un seul et même exercice. Plus stupide encore celui qui dit beau de n’être pas né, ou sitôt né, de franchir les portes de l’Hadès.

S’il est persuadé de ce qu’il dit, que ne quitte-t-il la vie sur-le-champ ? Il en a l’immédiate possibilité, pour peu qu’il le veuille vraiment. S’il veut seulement jouer les provocateurs, sa désinvolture en la matière est déplacée. Souvenons-nous d’ailleurs que l’avenir, ni ne nous appartient, ni ne nous échappe absolument, afin de ne pas tout à fait l’attendre comme devant exister, et de n’en point désespérer comme devant certainement ne pas exister.

Il est également à considérer que certains d’entre les désirs sont naturels, d’autres vains, et si certains des désirs naturels sont contraignants, d’autres ne sont... que naturels. Parmi les désirs contraignants, certains sont nécessaires au bonheur, d’autres à la tranquillité durable du corps, d’autres à la vie même. Or, une réflexion irréprochable à ce propos sait rapporter tout choix et rejet à la santé du corps et à la sérénité de l’âme, puisque tel est le but de la vie bienheureuse. C’est sous son influence que nous faisons toute chose, dans la perspective d’éviter la souffrance et l’angoisse. Quand une bonne fois cette influence a établi sur nous son empire, toute tempête de l’âme se dissipe, le vivant n’ayant plus à courir comme après l’objet d’un manque, ni à rechercher cet autre par quoi le bien, de l’âme et du corps serait comblé. C’est alors que nous avons besoin de plaisir : quand le plaisir nous torture par sa non-présence. Autrement, nous ne sommes plus sous la dépendance du plaisir.

Voilà pourquoi nous disons que le plaisir est le principe et le but de la vie bienheureuse. C’est lui que nous avons reconnu comme bien premier, né avec la vie. C’est de lui que nous recevons le signal de tout choix et rejet. C’est à lui que nous aboutissons comme règle, en jugeant tout bien d’après son impact sur notre sensibilité. Justement parce qu’il est le bien premier et né avec notre nature, nous ne bondissons pas sur n’importe quel plaisir : il existe beaucoup de plaisirs auxquels nous ne nous arrêtons pas, lorsqu’ils impliquent pour nous une avalanche de difficultés. Nous considérons bien des douleurs comme préférables à des plaisirs, dès lors qu’un plaisir pour nous plus grand doit suivre des souffrances longtemps endurées. Ainsi tout plaisir, par nature, a le bien pour intime parent, sans pour autant devoir être cueilli. Symétriquement, toute espèce de douleur est un mal, sans que toutes les douleurs soient à fuir obligatoirement.

C’est à travers la confrontation et l’analyse des avantages et désavantages qu’il convient de se décider à ce propos. Provisoirement, nous réagissons au bien selon les cas comme à un mal, ou inversement au mal comme à un bien.

Ainsi, nous considérons l’autosuffisance comme un grand bien : non pour satisfaire à une obsession gratuite de frugalité, mais pour que le minimum, au cas où la profusion ferait défaut, nous satisfasse. Car nous sommes intimement convaincus qu’on trouve d’autant plus d’agréments à l’abondance qu’on y est moins attaché, et que si tout ce qui est naturel est plutôt facile à se procurer, ne l’est pas tout ce qui est vain. Les nourritures savoureusement simples vous régalent aussi bien qu’un ordinaire fastueux, sitôt éradiquée toute la douleur du manque : galette d’orge et eau dispensent un plaisir extrême, dès lors qu’en manque on les porte à sa bouche. L’accoutumance à des régimes simples et sans faste est un facteur de santé, pousse l’être humain au dynamisme dans les activités nécessaires à la vie, nous rend plus aptes à apprécier, à l’occasion, les repas luxueux et, face au sort, nous immunise contre l’inquiétude.

Quand nous parlons du plaisir comme d’un but essentiel, nous ne parlons pas des plaisirs du noceur irrécupérable ou de celui qui a la jouissance pour résidence permanente — comme se l’imaginent certaines personnes peu au courant et réticentes, ou victimes d’une fausse interprétation — mais d’en arriver au stade où l’on ne souffre pas du corps et ou l’on n’est pas perturbé de l’âme. Car ni les beuveries, ni les festins continuels, ni les jeunes garçons ou les femmes dont on jouit, ni la délectation des poissons et de tout ce que peut porter une table fastueuse ne sont à la source de la vie heureuse : c’est ce qui fait la différence avec le raisonnement sobre, lucide, recherchant minutieusement les motifs sur lesquels fonder tout choix et tout rejet, et chassant les croyances à la faveur desquelles la plus grande confusion s’empare de l’âme.

Au principe de tout cela, comme plus grand bien : la prudence. Or donc, la prudence, d’où sont issues toutes les autres vertus, se révèle en définitive plus précieuse que la philosophie : elle nous enseigne qu’on ne saurait vivre agréablement sans prudence, sans honnêteté et sans justice, ni avec ces trois vertus vivre sans plaisir. Les vertus en effet participent de la même nature que vivre avec plaisir, et vivre avec plaisir en est indissociable.

D’après toi, quel homme surpasse en force celui qui sur les dieux nourrit des convictions conformes à leurs lois ? Qui face à la mort est désormais sans crainte ? Qui a percé à jour le but de la nature, en discernant à la fois comme il est aisé d’obtenir et d’atteindre le « summum » des biens, et comme celui des maux est bref en durée ou en intensité ; s’amusant de ce que certains mettent en scène comme la maîtresse de tous les événements — les uns advenant certes par nécessité, mais d’autres par hasard, d’autres encore par notre initiative —, parce qu’il voit bien que la nécessité n’a de comptes à rendre à personne, que le hasard est versatile, mais que ce qui vient par notre initiative est sans maître, et que c’est chose naturelle si le blâme et son contraire la suivent de près (en ce sens, mieux vaudrait consentir à souscrire au mythe concernant les dieux, que de s’asservir aux lois du destin des physiciens naturalistes : la première option laisse entrevoir un espoir, par des prières, de fléchir les dieux en les honorant, tandis que l’autre affiche une nécessité inflexible).

Qui témoigne, disais-je, de plus de force que l’homme qui ne prend le hasard ni pour un dieu, comme le fait la masse des gens (un dieu ne fait rien de désordonné), ni pour une cause fluctuante (il ne présume pas que le bien ou le mal, artisans de la vie bienheureuse, sont distribués aux hommes par le hasard, mais pense que, pourtant, c’est le hasard qui nourrit les principes de grands biens ou de grands maux) ; l’homme convaincu qu’il est meilleur d’être dépourvu de chance particulière tout en raisonnant bien que d’être chanceux en déraisonnant, l’idéal étant évidemment, en ce qui concerne nos actions, que ce qu’on a jugé « bien » soit entériné par le hasard.

A ces questions, et à toutes celles qui s’y rattachent, réfléchis jour et nuit pour toi-même et pour qui est semblable à toi, et veillant ou rêvant jamais rien ne viendra te troubler gravement : ainsi vivras-tu comme un dieu parmi les humains. Car il n’a rien de commun avec un vivant mortel, l’homme vivant parmi des biens immortels.

 

Publié dans : Pour une Spiritualité Laïque - Par Miky - Communauté : Religions en toute liberté
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /2008 13:51

Métaphysique et théologie :


L'athéisme n'est qu'une option négative qui se définie par rapport à une philosophie, le théisme, qu'il rejette. Au-delà de ça, les athées peuvent être très divers...


Je préfère donc dire que je suis naturaliste, car le naturalisme, lui, est une option positive. Il s'agit d'affirmer que la Nature et ce qu’elle contient existent et qu’ils sont la seule réalité existante. Mon adhésion au naturalisme est surtout épistémologique : peut-être existe-t-il autre chose que la Nature (pour ma part j'en suis intimement convaincu), mais la seule chose que l'on peut connaître avec certitude et objectivité est la Nature. On peut donc dire que je suis un « naturaliste agnostique ».


Par Nature, il ne faut pas entendre uniquement la matière brute. Le naturalisme n’est pas le matérialisme. Les lois de la Nature ne sont pas à proprement parler matérielles, pas plus que les champs de force, l'énergie, etc. Par ailleurs, on peut admettre que l'organisation de la matière entraine l'émergence de nouvelles propriétés non réductibles à celles présentes dans les éléments de départ pris isolément. Le tout, en quelque sorte, est supérieur à la somme de ses parties.


On peut donc être naturaliste et croire - c'est mon cas - en l'existence d'un libre-arbitre métaphysique, d'une morale objective inscrite dans la Nature, voire ne pas être totalement fermé à l’idée d’un « moi » absolu, etc.


La notion d'émergence, lorsqu'on la prend en son sens le plus fort, ontologique, a quelque chose de déstabilisant pour l'esprit. Comment une propriété entièrement nouvelle peut-elle apparaître comme ça du pur néant, en n'ayant pas déjà été présente, en puissance, dans les éléments de base ?


Je suis conscient de cette difficulté. C'est pourquoi je soutiens que les plus hautes facultés de l'esprit sont déjà présentes, à l'état latent, au sein de la Nature, peut-être même au sein des particules matérielles les plus fondamentales (mais là je ne m’avancerai pas trop). L'organisation de la matière joue en quelque sorte le rôle d'une clef ou si l'on préfère d'un révélateur : elle permet à ce qui existe déjà éternellement de s'exprimer dans la temporalité. Là, j'avoue que je lorgne sérieusement vers le panthéisme, je ne m'en cache pas. Le panthéisme est en quelque sorte le chaînon manquant entre le naturalisme pur et dur et le déisme. Il reste malgré tout naturaliste, dans la mesure où c'est une philosophie moniste et qu’il rejette la notion d'interventions surnaturelles dans l'ordre naturel des choses.


On peut donc dire aussi que je suis un « naturaliste déiste ». Mais alors pourquoi est-ce que je dis que je suis athée ? Parce que je prends ce terme selon son sens étymologique d'opposition au théisme. Je ne crois guère, en effet, en un Dieu transcendant et personnel, créateur du monde ; et je crois encore moins que ce Dieu, s'il existe, soit à la fois bon et puissant (et a fortiori infiniment bon et tout-puissant). Je ne le crois pas, car je constate chaque jour à quel point le mal et la souffrance dominent dans le monde. Je ne peux pas adorer un Dieu – c'est viscéral – qui laisse mourir dans la souffrance la plus abjecte des enfants innocents dans les mains de monstres comme Dutroux... alors qu'il pourrait les sauver de cet enfer...


Au final, mon naturalisme apparaît assez modéré, car essentiellement épistémologique.


On pourrait se dire que ce que j’appelle la Nature, étant donnée la définition que j’en donne, n’est qu’un nom « politiquement correct » pour désigner ce que d’autres appellent Dieu.


Mon concept de Nature peut être, en effet, utilement comparé à celui de Dieu. Il lui ressemble un peu, sauf que :


  • Je récuse tout anthropomorphisme : il s'agit d'un principe d'existence et d'unité, non d'un être particulier, personnel et doué de bonté à qui on adresserait des prières et qui pourrrait ou voudrait y répondre. Il n'a pas de plan pour l'homme qui n'est qu'un être parmi d'autres. Il ne transgresse pas les lois de la Nature en faisant des miracles, car ça contredirait sa propre essence.

  • Il ne créé pas les êtres ex nihilo. Ceux-ci sont des affections de sa substance. Il n'y a pas de séparation ontologique entre la Nature et les êtres qui la composent. Si vous voulez une image, c'est comme l'homme et les cellules de son corps.


Donc en deux mots, je dis non à l'anthropomorphisme et au dualisme.


Spiritualité et fondements de l’éthique :


Voici comment je vois les choses pour ma part, selon ma vision naturaliste :

  • il y a notre conscience individuelle, à laquelle on tient beaucoup (enfin chacun tient beaucoup à la sienne)

  • mais il y a aussi la conscience en tant que phénomène générique, qui peut être instanciée par divers êtres particuliers, de même qu'il existe le bleu générique, qui est instancié par tous les objets bleus


Lorsque l'on meurt, notre conscience individuelle disparaît en tant que conscience individuelle, mais cela ne veut pas dire (bien entendu) que le phénomène « conscience » disparaît de tout l'univers, puisque d'autres personnes continuent d'exister !


Or ces autres consciences, je maintiens, en tant que naturaliste, qu'elles ne diffèrent pas absolument entre elles et qu’elles ne différent pas absolument de la mienne. Bien sûr, on a l'impression du contraire, parce que notre corps nous interdit d'être en contact direct avec les autres consciences individuelles. Mais cette distinction est relative et non pas absolue. Inconsciemment ou consciemment on fait donc un peu ce genre de raisonnement :

  • j'expérimente mon corps et celui d'autrui de la même manière : par conséquent, matériellement, mon corps et celui d'autrui ne diffèrent pas fondamentalement ;

  • or j'expérimente mon âme et celle d'autrui différemment : mon âme est pleine de sensations de joie, de peine, de douleur, etc. tandis que celle d'autrui ne me fait pas tous ces effets, par conséquent, spirituellement, mon âme et celle d'autrui diffèrent fondamentalement ; et par conséquent, nos âmes sont également ontologiquement distinctes de nos corps.

C'est donc à un dualisme entre l'âme et le corps et même à un pluralisme entre toutes les âmes auquel on est conduit par ce genre d'expérience.


Cette théorie, d'après moi, est fausse, mal fondée en tout cas, et surtout cause de beaucoup de souffrances car on va s'attacher, que dis-je, se cramponner à notre petit moi individuel en croyant qu'il est pour lui-même ce qu'il y a de plus précieux au monde...


La voie spirituelle que je propose, consiste au contraire à prendre conscience du caractère relatif de notre égo, et de s'identifier à la conscience générique dont il n'est qu'une individualisation provisoire.


La meilleure image que j'ai trouvé pour faire comprendre cela est la suivante : tout se passe comme s'il n'y avait absolument qu'une seule personne consciente qui existe, mais dont l'esprit est très dissocié, à l'image (puissance mille !) de ces patients dont on a sectionné les deux hémisphères cérébraux pour soigner des formes particulièrement sévères d'épilepsie. Dans certaines conditions expérimentales, tout se passe comme si leur conscience... se dédoublait littéralement !... au mépris de ce que l'on croit savoir sur notre âme et sa prétendue unicité...


La mort n'est donc rien pour nous, pas parce qu'après elle nous existerions plus. Certes, Pierre, Paul, Jacques, n’existeront plus, car il y aura destruction de la conscience individuelle. La mort n’est cependant rien pour nous – un « nous » absolu, le même pour tous ! – parce qu'elle est un phénomène qui ne touche que très localement la conscience entendue comme phénomène générique, et qui vit constamment et depuis plusieurs millénaires des milliards d’existences simultanées et dissociées les unes des autres.


Nous existerons donc plus tard, parce que nous avons déjà existé avant, et que nous existons déjà ailleurs...


Le « salut », sachant cela, consiste donc à œuvrer, dès maintenant, pour plus de justice et d'amour dans le monde, et peut-être, qui sait, atteindre une sorte de Point Oméga qui correspondra à une parfaite réunification de tous ces bouts de conscience que sont nos consciences individuelles en une seule conscience quasi-« divine ».


Moralement, cette pensée fonde particulièrement bien l'éthique, je trouve. Car en effet, on comprend dès lors que le mal que l'on fait aux autres, c'est quelque part à nous-même que nous le faisons, puisque, d'un point de vue absolu, nous sommes les autres et les autres sont nous.


Le point de vue développé ici ne m'est pas personnel, d'autres naturalistes le partagent, par exemple Thomas W. Clark, Death, Nothingness and Subjectivity


Je ne vous cacherai pas qu'on trouve à peu près la même spiritualité, tant dans le naturalisme, que dans le bouddhisme.


Ceci est la spiritualité « de base » que je professe et que j'essaye de vivre. Mais comme je ne suis pas un naturaliste intégriste, je n'exclue pas l'éventualité d'avoir une âme immortelle, mais alors ça sera plutôt de manière thomiste que cartésienne que je l'envisagerai, car s'il y a bien un point où je dois admettre que l'Église catholique a été lucide, c'est d'avoir pris au sérieux l'anthropologie de St Thomas d'Aquin, plutôt que le cartésianisme de l'époque moderne. St Thomas d'Aquin, lorsqu'il parle de la personne humaine, au fond, est quelque peu « panthéiste ». Je m'explique : l'âme est le principe premier de la vie corporelle, dont elle est inséparable et co-dépendante. Elle est la forme et le corps est la matière. Cela rejoint la façon panthéiste (ou disons panenthéiste) d'envisager les rapports entre « Dieu » (ou la Nature « naturante ») et les êtres naturels (la Nature « naturée »).

Publié dans : Pour une Spiritualité Laïque - Par Miky - Communauté : Religions en toute liberté
Ecrire un commentaire - Voir les 81 commentaires - Recommander
Vendredi 19 mai 2006 5 19 /05 /2006 01:09

Quelques références internet pour vous faire découvrir cette conception originale du divin (la seule, selon moi, à concilier une conception "forte" du divin, avec une plausibilité scientifique ; et qui s'avère finalement davantage plausible également sur un plan biblique) :

http://castelg.club.fr/gl63.htm

http://biblio.domuni.org/articlestheo/process/

http://pageperso.aol.fr/lescof/process.html

Publié dans : Pour une Spiritualité Laïque - Par Miky
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 24 avril 2006 1 24 /04 /2006 01:27

Un texte épatant du catholique libéral Marcel Légaut (1900-1990) :

http://legaut.chez-alice.fr/foi/atheisme.htm

Merci Marcel ! :-)

Publié dans : Pour une Spiritualité Laïque - Par Miky
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Connais-toi toi-même

Tempus fugit

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Concours

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés