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Mes interventions sur divers forums de discussion

Lundi 9 octobre 2006

Je suis prêt à discuter sereinement et en argumentant avec toutes sortes de personnes, même celles qui défendent des positions que je trouve choquantes, et qui sont complétement à l'opposé de mes convictions... Malheureusement, le recul critique et l'ouverture à la contradiction ne sont pas partagés par tous mes interlocuteurs... En témoigne cette tentative (qui tourna court) de dialogue avec Yves Daoudal, directeur de la rédaction du magazine frontiste National-Hebdo, sur son blog, concernant le sujet de l'homosexualité...

Pour la bonne compréhension du débat, je me permet de citer in extenso l'article auquel je répond :

03 octobre 2006

Homophobie

Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Terry Davis, menace de porter devant le comité des ministres l’homophobie du gouvernement polonais.

Il s’agit toujours de l’affaire du limogeage du directeur du centre de formation continue des enseignants, consécutif à l’édition en polonais, par cet organisme, d’une brochure du conseil de l’Europe demandant aux enseignants d’inviter des organisations d’homosexuels pour parler de la « discrimination ».

Terry Davis avait sommé le gouvernement polonais de s’expliquer sur ce « comportement homophobe ». Il vient de recevoir une réponse qui ne le satisfait pas. S’il n’obtient rien de plus, il fera un rapport au comité des ministres pour que les Etats membres se saisissent de ce scandale. Car « les valeurs du Conseil de l’Europe ne sont pas des plats sur un buffet où les gouvernements pourraient piocher à leur guise ».

Ainsi donc, il est homophobe, selon le Conseil de l’Europe, de refuser la promotion de l’homosexualité, particulièrement auprès des enfants.

Les « valeurs » de leur Europe sont décidément de plus en plus répugnantes.

10:15 Publié dans Culture de mort , Dans le monde , Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags: Pologne, culture de mort, Europe

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Commentaires

Bonjour,

Je ne suis pas bien au courant de cette affaire. Ma question portera donc exclusivement sur ce qui ressort de votre article. La brochure du conseil de l'Europe demandait aux enseignants, dites-vous, d'inviter des organisations d'homosexuels pour parler de la discrimination. Or, vous concluez ironiquement : "ainsi donc, il est homophobe, selon le Conseil de l'Europe, de refuser la promotion de la sexualité, particulièrement auprès des enfants."

Anti-discrimination, promotion, ne sautez-vous pas un peu vite du premier au second ? Je ne pense pas que ce soit pareil de lutter contre les discriminations injustes (même l'Eglise Romaine, dans son catéchisme, est contre les discriminations injustes envers les personnes homosexuelles), et de faire la promotion d'un style de vie !

Pour prendre un exemple similaire (enfin il vous apparaîtra probablement similaire, puisque votre église soutient que l'homosexualité est une maladie, ce que je conteste, mais c'est un autre débat) : une association de personnes handicapées en chaise roulante qui viendrait parler de la discrimination aux enfants, ne serait-ce pas une bonne chose ? Y verriez-vous une promotion du "style de vie" handicapé en chaise roulante ? Y verriez-vous, une incitation, pour les enfants, à abandonner l'usage de leurs jambes ? Je suppose que non.

De même, parler de l'homosexualité, afin de faire connaître cette réalité aux jeunes, et leur apprendre le respect des personnes homosexuelles ne m'apparaît pas relever d'une entreprise de promotion de l'homosexualité en tant que telle. Je ne vois pas non plus en quoi elle pourrait rendre homosexuel soi-même. Si on n'a pas en soi les prédispositions génétiques à être attiré par les personnes du même sexe, ce n'est pas la fréquentation de personnes homosexuelles qui va changer cet état de fait. Si on a en soi ces prédispositions, alors elle jouera juste le rôle d'un "révélateur". Mais au sujet de prédispositions homosexuelles éventuelles chez une personne, il y a encore deux cas possibles :

- Ou bien ces prédispositions sont majoritaires ou exclusives (homosexualité proprement dite). En ce cas, la personne concernée n'aurait, de toute manière, pas pu avoir de relations hétérosexuelles pleinement satisfaisantes. Qu'elle entretienne des relations homosexuelles ne crée donc pas (si vous voulez bien me pardonner l'expression) de "déficit d'effectif" chez les hétérosexuels. Et donc, d'un point de vue moral, même catholique romain, je vois mal comment on pourrait lui reprocher de "faire ce qu'elle peut", en matière de relations sexuelles. Je sais que l'Eglise Romaine appelle les homosexuels à la chasteté, mais cela n'est pas possible pour tout le monde. Donc même de ce point de vue, avoir des relations homosexuels n'est pas immoral, si les avoir c'est "faire ce que l'on peut faire de mieux".

- Ou bien ces prédispositions sont minoritaires ou égalitaires avec les prédispositions hétérosexuelles (bisexualité). En ce cas, pour la personne concernée, la découverte de l'aspect homosexuel de son affectivité sera plus une ouverture qu'une limitation. Comprendre : elle pourra se marier et avoir des enfants selon la manière "normale" que vous défendez en tant que catholique romain. En ce cas, je ne vois pas non plus de problèmes moraux majeurs.

Bien cordialement,

Mikaël

Ecrit par : Mikaël | 03 octobre 2006

A Mikaël
Il est remarquable qu’après avoir émis une objection, vous justifiez mon propos en montrant qu’il s’agit très précisément de faire la promotion de l’homosexualité auprès des enfants.
En ce qui concerne l’objection, la comparaison avec des handicapés n’est pas pertinente. La comparaison qu’on pourrait faire serait, par exemple, avec une association de malfaiteurs en exercice. Tout le monde pousserait de hauts cris si des braqueurs de banque étaient invités dans les écoles pour faire part de leur expérience aux enfants et demander qu’on les respecte tels qu’ils sont.
Or il est infiniment moins grave, sur le plan de la morale naturelle la plus élémentaire, de braquer une banque que de pratiquer la sodomie : il est infiniment moins grave de voler des biens matériels que de souiller sa chair et celle des autres par un acte contre nature. Il est infiniment moins grave d’inciter des enfants à voler une banque que de les inciter à devenir homosexuels.
Malheur à celui par qui le scandale arrive. Et celui qui scandalise les enfants, il vaudrait mieux pour lui que lui soit attachée au cou une meule et qu’il soit précipité dans la mer. C’est la parole de Dieu.

Ecrit par : Yves Daoudal | 04 octobre 2006

Rebonjour,

1. Attention : que la fréquentation de personnes homosexuelles puisse être un "révélateur" pour certains n'implique pas qu'il s'agisse de promotion. Prenons votre exemple des malfaiteurs. Il faut distinguer le cas où les malfaiteurs confient : "ben oui, on est comme ça, on n'arrive pas à s'empêcher de braquer des banques, désolé" du cas où ils disent : "ouais c'est cool de braquer une banque les enfants, surtout n'ayez pas de honte à assumer cette tendance si vous l'avez en vous". Ce n'est pas pareil !

2. Ensuite, vous dites qu'il est infiniment moins grave, sur le plan de la moralle naturelle la plus élémentaire, de braquer une banque que de pratiquer la sodomie.

Quelques remarques en vrac :

2.1. Tout d'abord, vous semblez confondre homosexualité et sodomie (= coït anal) : que faites-vous de l'homosexualité féminine ? que faites-vous des homosexuels, même de sexe masculin qui ne pratiquent pas la sodomie ?

2.2. Le qualificatif de "naturelle" que vous apposez à "morale" dans votre propos, me paraît usurpé : d'un point de vue biologique, il est évident que ce sont les rapports hétérosexuels qui perpétuent l'espèce et donc que ce sont les allèles qui incitent à l'hétérosexualité qui seront sélectionnés par l'évolution. Mais : Premièrement, il n'est pas clair que d'un état de fait, l'on soit en droit d'en conclure une norme morale. Sinon les prêtres, dont la contribution à la perpétuation de l'espèce est assez faible, vous en conviendrez, seraient immoraux... Deuxièmement, vous négligez le fait que l'homosexualité a peut-être bien une utilité biologique malgré tout, même si nous ignorons laquelle. Ainsi, chez les abeilles par exemple, il y a bien des ouvirères qui ne sont pas destinées à se reproduire. Malgré tout, leur rôle est essentiel à la survie de l'espèce. Troisièmement, même si l'homosexualité n'est pas morale, pourquoi serait-elle immorale ? Elle pourrait être simplement a-morale, c'est-à-dire, sans aucune valeur morale, qu'elle soit positive ou négative.

2.3. Des homosexuels se font peut-être du mal à eux-mêmes (admettons, pour les besoins de l'argument), mais au moins : ils sont consentants et ne font du mal _qu'à_ eux-mêmes. Par conséquent, à la limite, c'est leur problème s'ils sont homosexuels. En revanche, des malfaiteurs ne font pas du mal qu'à eux-mêmes, ils font principalement du mal aux autres et sans leur consentement. Par conséquent, ce n'est pas simplement leur problème s'ils sont malfaiteurs, c'est aussi _notre_ problème. Admettons que deviez aller d'un point A à un point C. Pour rejoindre le point C, vous pouvez passer par deux chemins : B et B'. B est un chemin emprunté par de nombreux homosexuels mais pas un seul malfaiteur. B' est un chemin emprunté par de nombreux malfaiteurs mais pas un seul homosexuel. Si vous voulez voyager tranquille, quel chemin prendriez-vous ?

2.4. Si se faire du mal à soi-même ("souiller sa chair" pour reprendre votre expression) était plus grave que de voler des biens matériels, alors vous devez admettre que le tabagisme est moralement plus grave que braquer des banques, et même que l'homosexualité (puisque dans le tabagisme passif, il n'y a pas consentement...). L'admettez-vous ?

2.5. S'il est possible de s'accorder sur les conditions d'un "vivre ensemble" harmonieux, il est impossible, pour de nombreux domaines de l'existence personnelle, de s'entendre sur ce qui constitue un bien. En effet, bien que nous ayons tous grosso modo les mêmes gènes, il existe des variations biologiques, psychologiques et culturelles importantes entre chaque individu. Aussi, il me paraît risqué de statuer normativement, définitivement et de manière intransigeante sur la vie privée d'adultes consentants. Qu'est-ce qui vous dit que certaines personnes ne peuvent pas trouver un véritable épanouissement dans ce qui vous apparaît immoral ? (je ne parle pas des braqueurs de banque qui, même s'ils peuvent trouver un épanouissement dans leurs crimes, contreviennent manifestement à l'épanouissement de leurs victimes...). L'objectivité morale consiste donc, il me semble, à tenir compte des caractéristiques des individus, lorsqu'il s'agit d'évaluer la moralité d'actes qui ne regardent que ces mêmes individus. Loin de tout essentialisme réducteur.
Pour illustrer ma pensée par un nouvel exemple : si on n'aime pas soi-même le chou de Bruxelles, si on rencontre autour de soi de nombreuses personnes qui n'aiment pas le chou de Bruxelles, doit-on pour autant juger immoraux les quelques personnes que nous rencontrierions et qui aimeraient le chou de Bruxelles ?

2.6. Je ne commenterai pas votre dernière remarque sur Dieu, puisque je place notre débat sur le terrain de l'argumentation raisonnée, et non de la Foi que tout le monde ne partage pas ou ne peut partager, et qui diffère d'ailleurs dans son objet selon les religions. Qui plus est, même dans l'hypothèse où le Dieu de la religion chrétienne existerait et condamnerait l'homosexualité, la question de la moralité de cette pratique se poserait encore : on pourrait soutenir avec cohérence que l'homosexualité n'est pas immorale, que Dieu est donc immoral de la condamner, et que s'il faut éviter de s'y livrer, ce n'est que par pure précaution pour ne pas aller en Enfer.

Bien cordialement,

Mikaël

Ecrit par : Mikaël | 09 octobre 2006

Dépêchez-vous de lire ces sophismes, qui versent in fine dans l'absurde. je ne vais pas les laisser longtemps... Mais je les laisse un peu, comme témoignage que la perversion sexuelle va de pair avec une perversion de la raison.

Ecrit par : Yves Daoudal | 09 octobre 2006

Bonsoir,

Votre réaction n'est pas à votre honneur. Je prend la peine de m'adresser à vous poliment et de répondre à vos objections, bien que votre position me paraît tout aussi indéfendable que la mienne, pour vous. Et tout ce que vous trouvez à dire est qu'il s'agit de sophismes, mais sans apporter la moindre réfutation à mes arguments... que ce soit sur le fond ou sur la forme. Vous sentiriez-vous au pied du mur ?

De plus, votre association entre perversion sexuelle et perversion de la raison tombe à plat puisque je suis personnellement hétérosexuel et même fiancée à une jeune fille fervente catholique.

Enfin, et plus grave, vous menacer de censure mes propos. Est-ce là une preuve d'honnêteté intellectuelle qui supporte la contradiction ? Si ce que j'écris est absurde, que ne le réfutez-vous pas, au lieu de vouloir le censurer ? Quels risques peuvent bien présenter mes pauvres propos s'ils sont si évidemment faux ?

Pour ma part, je considère le débat clos en faveur de mes arguments si votre seule réponse est la censure... On sait que c'est l'argument ultime de ceux qui n'ont plus d'arguments.

Bien cordialement malgré tout,

Mikaël

PS : Au fait, Jean-Marie Le Pen, que vous soutenez, ne déplore-t-il pas d'être censuré par les médias ? N'est-il pas incohérent avec votre position, dès lors, que de vouloir effacer mes propos plutôt que d'y répondre ? J'accepte le débat serein et argumenté avec vous, malgré nos différences. Ce n'est pas se comporter en gentleman que de me claquer la porte au nez de la sorte...

Ecrit par : Mikaël | 09 octobre 2006

N.B. : Yves Daoudal a mis ses "menaces" à exécution : je suis repassé sur son blog, tout a été effacé excepté l'article original... Elle est belle la liberté d'expression, n'est-ce pas ? Quand je pense que les partisans de cette ligne de pensée prétendent dénoncer une prétendue "Pensée Unique" qui serait caractéristique de la société actuelle... J'en connais qui feraient mieux de balayer devant leur porte avant !

- Par Miky
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Lundi 31 juillet 2006

Intervention sur le forum des Sceptiques du Québec (NB : J'ai remplacé le pseudo de la personne à qui je répond par XXX)

Mikaël



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MessagePosté le: Dim Juil 30, 2006 6:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant Editer/Supprimer ce message

Bonjour XXX Wink

XXX a écrit:
Citation:
j'ai une option à "cette conscience de soi-même" : et si cette "conscience d'être" n'était rien d'autre qu'une sensation de plus
Ah j'ai vraiment dla misère à dire ce dont je parle. Je parle pas non plus du fait de se "percevoir soi-même" mais simplement de ce qui perçoit (et qui continue d'exister même si on l'empêche de percevoir, en détruisant ses organes sensoriels par exemple). De ce que je désigne par "moi" indépendamment des changements de personnalités ou d'apparence physique que je subis.
Ce concept est binaire, il est présent ou non. Je le nomme "conscience" et je dis donc que même s'il se construit graduellement (lors de la gestation), il apparaît subitement (comme une maison qui n'est une maison qu'une fois construite entièrement... elle apparaît donc subitement, dans ce sens).
Je ne le crois pas dissociable du corps et encore moins du monde matériel. Il réside dans le cerveau sous forme d'influx électrique ou de liens protéiniques.


Je vois ce que tu veux dire. Ce "moi" m'a longtemps tourmenté également (je fais même une thèse là-dessus). Il est vrai qu'il n'est pas évident à décrire. C'est comme une sorte d'"écran" sur lequel se "projettent" toutes nos sensations. Si on les enlèvent toutes, il reste l'"écran". Je pense que l'on pourrait assimiler ce "moi" à une sorte de conscience/sentiment intime de la durée et de l'espace. En effet, Kant nous montre que l'espace et la durée sont les conditions de possibilité de la perception. Toute perception s'inscrit nécessairement dans l'espace et la durée. Que serait une perception qui ne durerait pas, par exemple ? Une autre métaphore intéressante de ce "moi" pourrait être : la conscience d'exister/de l'existence, le sentiment d'exister/de l'existence. Cela revient au même que de parler de conscience/sentiment intime de la durée et de l'espace, puisque exister, c'est exister dans l'espace-temps.

Mais je me demande :
- Si ce "moi" est spécifique à chacun ou si nous n'avons pas en fait, tous le même (en ce cas, il ne correspondrait pas à une activation particulière du cerveau)
- Qu'est-ce qui distingue vraiment la conscience/le sentiment intime de la durée et de l'espace de leur objet respectif ? (s'il n'y a rien, alors ce "moi" pourrait s'identifier tout simplement à l'espace-temps lui-même [indépendament de son contenu])
- Par conséquent, qu'est-ce qui distingue le néant de ce "moi" ? On considère souvent que le néant est impensable et inimaginable car il s'opposerait à l'être. Toutefois, un être vivant qui meurt n'est pas à proprement parler annihilé, il change d'état, il retourne à la Nature dont il s'était provisoirement individualisé. Le néant n'est donc pas tant une absence d'être que l'être pur lui-même, sans détermination, mais support de toutes les déterminations. Par conséquent, le néant n'a rien de paradoxal. Il est parfaitement "pensable" et "imaginable" (disons plutôt : expérimentable, au sens du "what is like" de Thomas Nagel) puisqu'il est l'état de base sur lequel se greffe toutes nos perceptions, cognitions, images mentales, etc. Il suffit de les ôter unes à unes jusqu'à arriver à la frontière limite où l'on ne peut plus rien enlever pour expérimenter le néant à l'état pur. Le néant n'est peut-être que "ce qui reste" en absence de toute perception, cognition, etc. particulière. Si cette identification de ce "moi" au néant est correcte, alors il n'y a pas de moment où ce "moi" apparaît et de moment où il disparaît. Le néant échappe en effet aux catégories de temps et d'espace puisqu'il est le temps et l'espace, l'être pur sans détermination mais qui les reçoit toutes.

Cordialement,

Miky
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Dernière édition par Mikaël le Dim Juil 30, 2006 7:32 pm; édité 2 fois
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MessagePosté le: Dim Juil 30, 2006 9:21 pm    Sujet du message: Répondre en citant Editer/Supprimer ce message

XXX a écrit:
Citation:
Par conséquent, le néant n'a rien de paradoxal. Il est parfaitement "pensable" et "imaginable" (disons plutôt : expérimentable, au sens du "what is like" de Thomas Nagel) puisqu'il est l'état de base sur lequel se greffe toutes nos perceptions, cognitions, images mentales, etc. Il suffit de les ôter unes à unes jusqu'à arriver à la frontière limite où l'on ne peut plus rien enlever pour expérimenter le néant à l'état pur.
Justement non. Puisque pour que l'on puisse parler de "néant" il faut que notre "moi" ne soit plus là lui non plus... Confused


Oui, mais cela a-t-il un sens de parler de disparition de notre "moi", tel que j'ai tenté de le définir ? (comme espace-temps). Quelle différence cela fait-il cette disparition ? Qu'est-ce que ça change que je te tue ou que je te mette en état d'absolue isolation sensorielle (et que tu ne penses à rien). Je te conseille la lecture de la critique de la notion de néant par Bergson dans L'Evolution Créatrice.

Toute chose ne disparaît que par rapport à une autre qui reste. Il faut à chaque fois, lorsque l'on parle, un référentiel par rapport auquel ce que l'on dit prend sens. Aussi, on ne peut parler de disparition absolue de tout. Cela n'a pas plus de sens, me semble-t-il, que de se demander ce qu'il y a au nord du Pôle Nord.

Citation:
Je ne pense pas que nous soyons du néant. Je pense que quelque chose dans notre cerveau perçoit le passage du temps. Lorsque l'on meurt, cette chose n'est plus, donc on ne perçoit pas de néant, on cesse de percevoir et d'être conscient de l'existence. On (en tant que "conscience" et non en tant que matière) cesse d'être. C'est ce que je pense.


Si on cesse, dans la mort, de percevoir le passage du temps, alors cela veut dire que cet état a une durée nulle (subjectivement). Comment quelque chose qui est pour nous sans durée pourrait-il nous affecter définitivement ? Smile
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MessagePosté le: Lun Juil 31, 2006 4:07 am    Sujet du message: Répondre en citant Editer/Supprimer ce message Supprimer ce message

XXX a écrit:
Citation:
Qu'est-ce que ça change que je te tue ou que je te mette en état d'absolue isolation sensorielle (et que tu ne penses à rien).
Dans un état d'isolation sensorielle je continue de percevoir le passage du temps. La mort est donc - pour celui qui la "vit" - un sommeil sans rêve duquel on ne se réveille jamais.


Si l'écoulement du temps est une illusion créée par ta conscience (ce que je pense aussi), alors l'écoulement du temps ne peut pas t'amener à un instant du temps où ta conscience n'existe pas. Par conséquent, même si objectivement tu disparais, en revanche, pour toi-même, tu es éternel. Voilà ce que je veux dire.

« La mort n'est pas un événement de la vie. On ne vit pas la mort.
Si on entend par éternité non la durée infinie mais l'intemporalité, alors il a la vie éternelle celui qui vit dans le présent.
Notre vie n'a pas de fin, comme notre champ de vision est sans frontière. »

(Ludwig Wittgenstein, Tractatus Logico-Philosophicus, proposition 6.4311)

XXX a écrit:
Citation:
Comment quelque chose qui est pour nous sans durée pourrait-il nous affecter définitivement ?
Et pourtant!
C'est pour ça qu'il ne faut pas craindre la mort, ce n'est pas un état indésirable mais l'absence d'état. C'est quelque chose qu'on peut comprendre mais qu'on ne peut pas concevoir. Puisqu'une conscience ne peut concevoir ce que c'est que de ne pas être. Le néant est inconcevable.


Est-ce bien scientifique dans l'esprit de postuler de l'inconcevable ?

XXX a écrit:
Citation:
Aussi, on ne peut parler de disparition absolue de tout.
Tout à fait. Objectivement, il y a toujours quelque chose. Mais subjectivement, il n'y a rien après la mort (pour la conscience qui la "vît").


Sauf que subjectivement, "je suis mon monde". Aussi, subjectivement, ma propre disparition reviendrait à la disparition de tout, ce qui est incohérent, de mon point de vue.

NB : Par subjectivité, j'entend ici, non seulement mon appréhension de mon monde "intérieur" mais aussi mon appréhension du monde "extérieur". Il y a une part de subjectivité en tout, même dans l'appréhension du monde "extérieur". Bien que, pour ce dernier, elle soit faible, grâce à la confrontation de mon rapport au monde avec le rapport au monde d'autrui. Je pourrais concevoir une disparition de la subjectivité si celle-ci consiste en une fusion dans l'objectivité pure. Or ce qu'il y a de plus objectif au monde est - me semble-t-il - l'espace-temps lui-même... puisqu'il est, par hypothèse, rigoureusement le même partout pour tout le monde en tout temps.

XXX a écrit:
Si notre conscience disparaît à notre mort c'est que l'on ne peut donc rien percevoir de ce qui se trouve au-delà de cette limite. Nous ne percevons pas du néant, nous cessons d'être (puisque notre conscience n'existe que lorsque toutes les parties de notre cerveau qui la composent fonctionnent ensemble).

Vois ça comme ceci : Nous sommes des êtres limités dans l'espace (dans une zone appelée "notre corps") et dans le temps (dans une période appelée "notre vie"). Nous n'existons qu'à l'intérieur de ces balises.
Ça me dérange pas de ne pas pouvoir toucher la galaxie voisine ou de ne pas avoir existé avant ma naissance... pourquoi ne pas exister après ma mort devrait me déranger?


Je n'ai pas dit que c'était dérangeant une fois que l'on est mort, ou que le fait d'inexister était déplaisant (par définition, ce qui n'est pas, ne peut pas être malheureux [ou heureux, ou quoi que ce soit d'autre]). C'est dérangeant intellectuellement, car cela postule une "réalité" dont on ne peut rien dire, qui est absolument au-delà de toute représentation. Or, si on y réfléchi bien, cet "ineffable" se retrouve dans les définitions que certains théologiens ont de Dieu, de la Trinité, de l'Eucharistie, etc. Il me semble qu'en scientifiques, on ne peut pas se contenter d'appels au mystère. Il faut chercher à donner du sens précis aux notions que l'on utilise. D'où ma tentative de définir le néant à partir de ce que l'on peut connaître et expérimenter.

Serais-tu d'accord pour dire que la conscience est éternelle pour elle-même car elle ne peut qu'approcher asymptotiquement, sans jamais l'atteindre, l'instant où elle cesse d'exister ?

Bien à toi,

Miky
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Vendredi 21 juillet 2006
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XXX a écrit:
Métazét a écrit:
Toutefois, on peut comprendre en partie ce genre de réaction (et notamment les avatars explicites) : l'Eglise, qu'on le veuille ou non, véhicule une image rigoriste, sclérosée, pudibonde, hégémonique, ingérante, autocentrée, austère et autoritaire. Image qui n'est pas entièrement infondée, d'ailleurs, me semble-t-il...

Il ne faut pas confondre "l'Église véhicule une image" avec "l'image que véhicule les médias au sujet de l'Église" ou encore... "l'image que nous projetons sur elle à partir de la lunette embrouillée de notre psychisme blessé"... Cool

Et on qualifie mes posts de diatribe... Rolling Eyes

Cordialement,
XXX


Je peux justifier mes propos avec des exemples, si vous voulez :

- Rigoriste : Cf. le débat sur la féminisation des servants de Messe. La question est réglée à coup de citations de textes officiels de l'Eglise, d'interprétations pointilleuses de ces mêmes textes, etc., au lieu de tout simplement se poser la question concrète : "les femmes arrivent-elles oui ou non à servir à la messe ?", dont la réponse est évidemment oui (si si, je l'ai déjà vu de mes yeux vus Smile).

- Sclérosée : Il a fallu attendre le 31 octobre 1992 pour que Galilée soit enfin réhabilité... Et si de nos jours, l'Eglise montre une ouverture tout à son honneur envers la science, cette ouverture n'est qu'en demi-teinte. En gros, la science est valable quand on arrive à adapter le dogme à ses résultats (ex. : Créationnisme + Evolutionnisme = Teilhardisme), voire quand elle appui le dogme (ex. : Démonstration des limites de la rationalité humaine par Gödel en logique mais aussi par le néodarwinisme en biologie, et le principe d'incertitude d'Heisenberg en physique), mais si jamais on n'arrive pas, alors elle n'est plus valable (ex. : Il est scientifiquement démontré que la masturbation - à part si elle devient compulsive bien entendu, mais c'est valable aussi pour le chocolat et tous les excès en général - est une pratique innocente voire bénéfique - comme la consommation modérée de chocolat d'ailleurs).

- Pudibonde : J'ai déjà cité la masturbation, mais la liste est longue ! Pour changer de l'habituelle énumération de "pêchés mortels" aussi "terribles" que l'onanisme, citons juste une des justifications à la virginité pérpetuelle de Marie que St Thomas d'Aquin nous donne dans la Somme Théologie, Partie III, Question 28, Article 3 : "La Mère de Dieu est-elle demeurée vierge après l'enfantement ?", Réponse 4 :

Citation:
On devrait encore reprocher à Joseph la plus grande audace s'il avait essayé de souiller celle dont l'ange lui avait révélé qu'elle a conçu Dieu par l'opération du Saint-Esprit. C'est pourquoi il faut affirmer sans aucune réserve que la Mère de Dieu, qui était restée vierge en concevant et en enfantant, est encore restée perpétuellement vierge après avoir enfanté.


NB : Le gras est de moi.

- Hégémonique : Interview du Cardinal Ratzinger par L'Express 25/04/2005 :

Citation:
La laïcité à la française est-elle un modèle exportable des rapports entre l'Etat et les confessions religieuses, y compris l'islam ?

Elle s'est déjà exportée en Europe et en Amérique Latine. Mais la laïcité n'est ni parfaite ni immuable. Les sociétés laïques occidentales respectent actuellement le dimanche, les fêtes et le calendrier chrétiens, et le mariage monogamique. Mais rien ne dit qu'un jour ces éléments fondamentaux de notre vie sociale ne seront pas remis en question.


NB : Le gras est de moi.

Autrement dit, pour le Cardinal Ratzinger, la laïcité n'est valable que du moment qu'elle n'est qu'une sorte de catholicisme soft "pour tous" (y compris les non-catholiques), expurgé éventuellement de ce qui en fait le fond, mais gardant néanmoins l'essentiel de la forme.

- Ingérante : Catéchisme de l'Eglise Catholique, 3ème partie, 2ème section, chapitre 2ème, article 6, II :

Citation:
2354 La pornographie consiste à retirer les actes sexuels, réels ou simulés, de l’intimité des partenaires pour les exhiber à des tierces personnes de manière délibérée. Elle offense la chasteté parce qu’elle dénature l’acte conjugal, don intime des époux l’un à l’autre. Elle porte gravement atteinte à la dignité de ceux qui s’y livrent (acteurs, commerçants, public), puisque chacun devient pour l’autre l’objet d’un plaisir rudimentaire et d’un profit illicite. Elle plonge les uns et les autres dans l’illusion d’un monde factice. Elle est une faute grave. Les autorités civiles doivent empêcher la production et la distribution de matériaux pornographiques.


NB : Le gras est de moi.

Or, que nous apprennent les études réalisées ? :

Citation:
L’exposition à la pornographie produit-elle des effets violents (viols, agressions)?
Depuis les années soixante, parmi des centaines d’enquêtes sociologiques ou psychologiques, deux ont mobilisé des moyens extraordinaires et ont abouti à des conclusions contradictoires. D’abord, le Rapport Johnson-Nixon (commandé par le premier Président en 67 et terminé sous le second) conclut majoritairement que les effets de l’exposition à la pornographie sont ou bien plutôt nuls (quant aux effets violents produits), ou bien plutôt positifs (effet catharsis), au sens où il se produit un effet d’habituation entraînant un désintérêt à l’égard de la pornographie, et même parfois de la sexualité. Le profil moyen des violeurs, peu enclins à la porno, serait plutôt caractérisé par des parents violents et par le développement d’attitudes sexuelles puritaines eu égard, surtout, à la liberté sexuelle des femmes. Au Danemark (1970), on aurait observé une nette corrélation entre la légalisation de la pornographie et la diminution des agressions sexuelles. Par contre, la Commission Meese (haut responsable de la Justice sous Reagan, 1984-1986) conclut que la pornographie favorise des comportements antisociaux, mais reconnaît que ses conclusions n’étaient pas soutenues par des recherches empiriques et dépendaient plutôt du bon sens et d’intuitions personnelles. Comme il arrive souvent dans les sciences sociales, les présupposés théoriques jouent un rôle prépondérant dans l’interprétation des résultats. Comment aussi, si on croit aux effets nocifs de la pornographie, se livrer à des expériences dans ce domaine ou ne pas se méfier du jugement des membres des commissions de classification des films XXX qui passent leur temps à les regarder? Après avoir reconnu que le béhaviorisme a atteint ses limites, on a peu à peu renoncé à chercher à établir un rapport de causalité positif (trop de porno tue la porno) ou négatif (la porno est la théorie, le viol est la pratique) entre la consommation de la pornographie et les violences sexuelles


Source : http://www.essai21.com/ogienR.html

- Autocentré : Là cela va être facile. L'Eglise Catholique Romaine est dépositrice de la Vérité en matière de spiritualité. Les autres églises, cultes, philosophies, peuvent parfois comporter certains élements de cette Vérité, mais de manière incomplète. Il n'échappera à personnes que toutes ces autres églises, cultes, philosophies, pourraient très bien reprendre à leur compte cette prétention et se dire dépositrices de la Vérité. Il s'agit donc de découvrir un critère permettant de les ordonner tous selon leur proximité plus ou moins importante de la Vérité. Et c'est là que le bas blesse : Si l'on peut admettre qu'il existe des interprétations des Ecritures qui sont objectivement meilleures que d'autres, comment s'y prendre pour comparer le catholicisme avec une religion ou une philosophie reposant sur des bases entièrement différentes ? Mystère, mystère... Bien sûr, le catholique pourra toujours répondre que le Christ est la Vérité. Ah, mais comment le sait-on ? Eh bien c'est simple, il l'a dit lui-même : "Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi." (Jean 14:6). Ah, mais comment est-on sûr que Jésus disait bien la vérité dans ce passage ? Eh bien c'est simple : le Christ est la Vérité. Je caricature légèrement, il y a davantage de tours, de contours, de circonvolutions. A autocentré, j'aurais dû rajouter autoréférente Wink

- Austère : L'abbé J. Olivier conseille :

Citation:
La vigilance sur les sens : sur les yeux (regards indiscrets, télévision, internet), sur les oreilles (écoute de discours trop « libres »), sur la langue (plaisanteries à double sens, chansons légères), sur le goût (excès dans le boire et le manger), sur le toucher (familiarités, danses), sur l’imagination (pensées, lectures), sur le cœur (amours déplacés).


Source : http://www.salve-regina.com/Famille/La_pudeur.htm

Bref, il semble donc qu'écouter Brassens (par exemple de "chansons légères"), soit une voie vers le vice... Rolling Eyes Avec ce principe suivi scrupuleusement, on évite aussi de remettre en question... ce principe-même, puisque l'on peut supposer que les textes qui critiqueraient éventuellement ce principe seront jugés par lui comme à éviter.

- Autoritaire :

Selon la constitution dogmatique Lumen gentium (21 novembre 1964) :

Citation:
Le Pontife romain, chef du collège des évêques, jouit, du fait même de sa charge, de cette infaillibilité quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, et chargé de confirmer ses frères dans la foi, il proclame, par un acte définitif, un point de doctrine touchant la foi et les mœurs.


NB : Le gras est de moi.

Voilà. Alors j'entend déjà venir les remarques comme quoi je n'ai rien compris à l'essence de notre Sainte Mère l'Eglise, que je dois avoir le psychisme blessé (sans doute par mon père) et/ou embrouillé (sans doute par les protestants), ce qui est bien pratique puisque cela évite de devoir apporter des arguments à l'encontre des miens. Mais reconnaissez quand même que j'ai documenté toutes mes remarques par des documents officiels de l'Eglise, et non pas colporté bêtement les ragôts des médias.

Bien cordialement,

Mikaël

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Lundi 17 juillet 2006

Intervention sur le forum "La Cité Catholique" (NB : j'ai remplacé le pseudo de la personne à qui je répond par XXX) :

Métazét Sexe:Masculin
Citoyen
 Citoyen



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Localisation: Nancy (France)

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Bonjour XXX,

XXX a écrit:
Il me semble que si les concepts de liberté et l'égalité doivent avoir un sens en réalité (et non dans la seule virtualité poudre aux yeux dont on nous abreuve quotidiennement par les médias manipulables et manipulés),ils se fondent obligatoirement sur le droit fondamental intrinsèque à tout être humain de vivre.

Sinon... on sombre dans le bla bla hypocrite et la tyrannie plutôt sombre qu'éclairée d'une pseudo élite pour qui - comme le dénonçait déjà Esope - la "raison du plus fort est toujours la meilleure".

Nous en avons l'illustration magistrale avec l'avortement légal et industrialisé...

Il n'y a aucune liberté, aucune égalité, aucun choix, aucune tolérance... pour l'être humain parfaitement innocent exécuté arbitrairement, cruellement et douloureusement (saline, démembrement, aspiration, etc. voir les films atroces) pour la commodité des classes d'êtres humains nés.

L'exécution des innocents est certes actuelle... mais 'moderne'?

La régression du droit... est-elle moderne?

Ce n'est pas ce que l'on enseigne habituellement en droit constitutionnel et autre.


Tout d'abord je tiens à signaler que si je suis pour la légalisation de l'avortement, je ne suis pas pour son industrialisation. Je pense que les deux aspects sont différents. Autrement dit, je pense que l'IVG est un moindre mal dans certains cas :
- Viol
- Contraception prise mais n'ayant pas été efficace
- Grave malformation ou maladie génétique de l'embryon
- Risque de décès de la mère

Je pense que pratiquer l'IVG dans ces cas là est l'attitude la plus responsable.

Mais cela ne veut pas dire qu'il faille banaliser l'IVG et en faire un moyen de contraception du même genre que la pilule ou le préservatif. Cela est déresponsabilisant. Une femme qui a délibérement des rapports sexuels en période d'ovulation, qui n'utilise pas de contraceptifs, et qui tombe enceinte, et bien j'estime qu'elle devrait assumer les conséquences de ses actes. Toutefois, même dans ce cas, je n'irais pas lui interdire l'IVG, car il vaut mieux ne pas avoir d'enfant que d'avoir un enfant non désiré que l'on n'assumera pas correctement. Je préconiserais toutefois une certaine réprimande voire une sanction, comme lorsqu'on se retrouve en panne sèche sur l'autoroute alors qu'il y a régulièrement des aires de repos pour faire le plein.

Ensuite, oui, l'embryon est un être humain, au même titre qu'un pépin de pomme est un pommier si vous voulez. Mais ce n'est pas une personne humaine à proprement parler.

Qu'est-ce qu'une personne ? C'est tout mon sujet de thèse justement...
J'ai dégagé trois grands types de réponses possibles :
1) Une personne est une âme incarnée
2) Une personne est un flux de sensations unifiées
3) Une personne est un individu, inséré dans un certain environnement, et possédant une conscience de soi en première personne

Examinons le statut de l'embryon à l'aune de ces 3 modèles :

1) L'embryon a-t-il une âme ? En tant que catholique, je suppose que vous me répondrez que oui. Et vous avez le droit de le penser. Seulement, il ne faut pas oublier que les revendications anti-IVG de l'Eglise Catholique vont bien au-delà du monde catholique, puisqu'elle appelle les autorités civiles à interdire l'avortement. Contrairement à ce que disait Christian dans mon fil sur la sexualité, je ne suis pas étonné que l'Eglise Catholique défende ses positions avec des arguments religieux. Ce que je trouve inacceptable, c'est qu'elle veuille changer la société civile sur la base de ces arguments religieux. Je le trouve inacceptable car nous vivons dans un état laïque (ce qui me paraît une bonne chose), dans lequel on est en droit de demander des preuves objectives à l'appui de ses affirmations, avant que ces dernières ne soient prises au sérieux. Autrement dit, si l'Eglise Catholique veut faire interdire l'avortement, alors elle a le choix entre deux stratégies :
---> Ou bien démontrer objectivement (avec des arguments rationnels et non religieux) l'existence d'une âme (et accessoirement d'un Dieu) qui vient s'incarner ou se former dès le moment de la conception ;
---> Ou bien chercher d'autres raisons objectives à l'interdiction de l'avortement. Sur ce terrain-là, j'ai remarqué que l'Eglise s'essayait à faire passer pour rationnelle l'idée de nature humaine. Or comment ne pas voir là une tentative déguisée pour faire entrer, par la petite porte, dans la société, des idées religieuses faussement "laïcisées" sous couvert d'un verni de pseudoscientificité ? La nature humaine n'est en effet rien d'autre qu'une version politiquement correcte de l'âme humaine(*). Il y a des humains, ça c'est un fait biologique. On peut aussi, tout en restant scientifique, établir un portrait type de l'humain moyen. On peut aussi, scientifiquement, montrer que tel organe ou telle fonction est un produit contingent de la sélection naturelle. D'où l'impression d'une finalité car les organes et les fonctions biologiques sont relativement bien adaptés à la survie de l'espèce. Mais tirer de cette téléologie une théologie (a fortiori une éthique), cela relève d'une interprétation partiale sous fond de présupposés d'ordre religieux ou à la rigueur spéculativement métaphysique.

2) L'embryon est-il le siège de sensations ? Ou plus précisément : Y a-t-il un certain effet que cela fait d'être un embryon ? L'embryon a-t-il des qualia ? Là encore, vous me direz sans doute que oui. Là encore, on ne peut rien dire : Y a-t-il un certain effet que cela fait d'être une mouche ? Si oui, vous sentez-vous criminel en en tuant ? Si non, pourquoi y aurait-il un certain effet que cela fait d'être un embryon ? A un stade précoce, c'est un organisme beaucoup moins complexe qu'une mouche adulte...
Bien sûr, plus l'embryon commence à ressembler à un petit homme, plus on est tenté de lui attribuer une vie subjective. Et j'admet que l'IVG pose de plus en plus de problèmes éthiques au fur et à mesure que le temps passe.

3) L'embryon a-t-il une conscience de lui-même en première personne ? Clairement et définitivement non. Une pleine conscience de soi n'apparaît d'ailleurs que progressivement, pendant l'enfance, donc après la naissance. Or la conscience de soi est une condition nécessaire à l'exercice de la liberté, à la capacité de faire des choix. S'indigner de ce que l'embryon humain n'a pas le choix ou la liberté de vivre n'a donc pas plus de sens que de dire (en un autre sens, à la Cioran) qu'il n'a pas le choix ou la liberté de ne pas vivre, ou que c'est un inconvénient que d'être né...

Quant à la cruauté de l'intervention par elle-même... je vous conseillerais personnellement d'être vigilant : certains films sont clairement orientés pour susciter le pathos du téléspectateur plus que son intelligence et son esprit critique. Je parle des films tournés à la manière d'un film d'horreur, faisant des gros plan sortis de leur contexte (c'est pourtant précisément ce qui est reproché par les "bien pensants" à la pornographie...), avec une bande son apocalyptique, qui donne une image tronquée et déformée de la réalité, etc. Par exemple des films comme celui-ci : http://www.abortionno.org/video/ChoiceBlues_ChapterOne-high.wmv. C'est du même tonneau que les films militant contre toute expérimentation animale. Ce n'est pas du documentaire ou du reportage objectif, c'est du pamphlet sentimentaliste. Avec le même genre de films, je peux vous "démontrer" qu'il faut interdire les abattoirs et tous devenir végétaliens... Je peux aussi vous "démontrer" qu'il faut arrêter tout bonnement de se faire opérer car je ne crois pas qu'une opération de l'appendicite soit moins sanguinolante...

Il existe déjà des mesures d'éthique afin d'éviter le plus possible le recours à l'expérimentation animale et, lorsque l'on est obligé de passer par là, pour éviter au maximum toute souffrance inutile de l'animal. Du reste, on utilise toujours préférentiellement des animaux dits "inférieurs" (invertébrés par exemple, dont les états d'âme et la conscience semblent les plus rudimentaires) lorsque cela est possible, que des animaux dits "supérieurs" (oiseaux, mammifères, etc. dont la conscience et la sensibilité est plus développée). Que tous les labos ne respectent pas ces mesures, c'est un autre problème, et ça ne justifie pas d'interdire toute expérimentation animale. De même, je ne nie pas que certains avortements s'effectuent de manière barbare, mais ce n'est pas une raison pour interdire l'avortement en général.

Bien cordialement,

Mikaël

(*) Grosso modo on met de côté le Créateur et on se focalise sur la Création, en croyant avoir ainsi un discours scientifiquement acceptable. Mais l'idée de Création n'est ni neutre ni scientifique. Qui dit Création dit Créateur, c'est une lapalissade. Et s'il était effectivement démontré qu'il y a une Création, alors on aurait démontré ipso facto l'existence d'un Créateur. Seulement, le problème, c'est qu'il n'est pas du tout évident qu'il y ait une Création. Et ceux qui espèrent convaincre les incroyants de la perversité de l'IVG, de la masturbation, de l'homosexualité, etc. en se basant sur l'idée selon laquelle il serait objectivement évident qu'il existe une Création, ou bien se mette le doigt dans l'oeil jusqu'au coude, ou bien prennent vraiment les incroyants pour des imbéciles car, je le répète, qu'une création implique un créateur est vrai par définition. Il est beaucoup moins orienté idéologiquement de dire : il existe un monde. Que ce monde soit une Création, ce n'est pas (désolé) un fait scientifique, mais une interprétation des faits selon une grille de lecture théologique.

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- Par Miky
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Lundi 17 juillet 2006

Bonjour,

Je vous annonce la création d'une nouvelle rubrique sur mon blog, intitulée : "Mes interventions sur divers forums de discussion".

Peu de temps après avoir eu un accès à l'Internet, j'ai découvert l'univers des forums de discussion et la richesse en terme de potentiel de rencontres, réflexions, échanges, découverte, etc. que cet outil permettait. J'y ai fait pour ainsi dire mes premiers pas philosophiques. Ils m'ont permis de faire évoluer ma pensée, structurer mes arguments, exprimer mes idées.

C'est ma fréquentation assidue de quelques forums de discussions très orientés "débats philosophiques, scientifiques et religieux" qui m'a motivé finalement à créer un blog où je pourrais rassembler mes idées, les faire connaître, parfaire leur formulation et leur défense, etc. Bien sûr, un blog ne remplace pas le travail méticuleux d'un chercheur qui rédige une thèse, un livre ou un article pour une revue à reférées. Mais j'estime qu'il y aide bien et que ces deux aspects sont pour ainsi dire complémentaires. L'avantage du blog étant la rapidité et la facilité pour y publier, le retour critique rapide, le caractère convivial et informel. Bien entendu, il y a, dans les articles publiés sur un blog, une certaine spontanéité de l'expression qui se fait parfois de manière anarchique. La réflexion et le raisonnement n'y est pas forcément aussi abouti et étoffé que dans une thèse ou un article de revue. La démarche est différente, il faut dire. Alors que dans une thèse ou un article de revue, on cherche d'emblée à prévenir toutes objections possibles, ce qui est un travail difficile et de longue haleine, je vois plus le blog comme une espèce de laboratoire des idées, où celles-ci émergent, en toute liberté, puis ont a affronter la critique. Soit elles survivent, soit elles mutent et s'arment mieux, soit elles disparaissent sans descendance. Dans tous les cas, la pensée évolue et tente de se rapprocher de la vérité, et c'est cela qui est important. Au bout du compte, les idées finissent par disposer d'un solide appui argumentatif et d'une solide réponse aux critiques. Dès lors, ce que l'on obtient difficilement dans le travail un peu plus solitaire malgré tout du chercheur, s'obtient dans un processus stimulant et presque ludique d'essais-erreurs. Le blog peut donc être un creuset dans lequel puiser en vu de réaliser un authentique travail de recherche.

Après cette longue digression, j'en reviens aux forums de discussion. Parfois, il m'arrive, en parcourant ces forums, de remarquer des messages qui m'interpellent et auxquels j'ai envie de répondre. Parfois, je me rend compte, après coup, que ce que je répond peut être intéressant plus généralement, peut constituer une réponse à des discours similaires que je peux entendre ou lire ailleurs. Aussi, je suis tenté de refaire un article à partir de cet échange "forumique". Mais parfois, laisser les choses dans leur contexte est encore le mieux, et donc, plutôt que de systématiquement refaire des articles à partir de ces discussions, j'ai décidé, dans les cas où cela était possible (forums publics et, le cas échéant, en protégeant l'anonymat des posteurs), de copier-coller telles quelles mes interventions sur divers forums, quand je les juge digne d'intérêt pour ce blog, en précisant à chaque fois de quel forum il s'agit et son URL. De plus, cela permettra à d'éventuels lecteurs de ce blog de venir participer aux débats sur les forums de discussion concernés (et en passant je leur fais donc même de la pub !).

Comme ces articles seront un peu particulier de par leur nature, j'ai décidé de les regrouper sous cette nouvelle rubrique : "Mes interventions sur divers forums de discussion", afin de ne pas les mélanger avec d'autres types d'articles davantages construits et conventionnels.

Bien cordialement,

Miky

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